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De l'intérêt d'une sonde et d'une pelle en cas d’avalanche   imprimer
   
 


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  Par Dominique Stumpert, Guide de haute-montagne
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:: Technique de dégagement
   à la pelle
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- Quelles places occupent la sonde et la pelle lors d’un dégagement ?

- quelles sont les conséquences si l’on n’en possède pas ?

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Rôle de l’équipement dans le dégagement : constat

La localisation d’une victime d’avalanche équipée d’un DVA à l’aide d’un autre DVA n’est qu’une partie d’un secours en avalanche.
L’entraînement se limite trop souvent à un simple exercice de style, chercher un émetteur protégé dans un gant ou un sac plastique et placé juste sous la surface de la neige, au lieu d’un être humain enseveli à un mètre de profondeur (plus représentatif de la réalité).

Cet exercice ne reflète donc pas la réalité. En cas de recherche réelle, le fait de se limiter à un entraînement de ce type provoquera des pertes de temps dues à une fastidieuse recherche de précision.

De plus, il ne met pas en évidence la complémentarité de la sonde pour la localisation finale. Si un touché de sonde positif marque définitivement la fin de la recherche DVA, il procure un soulagement certain au sauveteur (et quelquefois à la victime), et motive le dégagement que seule une pelle digne de ce nom pourra optimiser.
Quelles places occupent la sonde et la pelle lors d’un dégagement, et quelles sont les conséquences si on n’en possède pas ?

Les tests

En 1999, un certain nombre de tests ont pu être réalisés dans le cadre de raids de cohésion destinés à des cadres responsables de l’organisation de secours (autres que montagne).

Constitués d’adultes motivés, généralement sportifs, disciplinés et nombreux (120 personnes), ces groupes étaient encadrés par des guides de haute montagne.

La recherche DVA et le dégagement de victimes d’avalanches ont été intégrés comme des épreuves à part entière, et notés par l’encadrement pédagogique de ces groupes (adaptation à des situations nouvelles, organisation, leader).

---> Organisation sur le terrain

La veille de l’exercice, une dizaine de minutes a été consacrée aux explications concernant l’utilisation des DVA et de la sonde (1 guide/60 personnes), suivies de 20 minutes d’exercices par équipe.

Une zone de recherche de 200 m x 300 m a été balisée sur un terrain pentu. L’entrée des équipes se faisait par le haut (hors de portée), et le bas de zone n’était pas visible de l’entrée.

Deux émetteurs ont été ensevelis à un mètre de profondeur en bas de la zone, sous un contreplaqué de 0.64 m2, et distants de six mètres l’un de l’autre.

La recherche s’effectuait par équipe de 5 personnes qui se déplaçaient en raquettes.

Équipement à disposition :

• 6 équipes : DVA, sonde et pelle par personne.
• 6 équipes : DVA, pelle par personne.
• 6 équipes : DVA, sonde par personne.
• 6 équipes : DVA par personne.

' Informations données au départ :

" 2 victimes "

• démarrage du chronomètre : dès la réception du premier signal.
• arrêt temporaire du chronomètre quand la localisation finale est achevée (juste avant de creuser).
• la phase de dégagement aura lieu hors de la zone de recherche, dans l’atelier" carrière ".

' Déroulement :

Chaque équipe effectuait sa recherche et sa localisation finale, laquelle s’achevait au touché de sonde (pour ceux qui avaient une sonde) ou à la décision " je creuse ici " pour ceux qui n’en avaient pas.

Le travail se poursuivait dans une autre zone, la " carrière " où l’on reprenait le travail en localisation finale (non chronométré). Au touché de sonde ou à la décision " je creuse ici ", le chronomètre repartait et une seule personne devait dégager le contreplaqué (0,80 x 0,80 m à 1 m de profondeur) sous lequel se trouvait l’émetteur.
Le chronomètre s’arrêtait en même temps que l’émetteur.

' Conclusions

Ces exercices ne pouvaient tenir compte d’une manière réaliste du déclenchement de l’alerte, de la stratégie de recherche ni des premiers secours.

