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1.1 Les cristaux de neige fraîche
Ce sont les cristaux de neige que l'on peut observer quand il neige par
température négative, sans vent. Directement issus des nuages
où ils se sont formés, ils n'ont subi aucune transformation.
S'ils ont tous une structure de base hexagonale, leur forme peut varier
de façon importante. On distingue dix grandes familles dont les plus
remarquables sont les étoiles, les plaquettes ,
et les aiguilles ou colonnes .
Ces trois familles sont les formes de base à partir desquelles se
déclinent les autres.
La plus caractéristique est l'étoile
de neige fraîche ,
avec ses six branches Elle mesure de un à cinq millimètres.
Les branches (appelées aussi dendrites) imbriquées les unes
dans les autres confèrent aux cristaux de neige une certaine cohésion
(ce qui signifie que les cristaux de neige adhèrent les uns aux autres,
sont "attachés" les uns aux autres), dite " de feutrage
".
Cet enchevêtrement permet à la couche de neige de pouvoir tenir
sur des pentes très raides, voire verticales. La cohésion
de feutrage est fragile (la neige est poudreuse) et de courte durée
(quelques heures à quelques dizaines d'heures). Les autres types
de neige fraîche possèdent moins cette cohésion, du
fait de leur structure moins dendritique.
Une couche de neige fraîche a généralement une faible
masse volumique (50 à 150 kg/m3). Cela est dû au fait qu'elle
contient beaucoup d'air : de l'ordre de 90 % de son volume. La grande quantité
d'air contenu dans une couche de neige fraîche lui donne une autre
importante propriété : son pouvoir d'isolation thermique.
En effet, l'air étant un très bon isolant thermique, plus
la neige en contient, plus son pouvoir disolation thermique est élevé.
Une dernière propriété importante de la neige fraîche
est son pouvoir réfléchissant des rayonnements solaires (ou
albédo). Les cristaux de neige fraîche renvoient 90 % environ
du rayonnement solaire qu'ils reçoivent. Ils n'en absorbent par conséquent
qu'une très faible partie. Le soleil n'a donc qu'une action de réchauffement
très limitée sur une couche de neige fraîche.
1.2 Les particules reconnaissables
Elles doivent leur nom au fait qu'en les observant, on peut encore dire
de quel cristal elles sont issues, car sa forme est reconnaissable. Typiquement,
il s'agira d'une étoile de neige fraîche dont deux ou trois
branches seront cassées .
Leur taille est du même ordre de grandeur que les cristaux de neige
fraîche, mais moins homogène.
Une certaine cohésion de feutrage subsiste entre des particules reconnaissables.
Mais puisqu'il y a moins de branches, il y moins de possibilités
d'enchevêtrement .
À ce stade dévolution, on peut également observer
des particules plus arrondies et
déjà un peu soudées entre elles par de petits ponts
de glace, qui confèrent à la couche de neige une cohésion
dite " de frittage ", faible dans ce cas .
Les ponts de glace sont toutefois peu nombreux. Ainsi, même en présence
simultanée de ces deux types de cohésion, une neige de particules
reconnaissables est une neige très poudreuse, dans laquelle on senfonce
: la progression n'y sera pas aisée !
Une couche de particules reconnaissables a une masse volumique de 100 à
200 kg/m3. La proportion d'air étant encore importante dans une telle
couche, son pouvoir d'isolation thermique est très bon.
Enfin, les particules reconnaissables ont un albedo semblable à celui
de la neige fraîche : le soleil n'a donc qu'une action de réchauffement
limitée sur une couche de particules reconnaissables.
1.3 Les grains fins
Les grains fins sont
de petites particules (moins de 0,5 mm), plutôt sphériques.
Ils sont caractérisés par leur cohésion de frittage
: de nombreux petits ponts de glace soudent les grains fins à leurs
voisins, au niveau de leur point de contact. C'est le type de neige que
l'on trouve typiquement dans les corniches et les congères. C'est
aussi celle avec laquelle il est le plus facile de découper des blocs
avec une pelle ou une scie pour construire un igloo.
Leur masse volumique est assez élevée : 200 à 400 kg/m3.
Contenant moins d'air, une couche de grains fins est thermiquement moins
isolante. Par contre, son pouvoir réfléchissant des rayonnements
solaires est encore élevé, grâce à la petite
taille des grains. Le soleil (surtout en plein hiver où il "
tape " moins fort qu'au printemps) aura de la peine à réchauffer
une couche de grains fins.
1.4 Les grains à face plane
Ce sont des grains anguleux qui
présentent, comme leur nom l'indique des faces planes, mais aussi
des angles marqués. Leur taille est de l'ordre du millimètre,
parfois un peu plus et la masse volumique d'une couche de "faces
planes" est environ de 250 à 350 kg/m3. Leur albedo est plus
faible que dans les cas précédents (surtout en raison de
leur taille plus importante).
Par contre, leur principale caractéristique physique et différence
avec les cristaux et grains vus plus haut est l'absence de liaisons avec
leurs voisins : la cohésion d'une couche de grains à faces
planes est très faible, voire nulle. Quand on prend des "
faces planes " dans la main, ils coulent entre les doigts, comme
du sucre en poudre.
1.5 Les gobelets
Les gobelets sont également des grains anguleux .
Ils se présentent sous forme de pyramides striées, généralement
creuses et peuvent mesurer plusieurs millimètres.
Ils ont globalement les mêmes caractéristiques physiques
que les grains à faces planes, en particulier l'absence de cohésion
entre les grains. Ils auront de ce fait le même comportement mécanique
(ils faciliteront le glissement des couches de neige supérieures).
1.6 Les grains ronds
Les grains ronds se distinguent de tous les autres, car ils sont caractéristiques
de la neige humide (ou mouillée, qui contient, ou a contenu, de
l'eau liquide dans les espaces entre les grains), alors que les cas précédents
correspondent à la neige sèche (les espaces entre les grains
ou cristaux ne contiennent que de l'air). Ils sont généralement
sphériques, lisses et font parfois plusieurs millimètres
de diamètre .
La masse volumique d'une couche de grains ronds est élevée
: 350 à plus de 500 kg/m3. À cause de leur grande taille,
leur albedo est faible : ils absorbent une part importante de l'énergie
solaire et se réchauffent donc vite en plein soleil (dégel
dune couche de neige de printemps superficielle de 30 cm dépaisseur
en quelques heures).
La cohésion d'une couche de grains ronds est variable et de deux
types. Si l'eau présente entre les grains est liquide et en faible
quantité, elle a tendance à maintenir les grains les uns
contre les autres (effet de ventouse) : on parle de cohésion capillaire.
Par contre si la quantité d'eau liquide augmente, elle a un effet
inverse : elle fait perdre à la neige sa cohésion. La neige
devient pâteuse (" soupe "). Par contre, si cette eau
gèle, elle va souder très fortement les grains ronds les
uns aux autres. La neige sera alors très dure (et souvent glissante)
: on parle de croûte de regel. La cohésion est donc qualifiée
elle aussi "de regel". C'est la plus résistante des quatre
cohésions que nous avons vues.
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