Le sac ABS : une bonne invention sous-utilisée
Le sac ABS, concept datant de 1975, repris par Peter Aschauer à la fin des années 1980, a connu un démarrage timide. Bien que conforme aux normes les plus strictes (TÜV - analogue allemand de l’AFNOR - ISO 9000, normes aéronautiques) et bénéficiant de toutes les autorisations de mise sur le marché, son utilisation au sein des services des pistes ne s’est pas généralisée rapidement.
Son principe, qui constituait alors une nouveauté, semblait pourtant intéressant : plutôt que d’essayer de diminuer le temps de recherche de la personne ensevelie, il avait pour but d’améliorer ses chances de survie, puisque celles-ci sont beaucoup plus importantes lorsqu’elle n’est pas totalement ensevelie. Cette sous-utilisation apparaît d’autant plus étonnante que, avec près d’un mort tous les ans en moyenne depuis plus de trente ans (source : CRAM), les pisteurs-secouristes payent un lourd tribut à l’avalanche.
Une évolution récente
Depuis l’hiver 2003/2004, on constate toutefois que de plus en plus de services des pistes utilisent le sac ABS de manière systématique.
Par exemple, à Tignes, le principe est : « tout le monde porte le sac ABS en toutes circonstances », comme la ceinture de sécurité en voiture.
En effet, si l’on connaissait le moment exact du risque, on pourrait éviter l’accident, et donc se passer de tout dispositif de sécurité ! Car, malgré l’amélioration des procédures de déclenchement préventif des avalanches (PIDA), un pisteur-secouriste peut encore à tout moment se trouver dans une situation à risque imprévue (incident au PIDA, intervention en hors-piste, par exemple). Il n’est alors pas possible de se dire dans ces moments-là : « je vais repasser au vestiaire (ou au magasin, au central, etc.) pour m’équiper ». On ne peut pas non plus accepter d’avoir des situations très dangereuses pour lesquelles on aurait un suréquipement de protection. Il faut par conséquent s’efforcer de supprimer les situations dangereuses avérées. Et c’est parce qu’il peut quand même y avoir des situations à risques non prévues que la règle est : « sac ABS pour tout le monde, tout le temps ».
Au cours des quatre dernières années, il y a eu en France trente utilisations avérées de sacs ABS dans les services de pistes. Compte tenu des statistiques sur le taux de mortalité en avalanche, ce sont donc au moins quatre vies qui ont été sauvées.
Un nouveau concept pour l’ABS
On s’est aperçu que le transport de certains matériels (matelas coquilles, sondes, matériel d’oxygénothérapie, etc.) obligeait le pisteur-secouriste à enlever son sac ABS. Avec Jean-Michel Schmetz, l’importateur de l’airbag ABS pour la France, nous avons travaillé sur une évolution du matériel pour les professionnels.
Ce travail a, dans un premier temps, porté sur le poids (le surpoids du système est pour certains un handicap rédhibitoire) : nous avons joué sur le contenu des sacs (matériel de secours, pelle, sonde, etc.). Le fabriquant a, de son côté, également travaillé sur les sacs eux-mêmes, avec des matériaux différents, plus légers, et la suppression de certains détails non indispensables. On a ainsi gagné 700 g par rapport au modèle précédent. Le surpoids, en comparaison d’un sac normal, est désormais inférieur à 2 kg.
Nous avons aussi opté pour un système de « portoir » polyvalant comprenant bretelles, ceinture et le système airbag, sur lequel il est possible de fixer toutes sortes de sacs :
le sac de secours utilisé au quotidien avec des poches adaptées au travail des pisteurs–secouristes (contenance 22 l avec la poche pelle/sonde, le poids total de ce sac de secours vide étant de 2,6 kg) ;
un sac spécifique pour le PIDA dans lequel on peut mettre 8 charges de 2 kg (toujours avec poche pour pelle+sonde) ;
les sacs de matelas coquille, d’oxygène, les sacs médecins ;
et même des claies de portages qui permettent de s’adapter à tous les cas de transport.
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Une fermeture à glissière sert d’attache commune. Elle est renforcée par des sangles de rappel de charge, afin d’éviter le balancement des plus gros sacs.
Ce système à géométrie variable, baptisé « Vario », permet à chacun de toujours porter sur soi cet équipement de sécurité individuel, réglé à sa taille et vérifié par l’intéressé, avec la possibilité d’y adapter en quelques secondes un des autres types de sacs qu’il peut être amené à utiliser dans son travail. Il peut même y fixer le modèle de 15 l, pour ses jours de congé.
Signalons, pour finir, une évolution récente du sac ABS : des ballons plus grands et plus hauts, qui améliorent la flottabilité tout en offrant une relative protection de la tête.
Le système ABS Vario a reçu l’« Outdoor Award » de l’innovation pour l’hiver 2007/2008 au salon ISPO qui s’est tenu à Munich en janvier 2007. |