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Dossier : Méthodes d’aide à la décision   imprimer
 
 
 

En guise de conclusion... provisoire

alexis Nouailhat

Toutes ces méthodes peuvent sembler bien compliquées, et en conséquence dissuasives.

Va-t-il falloir désormais emmener sur le terrain calculette, rapporteur, ordinateur portable ; s’attarder à faire de multiples observations ; perdre son temps en calculs plus ou moins approximatifs  ?

Pour enlever à ces méthodes ce qu’elles pourraient avoir de rébarbatif, il faut rappeler qu’elles ne sont que la rationalisation plus ou moins poussée de processus, raisonnements et observations, que tout pratiquant soucieux de sa sécurité met plus ou moins consciemment en œuvre.

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En guise de conclusion, et sans prétendre répondre à la question de l'existence ou non de la méthode idéale (mais si elle existait, cela se saurait…), on peut proposer quelques éléments de réflexion susceptibles d’orienter le choix de chacun.

f Il est bon de savoir que même les méthodes qui semblent les plus simples ont fait l'objet d'un profonde réflexion lors de leur mise au point, et que leur apport sur le terrain, en termes d'efficacité, a été évalué de manière très sérieuse. Cela n’empêche qu’elles ont souvent fait l'objet de critiques (voir Neige et Avalanches n°87, 89 et 91), quant à leur pertinence, au bien-fondé de tel ou tel critère ou à la façon de réduire le risque. Mais il ne faut pas oublier que leur but essentiel est la réduction concrète de la prise de risque sur le terrain. L'emploi de n'importe laquelle de ces méthodes, même si elle est imparfaite, impliquera une diminution réelle du risque pris. On pourrait même aller plus loin et affirmer qu'il y a de grandes chances que, même si elle n'est pas utilisée tout à fait comme elle le devrait, toute méthode aboutit sur le terrain à une prise de risque moindre.

f Ces méthodes apparaissent souvent complexes et longues à mettre en œuvre pour le profane. Elles nécessitent en effet un temps d'apprentissage initial ainsi puis un temps de mise en œuvre lors de chaque sortie sur le terrain. Le risque est donc grand de les voir rejetées.
Ces temps varient cependant selon les méthodes. Le pragmatisme amène donc à penser qu'il vaut mieux utiliser une méthode un peu trop simple (« simpliste » diront certains) que pas de méthode du tout : le résultat, en termes de prise de risque sur le terrain, en sera toujours meilleur.
Sur le même plan, le temps nécessité par chaque méthode et la « précision » de chacune d’elles sont assez liés : une méthode plus complète qu'une autre demandera aussi plus de temps pour son application (et de connaissances en nivologie ainsi qu'une certaine capacité à observer). Les méthodes de réduction les plus complètes seront ainsi utilisées plutôt par les professionnels, ainsi que par des amateurs passionnés ou particulièrement sensibilisés au risque avalanche, et les méthodes plus simples par tous les autres.

f Le principal danger de ces méthodes paraît être plutôt de vouloir les utiliser pour répondre à la question « j'y vais » ou « je n'y vais pas ». Car elles ne constituent en fait qu’un outil d'aide à la décision, un outil de plus pour répondre à cette question, au même titre que le bulletin d'estimation du risque d'avalanche, les informations recueillies sur Internet, l'étude de la carte, l'observation sur le terrain, les tests de stabilité que l'on aura effectués, etc.

f Une autre utilité, et non des moindres, de ces méthodes est leur aspect pédagogique, à savoir une sensibilisation à la nivologie, ainsi qu'une incitation à se poser des (bonnes) questions.

f Enfin, ces outils nivologiques, dont l'approche et le fond sont, plus ou moins, mais globalement de type scientifique, ne doivent pas faire oublier les « pièges de l'inconscient » dont chacun de nous peut être la victime (voir l'article « Avalanches et prises de décision : les raccourcis qui tuent » - Neige et Avalanches n°109). L'analyse des témoignages d'avalanche que la revue publie régulièrement montre en effet que ceux-ci sont pratiquement toujours en cause dans un accident. On est ainsi amené à penser que ces pièges sont aussi importants, voire plus, que ceux liés à la nivologie…, ce qui ne veut pas dire pour autant que ces derniers doivent être négligés !
 

 

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