Par contre, de la réception du premier signal à l’arrêt de l’émetteur de la victime, ils devraient être assez représentatifs de la réalité.

Les résultats les plus mauvais ne sont pas intégrés à ces moyennes (un émetteur non trouvé par exemple).
Notons que lors d’une simulation, il fut assez cocasse de voir un secouriste occasionnel, tête en bas dans un trou, chercher à l’aide du DVA de quel coté il allait continuer de creuser… avec ses mains !



Les résultats

---> Groupes qui n'avaient que le DVA

La localisation approximative des victimes a été effectuée en un peu moins de 4 minutes,
à partir de la réception du premier signal. Le dégagement a alors pu commencer, mais la personne chargée du dégagement s’est encore servie de son ARVA (environ trois minutes), pour savoir dans quelle direction creuser. En effet, le doute (avec ses méfaits) a subsisté jusqu’au moment où l’objectif a été atteint.
Si l’on creuse avec les mains et les raquettes à neige, la planche en bois a été dégagée en une heure, et quelquefois plus, après la réception du premier signal.

---> Groupes équipés de DVA et de pelles

Le scénario est identique à celui du groupe qui ne possédait que l’DVA, pour tout ce qui concerne l’utilisation de ce dernier.
Par contre, grâce à l’efficacité de la pelle, la planche est dégagée en 26 minutes au lieu de 1 heure.

---> Groupes équipés d'DVA et de sondes

Dans ce cas, la recherche DVA a duré un peu plus de 3 minutes. Le sondage a commencé un peu après 2 minutes, alors que la localisation finale (DVA) était en cours d’achèvement. Au bout de 5 minutes, un touché de sonde positif marque définitivement la fin de la phase de localisation et le début du dégagement.
A l’aide des mains et des raquettes, la planche en bois était dégagée 50 minutes après réception du premier signal. Par rapport au premier groupe, la sonde a fait gagner 10 minutes, abrégeant la recherche DVA et permettant de creuser au bon endroit sans avoir de doute.

---> Groupes équipés de DVA sondes et pelles

Recherche et sondage identique au cas précédent. La pelle a fait le reste : planche dégagée en 16 minutes, soit encore 10 minutes de gagnées, par rapport à la situation DVA et pelle mais sans sonde.
• Remarques :
- Chaque équipe n’a effectué qu’une seule recherche. Les chercheurs n’ont donc pas bénéficié d’un " effet d’entraînement ".
- Les consignes données avaient pour but d’optimiser la recherche (ex : une seule personne fait la localisation finale, pendant que les autres marquent des repères, sondent et/ou assemblent les pelles).
- Pour les groupes possédant une sonde, il était plus " rentable " de commencer à sonder pendant que un ou deux chercheurs affinaient la localisation.
- Quant à ceux qui n’avaient que le DVA, l’utilisation de ce dernier s’est poursuivie lors du dégagement, quand le doute devenait trop pesant.
- Les appareils utilisés étaient des DVA analogiques, les méthodes employées (croix et directionnelle) se sont souvent mélangées.

Conclusion

Bien que ces résultats n’aient aucune prétention, ils mettent en évidence trois phases du secours, aussi importantes l’une que l’autre :

>>> La localisation globale, avec le DVA.
>>> La localisation finale, avec la sonde.
>>> Le dégagement, avec la pelle.

Supprimer un seul maillon de cette chaîne revient à en limiter l’efficacité !

DVA Sonde Pelle = 16 minutes
DVA et pelles = 26 minutes
DVA et sondes = 50 minutes
DVA seul = 1 heure et plus

La sonde fait donc gagner approximativement 10 minutes, et la pelle (dans le cas d’un ensevelissement à un mètre de profondeur) environ 35 minutes.

Au seul rappel des chances de survie en avalanche (93 % de survivant après 15 minutes d’ensevelissement, 50 % après
30 minutes et 25 % après 45 minutes), le choix et la répartition du matériel de détection et de secours ne devrait plus être sujet à discussions.

 

 

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