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-- Avalanches : connaissances de base
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par François Sivardière
-- 1/ Définition et équilibre du manteau neigeux

Une avalanche est une " masse de neige qui se détache et dévale le versant d'une montagne ".
On peut aussi décrire le phénomène comme une rupture d'équilibre dans le manteau neigeux, entraînant le glissement à une certaine vitesse d'une masse de neige plus ou moins importante sur une pente, sous l'effet de son propre poids. Schématiquement, on peut considérer le manteau neigeux comme un corps en équilibre sur un plan incliné. Il est soumis à deux types de forces : celles qui l'attirent vers le bas, et celles qui le maintiennent en place.

 

Les forces qui attirent la neige vers le bas sont essentiellement son poids, ainsi que toute surcharge potentielle qui viendrait s'appliquer et augmenter ainsi la pression exercée à la surface du manteau neigeux.

Les forces qui retiennent la neige en place sont des forces de frottement, d'ancrage et de résistance :

• les ancrages inférieurs (frottement du manteau neigeux avec le sol) : plus le sol est rugueux, meilleurs seront ces ancrages ;

• les ancrages latéraux : quasiment inexistants sur de grandes pentes, ils jouent un rôle plus important dans les couloirs peu larges (la neige frotte alors contre le rocher sur les bords du couloir) ;

• les points d'appui en bas de la pente, sur lesquels s'appuie le manteau neigeux ;

• les liaisons entre les différentes couches qui composent le manteau neigeux : si une liaison entre deux couches est mauvaise, la couche supérieure peut glisser sur la couche inférieure ;

• la cohésion de la neige à l'intérieur d'une même couche.

Pour que l'avalanche se produise, il faut que les forces qui retiennent la neige sur la pente soient plus faibles que celles qui l'attirent vers le bas. Soit les premières diminuent, soit les secondes augmentent.

La neige n’est pas un matériau inerte. Elle est au contraire en constante évolution, et ne cesse de se transformer, sous l’influence des conditions météorologiques. Et qui dit transformations de la neige, dit aussi transformations de ses propriétés, de son comportement. Les liaisons entre les couches, les cohésions internes des différentes couches peuvent donc être dans un premier temps solides. Mais, en se transformant, elles peuvent se fragiliser : perte de la cohésion de feutrage, humidification, voire fragilisation par métamorphose de moyen ou fort gradient.

Dans le deuxième cas, il s’agit de l'effet d’une surcharge qui va provoquer la rupture du manteau neigeux. Cette surcharge peut être une nouvelle couche de neige fraîche ou une accumulation de neige transportée par le vent, une chute de pluie ou celle d'une corniche ou d'un sérac. Mais elle peut aussi être due à une intervention humaine, soit volontaire (surpression dans l'air due à une explosion), soit accidentelle (passage d’une ou plusieurs personnes) . En fonction de la fragilité du manteau neigeux (qui est celle de sa couche la plus fragile), la surcharge provoquant le déclenchement de l’avalanche doit être plus ou moins importante.

 

-- 2/ Classification des avalanches

 

 

La classification des avalanches n'est pas une chose aisée car il existe de multiples critères qui permettent de distinguer les avalanches.
On peut ainsi classer les avalanches en fonction de :

     la cause de leur départ :
• évolution interne du manteau neigeux (voir 1 ci-dessus) : avalanche spontanée ;
• surcharge "non humaine". Devant l'absence de consensus pour nommer ce type d'avalanche, on pourra parler également d'avalanche spontanée (qui part toute seule, sans intervention de l'homme) ;
• surcharge d'origine humaine volontaire (déclenchement à l’explosif) : avalanche artificielle ;
• surcharge d'origine humaine involontaire : avalanche accidentelle ;

     la forme de leur zone de départ :
• départ ponctuel : avalanche à départ ponctuel ;
• cassure linéaire : avalanche de plaque ;

     la qualité de la neige dans la zone de départ :
• avalanche de neige humide ou de neige sèche ;
• avalanche de neige avec cohésion (= avalanche de plaque) ou sans cohésion (= avalanche à départ ponctuel) ;

     leur niveau de glissement :
• l'avalanche glisse sur une couche de neige sous-jacente : avalanche de surface ;
• l’avalanche entraîne la totalité du manteau neigeux : avalanche de fond ;

     leur écoulement :
• avalanche de neige coulante (ou neige dense) : l'écoulement se fait en restant en contact avec le terrain, comme une lave, en suivant la ligne de plus grande pente ;
• avalanche en aérosol : l'écoulement se fait en présence d'un nuage de neige qui peut parfois mesurer plusieurs dizaines de mètres de haut et qui s'écoule selon une trajectoire quasi-rectiligne, de façon presque indépendante du terrain.

On peut ensuite distinguer des types plus précis : par exemple, les avalanches de plaques dures (neige à très forte cohésion) des avalanches de plaques friables (ou plaques
tendres : neige à faible cohésion).
Ces derniers types d'avalanche sont ceux qui préoccupent le plus le randonneur.
Plus de 80 % des accidents d'avalanche sont en effet dus à des avalanches de plaque et dans plus de 80 %, elles sont déclenchées par les victimes elles-mêmes. La cause de l'accident est donc très directement le comportement du pratiquant. Si l'estimation du risque est particulièrement difficile dans ces cas, il existe toutefois un certain nombre de paramètres qui doivent être étudiés avant de prendre une décision.

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