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| Des avalanches en modèle réduit | |
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par
Robert Bolognesi, Météorisk
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| Article paru dans la revue de l'ANENA "Neige et Avalanches" N° 100 - décembre 2002 | |
| Mise en scène Pour répondre aux multiples questions que l'on peut se poser sur l'influence de la topographie sur la stabilité de la neige, il faudrait pouvoir observer la rupture d'un même manteau neigeux sur divers reliefs. Ceci est évidemment impossible dans la nature... mais devient presque possible sur un modèle réduit. |
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| Le décor | |
| De la moquette en guise de pelouse alpine, des pommes de pins
en guise de conifères, des graviers en guise de blocs rocheux et
quelques heures de bricolage : le modèle réduit est prêt
(figure 1). Celui-ci peut être transformé
à volonté : les graviers, fixés sur la moquette par
de petites bandes Velcro, peuvent facilement être déplacés
pour figurer diverses dispositions d'ancrages. L'échelle de cette maquette est de l'ordre du 1:50. Ainsi les pommes de pin figurent des arbustes de 2 m de hauteur environ et les graviers représentent des blocs d'un volume voisin de 1 m3, comme on en trouve dans les éboulis grossiers. A noter que l'échelle de la maquette peut être facilement amenée à 1:100 si besoin. |
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| Les acteurs | |
| Le manteau neigeux est simulé par une couche de farine saupoudrée sur une couche de sucre fin jouant parfaitement le rôle d'une strate fragile de gobelets. Si elle est légèrement tassée après avoir été déposée, la couche de farine acquiert une certaine cohésion qui lui donne un comportement proche de celui d'une plaque de neige. Cette structure s'apparente alors à une couche de neige tendre " liée " reposant sur une couche fragile de gobelets : c'est exactement la situation observée dans les Alpes de Nord à la fin décembre 2001, situation à l'origine de nombreux accidents dont certains furent mortels. | |
| Le genre | |
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Fiction ou reality-show ? |
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| (fig.2) Exemple de modélisation physique : simulation d'une avalanche de neige poudreuse en bassin. (travaux de P. Beghin, CEMAGREF). |
(fig.3) Étude de la morphologie et de la géométrie des poudres utilisées - farine et sucre - pour la simulation des avalanches sur le modèle réduit. |
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| Les observations au microscope ont montré que le modèle
présente une bonne cohérence géométrique : Le diamètre des particules élémentaires de farine est de 10 microns. Ces particules peuvent former des agglomérats dont la taille moyenne est de l'ordre de 50 microns. Compte tenu de l'échelle de la maquette, ces particules correspondent à des grains de neige de 0,5 mm pouvant former des assemblages de 2,5 mm : c'est à peu près la taille des grains qui constituent habituellement les plaques friables que l'on cherche à simuler ici. Par ailleurs, les images délivrées par le microscope montrent une forte ressemblance morphologique entre les particules de farine et les grains de neige évoluant vers les grains fins (particules aux formes arrondies pouvant s'agréger). La taille moyenne des cristaux de sucre est voisine de 100 microns. Ces cristaux figurent donc des grains de neige dont la taille moyenne est de 5 mm, ce qui correspond assez bien à la taille des gobelets que l'on peut observer sur le terrain. On note également que la similitude morphologique entre le sucre et les gobelets est frappante (grains aux formes anguleuses, non agrégés). Les observations macroscopiques révèlent une analogie étonnante, entre le modèle et le réel, en ce qui concerne l'aspect des ruptures et celui des dépôts qui comportent des boules se formant durant l'écoulement. Ces diverses constatations laissent penser que, si ce modèle réduit ne reproduit sans doute pas exactement les mécanismes de rupture du manteau neigeux et simplifie beaucoup la réalité, il est probable qu'il en conserve néanmoins certains aspects déterminant la localisation des ruptures des plaques friables. Si l'on admet cette hypothèse (éprouvée avec succès sur des cas simples), on peut se livrer à quelques expériences susceptibles d'apporter certaines informations qualitatives sur le rôle de la topographie dans la délimitation des ruptures. |
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| Scénarios | |
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Les scénarios choisis, pour ces premières expériences
exploratoires, correspondent à des situations topographiques couramment
rencontrées en montagne : versant avec pelouse, versant avec gros
éboulis, versant avec pente convexe, vallon, couloir étroit,
etc.
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| En conclusion | |
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Ces expériences permettent de mettre en évidence les zones
qui, par leur topographie, sont les plus propices à une rupture
du manteau neigeux lorsque les conditions nivologiques sont analogues
à celles que simule le modèle réduit.
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| © ANENA | ||