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3.1 Facteurs nivologiques
Il s'agit, dans ce paragraphe, de s'interroger sur les qualités
de neige qui pourraient être favorables au déclenchement
d'une plaque. On distinguera deux types de couches : la couche "
mouvement ", qui correspond à la (ou les) couche(s) qui compose(nt)
la plaque qui est partie, et la couche dite de " cisaillement ",
qui est la couche sur laquelle l'avalanche a glissé.
En ce qui concerne la couche mouvement, il n'a pas été possible
d'isoler un ou deux types de cristaux caractéristiques. Toutefois,
les conclusions d'une étude récente ont mis en évidence
les points suivants :
on retrouve le plus souvent dans cette couche de la neige récente
(cristaux de neige fraîche et particules reconnaissable) ainsi que
des grains fins issus du transport de neige par le vent ;
il n'a jamais été observé dans cette couche de grosse
épaisseur de grains anguleux à faible cohésion (faces
planes ou gobelets).
Toutefois de nombreuses couches de neige récente ou de grains fins
ont été observées en surface sans qu'une surcharge
n'ait produit davalanche. De plus, l'étude des propriétés
physiques des couches considérées (masse volumique entre
autre) n'est pas concluante. Il est donc actuellement impossible d'affirmer
que telle couche constitue une plaque instable susceptible d'être
déclenchée, à partir de sa seule étude cristallographique.
Les conclusions sont semblables pour la couche de cisaillement. On retrouve
très fréquemment dans cette couche des grains anguleux (faces
planes et gobelets) et de la neige récente, dans une moindre mesure.
Mais là aussi on a observé des manteaux neigeux qui comportaient
de telles couches sans qu'aucune avalanche ne se soit produite au passage
d'une (ou d'un groupe de) personne(s).
L'étude de la cristallographie de la totalité du manteau
neigeux (et plus seulement dune seule couche) est donc elle aussi
insuffisante pour estimer le risque d'avalanche.
3.2 Facteurs météorologiques
Il y a trois grandes situations météorologiques qui aggravent
le risque davalanche, pendant et après lesquelles il faudra
être extrêmement vigilant et ne pas s'engager dans nimporte
quelle pente :
1.
les chutes de neige. La neige fraîche met un certain temps à
se stabiliser. Il est donc conseillé dattendre trois à
quatre jours (ou plus s'il fait très froid) après une chute
de neige (dès 20 à 30 cm), pour aller faire sa trace dans
la neige fraîche, même si cest très tentant !
Le risque davalanche sera dautant plus fort quil a fait,
avant la chute de neige grand beau et froid, avec des nuits sans nuage,
pendant plusieurs jours. Mais, inversement, ce nest pas parce quil
na pas neigé depuis longtemps, ni qu'il n'y a pas beaucoup
de neige, quil ny a aucun danger ! La couche fragile du manteau
neigeux peut en effet être en profondeur et conserver longtemps
sa fragilité.
2.
le vent. En transportant la neige dune zone exposée au vent
vers une zone à labri du vent, il provoque laccumulation
de quantités de neige parfois très importantes, dont la
qualité les rendent particulièrement propices à lavalanche
au passage dune ou plusieurs personnes. Ce sont les fameuses plaques
à vent. Mais attention, il est impossible de reconnaître
une plaque à vent à partir de la neige de surface. Quelle
soit dure (comme sur une piste damée) ou poudreuse, la plaque peut
exister et être instable.
3.
les hausses de températures, ou un fort ensoleillement, au printemps
surtout.
Ils vont avoir pour effet de faire fondre la neige. Celle-ci devient humide
ou même mouillée : elle contient de leau. Cette eau,
si elle est en quantité suffisante fait perdre à la neige
sa consistance : elle devient pâteuse, et ne peut plus tenir sur
une pente. Lavalanche de neige humide menace. La pluie a donc un
effet semblable. Mais attention, si une hausse des températures
aggrave souvent le risque davalanche, une baisse des températures
(donc le froid) ne signifie pas toujours quon peut y aller sans
crainte (bien au contraire dans certains cas).
3.3 Facteurs topographiques
Linfluence de la topographie sur le risque davalanche est
également très importante. En effet, si les conditions météorologiques
sont à lorigine des transformations de la neige, donc de
sa stabilité, elles sont parfois très variables, même
sur une même montagne, à cause de la topographie locale.
Ainsi, en fonction de laltitude, de lexposition par rapport
au soleil, ou au vent, de linclinaison de la pente ou de la présence
de relief autour de la pente, la neige ne va pas évoluer de la
même façon. La stabilité du manteau neigeux ne sera
donc pas partout identique.
Si
des avalanches peuvent se produire et s'écouler à toutes
les altitudes, l'altitude est toutefois un facteur important à
prendre en compte car elle intervient sur la limite pluie-neige et sur
l'importance des précipitations neigeuses. Ainsi, sous une certaine
altitude, le risque d'avalanche peut être lié à une
humidification du manteau neigeux, alors qu'au-dessus il sera dû
à la présence de neige fraîche, qui sera en plus ou
moins grande quantité au fur et à mesure qu'on s'élèvera.
De plus, l'altitude a une influence sur la température de l'air,
qui en a une à son tour sur le manteau neigeux. La nature du risque
d'avalanche peut donc dépendre de l'altitude.
L'exposition
au soleil joue aussi un rôle essentiel car elle va déterminer
la durée de l'ensoleillement d'une pente, et par conséquent
l'importance d'un éventuel réchauffement dû aux rayonnements
solaires sur le manteau neigeux. Ainsi, le risque davalanche est
différent sur le versant Sud et le versant Nord dune même
montagne, surtout au printemps.
L'exposition
par rapport au vent est aussi fondamentale. Que la pente soit exposée
au vent et la neige qui la recouvre sera transportée en un autre
endroit : cette pente aura donc des épaisseurs de neige plus faibles.
Par contre, dans une zone à l'abri du vent, la neige transportée
par le vent se déposera et il y aura dans cet endroit des hauteurs
de neige supérieures à la moyenne, avec, qui plus est, une
qualité la rendant plus sensible au déclenchement d'une
avalanche.
L'inclinaison
de la pente va avoir une double action. Plus la pente est raide, plus
la neige est instable. D'autre part, le rayonnement du soleil provoque
un réchauffement plus fort sur les pentes raides (ce sont elles
qui se transforment et sont déneigées le plus tôt
au printemps).
Enfin,
le relief autour de la pente concernée a une influence indirecte
sur le risque d'avalanche, car il peut modifier l'exposition au soleil
et au vent. D'autre part, il ne faut pas oublier que l'on peut déclencher
une avalanche à distance (au-dessus ou au-dessous de l'endroit
où l'on se trouve) grâce à la propagation de londe
de choc, même en passant dans un endroit a priori peu raide.
Comme on le lit, le risque davalanche, au même moment, peut
être très variable dans lespace, dun massif à
lautre, dune montagne à lautre, dune pente
à lautre, et dans certains cas, sur une même pente.
Cest pour cela quune information générale (bulletin
destimation du risque davalanche diffusé par Météo-France
par exemple) doit être complétée par une information
locale, puis une bonne observation et une réflexion personnelle,
quand on est sur le terrain, ce qui nécessite et justifie davoir
les quelques connaissances de ce chapitre. 
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