![]()
La
gestion du risque : qui fait quoi ?
Accidentologie
La
cartographie du risque
La
prévision du risque
Le
déclenchement des avalanches
Les
secours
Le
génie paravalanche
Exemples
d'avalanches
Information
et prévention
![]()
Spécialiste
en déclenchement
d'avalanches
Recyclage
CPT
Maître
chien d'avalanche
Servant
d'avalancheur
Pisteur-secouriste
Observation
nivo-météo
Ingénieur
météo
![]() |
||||||||
| Le déclenchement des avalanches de plaque : une combinaison de quatre mécanismes en série (suite et fin) | |
|
par
François LOUCHET, Laboratoire de Glaciologie et de Géophysique de l'Environnement et
Alain DUCLOS, ALÉA Sarl
|
||
| Les pièges de la variabilité | |
Les différents cas possibles de déclenchement dépendent de la variabilité des propriétés de la neige, qui peut intervenir au cours des quatre étapes du processus. Par exemple, d'après le scénario ci-dessus, un épais manteau neigeux peut favoriser l'expansion d'une rupture de la couche fragile. Mais l'amorce de la rupture de la couche fragile par un skieur s'avère impossible si la plaque concernée est trop épaisse. C'est sans doute pourquoi : > des déclenchements accidentels sont plus fréquents en début d'hiver (plaques minces sur couches fragiles) ; Le type d'effondrement que le skieur laisse sur son passage peut varier, par exemple du cas de la figure 3a à celui de la figure 3b, ou pire, de la figure 3c. Ceci sera le cas par exemple s'il passe d'une zone de neige peu cohésive à une neige plus cohésive. Un autre exemple est celui d'une croissance progressive (mode A) de la zone de rupture sous une plaque peu épaisse (figure 3b), qui peut rapidement évoluer en expansion spontanée rapide (mode B) (figure 3c) si la plaque devient plus épaisse dans le voisinage immédiat (figure 7). Ce dernier cas est particulièrement redoutable pour les montagnards expérimentés, qui sont attentifs à la qualité de la neige sous leurs skis, mais peuvent négliger le danger dû à sa variabilité dans le voisinage : une pente qui paraît sûre peut être soudainement balayée par une avalanche de grande ampleur. |
|
![]() |
|
| Figure 3 : (a) la couche fragile peu recouverte de neige ne s’effondre que dans la trace des skis ; (b) la rigidité de la plaque, qui ploie sous les skis, permet un effondrement plus large que la trace des skis ; (c) a partir d’une taille critique, la rupture de la couche fragile se propage rapidement sous le seul effet du poids de la neige. | |
On observe fréquemment que des fissures sommitales s'ouvrent (étape 3) sur un affleurement rocheux, un arbre, une trace de ski ou de surf. Ces hétérogénéités sont des points faibles dans la plaque, qui favorisent l'amorce. Un phénomène similaire peut se produire sur des convexités. Ces points faibles peuvent jouer un double rôle Des skieurs entraînés arrivent parfois à déclencher des avalanches de plaque sans s'y faire prendre. « Couper les pentes » était une technique courante pour les pisteurs avant l'usage généralisé du déclenchement préventif par explosifs. Dans la plupart des cas, il s'agit d'un déclenchement de taille limitée (mode A) : l'effort de traction résultant de l'effondrement de la couche fragile sur une surface restreinte est suffisant dans ce cas pour ouvrir une fissure sommitale juste au dessus. L'avalanche est déclenchée, mais le skieur peut s'échapper s'il est capable de contrôler sa trajectoire. C'est ce qui se passe dans le cas de plaques peu cohésives et peu épaisses. |
|
| > CONCLUSIONS
Si le concept de déséquilibre par surcharge peut s'appliquer à certains cas d'avalanches spontanées, ce n'est pas le cas pour les avalanches accidentelles, car cela supposerait que la plupart des pentes neigeuses sont tellement près du point de rupture qu'il suffirait de la goutte d'eau que constitue le poids du skieur pour tout faire basculer. Malgré la grande variété des phénomènes avalancheux observés, la compréhension de chaque cas particulier peut entrer dans le cadre d'un modèle unique en quatre étapes successives, basé sur des notions de dynamique de la rupture plutôt que d'équilibre statique. Toutes ces étapes doivent se réaliser l'une après l'autre pour permettre le déclenchement. Si une seule d'entre elles manque, l'avalanche ne se déclenche pas. Ce scénario part d'un endommagement local de la couche fragile, suivi ou non de son extension, et qui peut conduire à la rupture sommitale de la plaque. La distinction, essentielle, entre les modes A et B qui en découle permet d'expliquer la grande variété de types et de tailles d'avalanches obtenues dans des conditions apparemment semblables. Est-ce à dire qu'íl ne sert à rien de connaître puisque de toutes façons on ne peut prévoir ? Une avancée notable a été effectuée dans ce domaine par la mise en évidence d'une loi statistique générale régissant les tailles des zones de départ, et sa modélisation théorique par automate cellulaire par MM. Faillettaz, Louchet et Grasso (2004). L'application de ces simulations à des topographies particulières devrait permettre d'affiner les prévisions. En attendant, nous pensons que les concepts développés dans cet article pourront fournir une aide à la prise de décision des professionnels et des usagers de la montagne enneigée, à travers une meilleure compréhension des mécanismes sous jacents. |
|
| > REMERCIEMENTS
Si de futurs développements de cette approche en termes de prévision doivent voir le jour, ils le devront en grande partie à l'approche statistique et aux simulations développées par Jérôme Faillettaz au cours de sa thèse. Il en est sincèrement remercié. Les auteurs sont aussi reconnaissants envers Bruce Jamieson qui leur a permis de reproduire une de ses figures. Ils seront heureux si les lecteurs de cet article acceptaient de partager leurs expériences, de façon à pouvoir tester et affiner leur approche. Bibliographie |
|
| © ANENA | ||