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gestion du risque : qui fait quoi ?
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d'avalanches
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d'avalanches
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CPT
Maître
chien d'avalanche
Servant
d'avalancheur
Pisteur-secouriste
Observation
nivo-météo
Ingénieur
météo
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| Montroc, du côté juridique | |
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Par Frédéric Jarry, ANENA |
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| Article paru dans la revue de l'ANENA "Neige et Avalanches", N° 105 - mars 2004. | |
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Les faits : Le 9 février 1999, une avalanche descendait de la montagne de Péclerey, en rive gauche de lArve. Elle détruisait totalement ou partiellement 20 chalets et causait la mort de 12 personnes au lieu-dit les Poses, dans le hameau de Montroc, commune de Chamonix-Mont-Blanc. Cette avalanche faisait suite à des conditions nivo-météorologiques particulières, caractérisées par des chutes de neige intenses accompagnées de températures très froides et de vent. Du fait de ces conditions remarquables, le centre météo de Chamonix diffusait un BRA annonçant un risque davalanche très fort dès le 8 février, maintenu les jours suivants. Cette avalanche faisait suite à une quinzaine dautres, déjà descendues dans la vallée de Chamonix, entre le 8 et la matinée du 9 février. Cette crue avalancheuse touchait la Haute-Savoie, mais aussi la Savoie et le Piémont italien. |
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| Sous leffet du poids de la neige accumulée, lavalanche partait naturellement sous la ligne de crête, à environ 2400 mètres. La plaque ainsi déclenchée présentait une cassure large denviron 250 mètres pour une épaisseur allant de 1 à 2 mètres. Atteignant le fond de vallée, lavalanche traversait le torrent de lArve et remontait la pente très faible sur la rive opposée, où se situaient les 20 chalets et leurs habitants. Cest la partie dense de lavalanche, suivant le souffle de laérosol, très puissant, qui occasionnait la quasi-totalité des dégâts. Le dépôt mesurait environ 250 mètres de long sur 150 de large pour une épaisseur de 4 mètres. | |
| La procédure judiciaire | |
| Suite à laccident, une enquête
judiciaire était ordonnée à la requête du Parquet
du Tribunal Correctionnel de Bonneville. Après la remise de deux
rapports dexpertise le 25 octobre 1999 (commandés par le Préfet
de Haute-Savoie et le Parquet), le Procureur de la République requérait
louverture dune information judiciaire contre X pour homicides
et blessures involontaires. Il sagissait pour le juge dinstruction
de rechercher des preuves afin de déterminer sil existait des
charges suffisantes contre une ou plusieurs personnes pour ordonner leur
mise en examen. Pour ce faire, celui-ci diligentait un expert judiciaire
et auditionnait plusieurs témoins. Lexpert avait pour mission de permettre au juge de déterminer les responsabilités mises en jeu en exposant et analysant " les méthodes de cartographie et de zonages, le fonctionnement de la commission de sécurité, lantériorité du phénomène et lexactitude des documents et cartes qui sy rapportent, la prévention du risque telle quelle a été faite et aurait pu ou dû être faite ". Deux thèmes orientaient linstruction : Le 24 octobre 2000, le juge dinstruction ordonnait la mise en examen du maire de Chamonix pour homicides et blessures involontaires. À la clôture de linstruction, et bien que le Procureur de la République ait requis le non-lieu en faveur du maire de Chamonix, le juge dinstruction ordonnait le renvoi du maire devant le Tribunal Correctionnel de Bonneville. |
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| Le procès | |
| Le procès sest déroulé du 14 au
16 mai 2003 devant le Tribunal Correctionnel de Bonneville. Il devait permettre déclairer les juges sur deux points : La première journée fut notamment consacrée au rappel des faits et de la procédure ainsi quà lévocation de la question du zonage et de la cartographie sur la commune de Chamonix. Laudition en premier lieu du maire de Chamonix fut loccasion pour ce dernier de sexprimer sur le zonage, dexpliquer les moyens à sa disposition pour prévenir et gérer la crise et de justifier le choix du confinement des personnes plutôt que leur évacuation. Puis lexpert fut entendu afin notamment détablir lhistorique de lavalanche en cause et expliquer quelle solution préventive pouvait être envisagée pour le hameau. Par la suite, des personnels des services de lÉtat (Cemagref, RTM, Météo-France) témoignèrent afin notamment dexpliquer les mécanismes de réalisation de la cartographie et du zonage sur la commune et rappeler les conditions nivo-météorologiques des jours précédant laccident. La seconde journée du procès se poursuivit par laudition du gendarme responsable de lenquête préliminaire et de témoins résidents de la commune et du hameau. La présidente du Tribunal les questionna particulièrement sur leur connaissance antérieure de lavalanche de Péclerey. En seconde partie de journée, la question de la gestion de la crise fut abordée. À nouveau, lexpert et le maire de la commune sexprimèrent sur ce point. Puis la Présidente interrogea certains membres de la commission de sécurité. Ses interrogations portèrent notamment sur les méthodes employées par la commission pour gérer la situation, sur lemploi de la CLPA au cours de ses réunions et sur le choix du confinement des personnes. Enfin, les parties civiles furent entendues afin dexprimer leurs réactions. La dernière journée du procès fut consacrée aux plaidoiries des parties civiles, au réquisitoire du Procureur de la République et à la plaidoirie de la défense. Les avocats des parties civiles reprochaient notamment au maire de navoir pris aucune mesure active de prévention et le manque de méthodologie dans la gestion de la crise, et ce malgré sa connaissance dun risque davalanche à cet endroit. Les parties civiles regrettaient également labsence des services de lÉtat sur le banc des accusés. Dans son réquisitoire, le Procureur de la République confirmait sa position vis-à-vis du maire de Chamonix. Les charges à son encontre ne lui paraissant pas suffisantes, il requérait la relaxe. Reprenant les termes de larticle 121-3 du code pénal définissant les délit non intentionnels, il fondait son intime conviction sur le fait que ni linstruction ni le procès navait permis de démontrer que le maire avait effectivement commis une faute caractérisée qui exposait autrui à un risque dune particulière gravité quil ne pouvait ignorer. Les fautes que lon pouvait reprocher au maire ne relevaient que de fautes simples, et non pas caractérisées, et sa connaissance du risque nétait pas prouvée de manière évidente. |
| (suite) | |
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