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| LES MÉTAMORPHOSES DE LA NEIGE (suite) | |
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par
Claude SERGENT Météo-France - Centre d'Études de
la Neige
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3. La métamorphose de faible gradient (G < 5°C/m) Au sein dune strate de neige sèche, les effets de rayon
de courbure et de gradient sont simultanés mais antagonistes puisque
lun tend à arrondir les cristaux alors que lautre tend
à les rendre anguleux. Cest la valeur du gradient de température
qui va réguler le type de transformation. |
Figure 9 : Grains fins obtenus par métamorphose de faible gradient.
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| Si le passage de létat de neige fraîche à létat de particules reconnaissables est généralement assez rapide (quelques jours), lapparition des grains fins demande plus de temps. A titre dexemple, avec un gradient de 3°C/m et une température moyenne de la couche de neige de - 3,5°C, il faut attendre une dizaine de jours pour obtenir un mélange particules reconnaissables/grains fins. Dans cette métamorphose, la disparition des formes dendritiques se traduit par un rapprochement des grains, et donc par une augmentation du nombre des points de contact autour desquels le frittage se produit. A léchelle de la strate de neige, on observe alors un tassement général, avec une augmentation notable de la masse volumique (qui atteint alors 200 à 300 kg/m3) et au passage de la cohésion de feutrage (imbrication des dendrites) à la cohésion de frittage. Si au début de la perte de cohésion de feutrage, on peut assister sur les pentes les plus raides à des instabilités à lorigine de purges spontanées, la prise de cohésion de frittage confère ensuite à la strate une meilleure stabilité. De plus, cette cohésion est dautant meilleure que les grains sont petits puisque les points de contact sont nombreux. Seule ombre au tableau, ce type de neige manque de plasticité et supporte mal les contraintes. | |||
| 4. La métamorphose
de moyen gradient (5°C/m < G < 20°C/m) Dans ce cas, la différence de température, selon la verticale,
entre les grains devient sensible, et chaque grain est plus chaud que
celui qui est au-dessus de lui. Leffet de gradient entre en concurrence
avec leffet de rayon de courbure et lemporte. Les flux de
vapeur liés aux différences de température entre
les grains sont plus importants que ceux liés aux différences
de courbure. La cristallisation de la vapeur deau aux points froids,
caractérisée par lapparition dangulosités,
est plus rapide que la sublimation liée à leffet de
rayon de courbure. Néanmoins, leffet de courbure permet au
début de la métamorphose de provoquer la sublimation des
petits grains et des branches les plus fines. Le résultat global
est lapparition dun type de grain anguleux comportant des
facettes faisant des angles à 120° (cristallisation dans le
système hexagonal), appelé grain à faces planes :
(symbole : Figure 10 : Grains à
face planes (les traits verticaux sont espacés de 0,2 mm).
Cette métamorphose peut affecter avec efficacité la neige
fraîche, les particules reconnaissables et les grains fins. Dans
les deux premiers cas, elle saccompagne dun tassement important
de la couche de neige lié à la disparition rapide des structures
dendritiques. Pour ce qui concerne les grains fins, la variation de densité
est faible. Avec un gradient de 15°C/m, Il faut environ 10 jours pour
quune neige fraîche se transforme en un mélange de
particules reconnaissables et de grains à faces planes. Les grains
à faces planes ont en moyenne des masses volumiques de lordre
de 250 à 350 kg/m3. |
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5. La métamorphose de fort gradient (G > 20°C/m) Dans ce cas, la différence de température entre les grains
suivant la verticale est très marquée, et les flux de vapeur
sont plus intenses. Le premier stade de transformation se caractérise
par lapparition rapide de grains à faces planes accompagnée
d'un tassement notable pour ce qui concerne la neige récente (
+ ou / ). Puis, peu à peu, chaque grain voit sa base croître
par condensation de la vapeur deau provenant du grain inférieur.
En raison de lintensité du flux de vapeur, cette condensation
se fait sous la forme de marches de glace. Par ailleurs, sa partie supérieure
est le siège de sublimation qui va lui donner un aspect plus arrondi
et plus lisse (Fig. 11). Dans sa forme finale,
le grain prend généralement une forme pyramidale striée
très caractéristique. Communément appelé "gobelet" |
Figure 11. Shéma de formation des gobelets.
