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En ce qui concerne la durée des épisodes, linformation
fournie est très précise, dans la mesure où le capteur
possède un bruit de fond propre extrêmement faible (inférieur
à 0,01 g/m2/s), et nest pratiquement excitable par aucun
autre phénomène naturel ou bruit perturbateur externe. Ainsi,
dès que la courbe indique une série de valeurs non nulles,
on est sûr quun transport de neige est en cours.
Typiquement, on observe des durées de transport variant de quelques
heures à plusieurs jours, sachant que cette durée est conditionnée
dune part, dans le cas des neiges de reprise, par lérodabilité
du manteau neigeux et les vitesses de vent, et dautre part, dans
le cas des précipitations ventées, par la durée des
chutes de neige.
Pour connaître lintensité dun épisode
sur un site donné, on doit se représenter la surface située
sous la courbe pendant toute la durée de lépisode.
Cette indication est meilleure que la seule interprétation des
pics maximum de la courbe, qui ne renseignent que sur une faible durée
(30 minutes) eu égard aux durées nécessaires pour
faire évoluer significativement une situation (plusieurs heures
voire plusieurs jours).
Malheureusement, il nest pas possible de déterminer un critère
de seuil ou même des classes de valeurs globales auxquels correspondraient
typiquement tel ou tel volume de dépôt.
En effet, dune part le volume des dépôts dans une zone
particulière dépend fortement des conditions locales de
relief et de vent, et dautre part, les dynamiques de transport mesurées
sur dix sites varient de manière très importante selon le
site considéré :
par exemple, à Aminona (CH), où le capteur est situé
au sol le long dun couloir orienté Sud, avec un bassin de
reprise latéral en forte déclivité, lindex
de transport se limite à quelques dizaines de g/m2/s pour les épisodes
de transport les plus importants (fig.3)
;
à lautre extrême, à Arinsal (Andorre)
ou à La Para (Alpes Vaudoises en Suisse) par exemple, où
les capteurs sont situés sur des crêtes jouxtant un bassin
de reprise étendu, on relève des index de transport jusquà
10 fois, voire 20 fois supérieurs.
Les facteurs induisant ces variations importantes sont les suivants :
Type de transport :
- neige de précipitation ou de reprise,
- saltation ou diffusion,
- densité de flux,
- taille et forme des particules,
- type de choc.
Emplacement du capteur :
- exposition au vent,
- turbulence locale,
- angle dincidence du flux,
- ensevelissement partiel,
- crête ou plans,
- distance à la zone dérosion.
À ce sujet, on note également que, contrairement à
la vision " théorique " du transport par saltation, qui
exprime que sous un régime laminaire, cette couche comprend environ
90 % des flux massiques, et est confinée sur une épaisseur
de lordre de quelques dizaines de centimètres au-dessus du
manteau, la configuration locale du terrain, qui évolue dailleurs
durant tout lhiver, peut très bien par turbulence ou effets
locaux conduire à un étalement du flux sur une hauteur nettement
plus importante (fig.4) .
Ces phénomènes, ou encore le fait de lensevelissement
partiel ou total dun segment de mesure, ou la présence dune
précipitation ventée, peuvent être distingués
avec un peu dexpérience, comme en témoigne lanalyse
suivante des épisodes de la figure 5 (fig
5) .
Pour peu que la donnée soit consultée assez régulièrement,
ce genre danalyse devient automatique. Petit à petit, on
peut rapidement se faire une idée de la situation à lemplacement
du capteur.
On peut éventuellement extrapoler la situation pour dautres
secteurs du site grâce à des indications supplémentaires,
telles quun relevé de la direction du vent ou la connaissance
des régimes de vent caractéristiques du site.
Plus généralement en matière de prévision
locale des avalanches, on réalise tout lintérêt
dun couplage automatique du système avec un outil comme Nivolog
qui permet dutiliser pleinement les données, en prenant en
compte tous les autres facteurs nécessaires à lestimation
du risque.
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