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Grâce à un modèle numérique très simple,
nous avons été les premiers à pouvoir reproduire
sur ordinateur le déclenchements d'avalanches de plaque (figure
4), et à retrouver ainsi les statistiques de tailles d'avalanches
relevées sur le terrain.
Nous avons pu montrer que tous les phénomènes de rupture
provoqués par la gravité (glissement de terrain, chute de
blocs, avalanches) relèvent du même mécanisme de déclenchement.
Leur comportement statistique ne dépend que de lhétérogénéité
du matériau (plus précisément du rapport entre la
résistance de la couche fragile et celle de la plaque elle-même).
Lorigine de l'invariance d'échelle des tailles d'avalanches
a donc une raison physique simple.
Cette simulation valide le scénario de déclenchement suivant
: la rupture de la couche fragile sinitie progressivement à
partir de zones localisées, tels des îlots dinstabilités,
imperfections du manteau neigeux, et se propage ensuite de proche en proche,
comme des avalanches de dominos, avant de déclencher la rupture
de la plaque. Le manteau neigeux recèle donc des " pièges
" très localisés sur lequel il faut éviter de
passer (à condition de savoir où ils se trouvent !).
Le manteau neigeux peut donc être vu comme un champ de mines anti-personnel.
Toutes ces mines sont munies dune petite charge de dynamite, certaines
pourvues dun détonateur, dautres pas.
Évidemment, toutes ces mines sont camouflées ! Partout ailleurs,
le manteau est stable.
Si, pour une raison quelconque, une de ces mines explose (que ce soit
à cause du passage dun skieur plus ou moins innocent, ou
pour une raison " naturelle "), elle peut faire exploser à
son tour les mines sans détonateur aux alentours.
Lorsquun skieur se retrouve au sommet dune pente enneigée,
il a le choix de sa trajectoire de descente. Sil passe sur une mine
passive, rien ne se passe. Sil passe sur une mine active, elle explose.
Cette explosion peut provoquer des réactions en chaîne provoquant
le déclenchement dune plaque plus ou moins importante (en
fonction de la quantité de mines dans la zone où il est
passé). Le fait qu'un skieur traverse une pente sans rien déclencher
ne signifie donc pas que la pente est sûre, mais qu'il a simplement
eu le flair (ou la chance) de passer entre les " mines ". Le
skieur suivant aura peut être moins de chance.
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