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Dans une telle démarche, il savère alors nécessaire
de pouvoir estimer de façon réaliste les efforts exercés
par un manteau neigeux sur une structure. Dans de nombreuses situations,
on peut montrer que ces efforts dépendent fortement du comportement
mécanique de la neige, cest-à-dire de la manière
dont se déforme le matériau lorsquon le sollicite.
Le comportement de la neige est bien différent de celui de matériaux
plus standards, que nous connaissons tous : lacier, le bois, etc.
Par exemple, lorsquon tire sur un ressort, il se déforme
instantanément, et reprend sa forme initiale si on relâche
la force exercée ; au contraire, lorsquon place un poids
sur un échantillon de neige, celui-ci se déforme lentement,
et ne reprend pas sa forme initiale si lon retire le poids.
Curieusement, malgré les efforts employés par la communauté
scientifique internationale depuis des décennies, la neige demeure
un matériau encore mal décrit ou de façon
insatisfaisante sur le plan de son comportement mécanique.
Cela tient essentiellement au fait que la complexité de son comportement,
à léchelle à laquelle on lobserve usuellement
(par exemple le manteau neigeux), reflète des phénomènes
qui interviennent à une échelle beaucoup plus petite, celle
des grains de glace. Mais si lon fait leffort de se placer
à cette échelle, dite microscopique, dobserver les
phénomènes susceptibles de se produire, on constate que
ceux-ci sont finalement très simples, au moins jusquà
une certaine limite de raffinement : à cette échelle, la
neige se réduit finalement à un assemblage de grains de
glace en contact les uns avec les autres.
Partant de ce constat, nous avons proposé de représenter
un échantillon de neige par un ensemble de petites billes "
collées " les unes avec les autres. Le joint de colle qui
existe entre deux billes en contact matérialise en quelque sorte
le pont de glace reliant deux grains de glace. En faisant lhypothèse
dune part que les petites billes ne se déforment pas, mais
que seuls les joints de colle se déforment (de la même manière
que les ponts de glace), et dautre part que larrangement des
billes entre elles peut être décrit de manière statistique,
du fait de leur très grand nombre (même dans un petit échantillon),
alors il a été possible de " remonter " au comportement
mécanique de la neige à plus grande échelle.
Cette démarche nous semble intéressante, car dune
part elle prend en compte une partie de la " physique " qui
vraisemblablement gouverne le matériau neige et, dautre part,
seule la connaissance a priori dun nombre très réduit
de paramètres est nécessaire, ce qui est fondamental en
vue dapplications pratiques. En particulier, son utilisation dans
le cadre des ouvrages paravalanches a fourni des premiers résultats
qui paraissent très prometteurs, confirmant lintérêt
de la méthode développée.
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