3x3 ou 4x4
À l’occasion d’un stage à Davos, un nivologue suisse, Christophe Tanner, s’est penché sur la méthode de réduction de Munter et sa formule 3x3. Il a synthétisé ses réflexions dans un document (en allemand) intitulé « Du 1x1 au 4x4 dans l’évaluation du risque d’avalanche. Critiques et suggestions sur le livre de Werner Munter » (1997).
Démontant en particulier la formule de réduction, il en souligne les imperfections et les lacunes. Selon lui, les données statistiques utilisées par Munter sont souvent discutables. Ainsi le facteur F1 (raideur de la pente) n’est pas évident à apprécier. Comment mesurer l’angle d’une pente ? Sur 10 m, dans un rayon de 50 m autour du point critique, ou bien sur toute la pente ? Munter dit qu’il faut prendre en considération des versants hauts de 20 m au moins, mais ces accidents de terrain n’apparaissent pas toujours sur la carte, et il devient difficile de lire les courbes de niveau quand elles se resserrent. Sur le terrain, des tests faits par plusieurs individus ont fait ressortir une marge d’erreur de plus ou moins trois degrés, ce qui est important.
Le facteur F2 (orientation) est lui aussi parfois contestable, car l’orientation ne joue pas en cas d’avalanche de neige fraîche.
Au total, et en schématisant le raisonnement de Tanner, la méthode proposée par Munter est « pseudo-objective » car le potentiel de risque, l’inclinaison et les conditions complémentaires dépendent largement d’évaluations subjectives.
Ces critiques ne visent pas la formule 3x3, dont Tanner reconnaît la pertinence. Il formule cependant trois objections :
> le calcul du risque résiduel (1% selon Munter) est établi « de façon inadmissible et sans aucune base logique ».
Partant des mêmes bases, Tanner arrive à un risque résiduel de 30% ;
> Munter n’accorde pas de poids relatif aux 42 paramètres retenus. Tous ont la même valeur ;
> il ne tient pas compte de la phase de planification globale de la saison qui doit précéder dans le temps la préparation de chaque course.
Tanner propose donc une méthode 4x4 qui intègre cette première phase, en dissociant par ailleurs l’observation de la neige de celle du ciel. Les trois niveaux spatiaux d’appréciation et de décision de Munter deviennent ainsi quatre niveaux temporels successifs
Par ailleurs, Tanner retient 41 critères, pour lesquels il propose un indice de 1 à 10, permettant d’évaluer l’importance de chacun de ces éléments dans la prise de décision finale.
Au final, on peut se demander s’il ne remplace pas une usine à gaz par une autre, tout aussi compliquée.
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| Une méthode française ? |
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La première version du dépliant Le risque d’avalanche a été rédigée à l’automne 1991 par deux skieurs-alpinistes passionnés, Jacques Villecrose, alors responsable de la prévision avalanches pour l’Isère à Météo-France, et Jean-Paul Zuanon, à l’époque vice-président de la commission nationale de ski du CAF.
Ce document s’est enrichi des suggestions et remarques des « deux Rey » (Claude le guide et Laurent l’ancien du Centre d’Études de la Neige). Il a ensuite fait l’objet de multiples tirages (dont une insertion dans La Montagne et Alpinisme en mars 1992 et une autre dans les deux versions successives d’Éléments de nivologie en 1993 et 2003).
Il a été largement utilisé comme support pédagogique dans le cadre des stages de formation hivernale du CAF.
Ce dépliant en forme de « pense-bête » ou de « check-list » analyse les principaux critères à prendre en considération pour répondre à la question « y aller ou pas ». Il se base sur l’observation des variables classiques que constituent le terrain, le ciel et la neige. Le facteur humain (niveau et comportement du groupe) n’est pas pris en compte.
Il s’agit d’une simple liste et il n’y a pas de pondération des critères, les auteurs se contentant de souligner que certaines combinaisons de facteurs négatifs peuvent être particulièrement « toxiques », avant de conclure fort prudemment que c’est une question d’expérience et de bon sens. |
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