Figure 12. Gobelets ou givre de profondeur (les traits verticaux sont espacés de 0,2 mm). |
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| Dans des conditions naturelles, les neiges dont les densités excèdent 350 kg/m3 ont peu de chance dévoluer en gobelets, tout au plus en grains à faces planes. Il faut noter que même avec le rétablissement dun faible gradient, les gobelets ne peuvent plus être transformés et la strate gardera sa faible cohésion. Seule une humidification notable pourra les transformer. Lexpérience montre quune couche de neige constituée de grains fins, dune densité de 260 kg/m3, et soumise à un gradient de lordre de 55°C/m se transforme en couche de gobelets dont les tailles atteignent en moyenne 2 mm au bout de 26 jours. Un très fort gradient peut en quelques jours transformer une neige récente en grains à faces planes. Un exemple assez classique est celui dune faible chute de neige (10 cm) qui se dépose sur un manteau neigeux humidifié, cette chute étant suivie dun refroidissement sensible avec des températures de surface de lordre de -10°C. Le gradient subi est alors de lordre de 100°C/m (base de la couche à 0°C). En deux jours, des grains à faces planes peuvent apparaître et, avec le tassement, constituer une couche fragile de lordre de quelques centimètres très dangereuse pour lavenir. | |||
| Shéma
synthétique des métamorphoses de la neige sèche. |
Shéma
synthétique des métamorphoses de la neige humide. |
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La Neige humide |
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Lorsque de leau liquide est présente dans la neige, on dit
quelle est humide, et la température déquilibre
entre les trois phases de leau (solide, liquide et gazeuse) est
nécessairement de 0°C. Si ceci est vrai à léchelle
de la strate de neige humide, il nen est pas de même à
léchelle des grains de neige pour lesquels les températures
déquilibre ou température de fusion de la glace vont
être légèrement inférieures ou même parfois
supérieures à 0°C (entre quelques millièmes et
quelques dix millièmes de degré) suivant leurs formes (convexité
ou concavité) ou leur grosseur. Ces très petites variations
ainsi que la quantité deau liquide présente permettent
dexpliquer les métamorphoses observées. 1. Les régimes de la métamorphose de la neige humide Le régime des faibles TEL
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Le régime des fortes TEL
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2. La métamorphose de la neige humide Lhumidification de la neige peut se faire de deux façons. Par fusion de surface du manteau neigeux sous leffet dun bilan énergétique positif des échanges neige/atmosphère (air chaud, fort rayonnement solaire, etc.), ou par lapport direct deau liquide quest la pluie. Lhumidification des strates de neige se fait essentiellement par la surface du manteau neigeux. Que ce soit leau de pluie, ou leau de fusion de surface, sa pénétration en profondeur ne se fait pas de façon homogène, mais par des cheminements préférentiels ou chemins de percolation. On peut donc trouver dans une couche de neige humide des TEL variables, voire sur un même niveau horizontal des zones humides et des zones sèches. Cependant, pour une couche de neige dont la base ne repose pas sur une surface imperméable, il y a le plus souvent drainage de leau liquide dès que sa capacité de rétention en eau est dépassée. La valeur de rétention en eau de la neige dépend de sa densité avant humidification et varie entre 12% en masse pour des densités de lordre de 250 kg/m3 et 7% pour des densités de lordre de 500 kg/m3.Dans ces conditions, la métamorphose implique un arrondissement des grains assez rapide, et on peut observer lapparition de grains ronds (symbole : O ) (Fig. 15). Quant au grossissement, très lent pour les basses TEL, il devient plus rapide avec les TEL proches de la valeur de rétention. Lexpérience montre quune neige récente soumise à une humidification pendant 16 jours, se transforme en neige de grains ronds dont les diamètres atteignent environ 0,2 mm avec une TEL massique de lordre de 2%, et 0,6 mm si la TEL est de 10%. |
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Plus généralement, les tailles des grains ronds sont généralement
comprises entre 0,2 et 2 mm. À léchelle de la strate
de neige, on constate une augmentation progressive de la densité
(jusquà 500 kg/m3), et la cohésion assez bonne aux
faibles valeurs de TEL tend à diminuer si celle-ci augmente. |
| © ANENA | ||