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Dossier : tests de stabilité du manteau neigeux - Test du bloc glissant ou
" Rutschblock "

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Par Jürg Schweizer, IFENA Davos
 
Qui ?
Le test du bloc glissant a été développé dans les années 70 en Suisse, finalisé dans les années 80 par P. Föhn (1987) et popularisé sous la forme du " coin glissant " par le guide de montagne suisse W. Munter, qui l’a délaissé par la suite. Enfin, dans les années 90, il s’est exporté en Amérique du Nord où il a été utilisé intensivement pour des études sur le terrain par B. Jamieson.
test de rutschblock
Comment ?
Il simule une mini avalanche de plaque, provoquée par une charge dynamique appropriée : celle d’un skieur ou d’un surfeur. C’est le test le mieux relié à un déclenchement par un skieur et donc le meilleur test pour trouver des fragilités critiques au sein du manteau neigeux. C’est un vrai test de stabilité puisqu’il intègre à la fois la résistance et l’épaisseur de la couche fragile, les propriétés de la couche dure de la plaque ainsi que les caractéristiques de la surcharge. La grande taille de l’échantillon, comparée aux autres tests de stabilité, confère une plus grande fiabilité au test du bloc glissant. Une condition nécessaire au déclenchement d’une plaque est que la fracture initiale dépasse une certaine taille critique. Il est admis que la surface testée de 3 m2 est supérieure à cette taille critique. Dès lors, les caractéristiques de la cassure sont probablement indicatives. Le test du bloc glissant est quantitatif et relativement simple à interpréter. Cependant, c’est le test de stabilité le plus long à réaliser, mais seulement 10 à 15 minutes de plus à la suite d’un profil stratigraphique du manteau neigeux, ce qui est de toute façon fortement recommandé.

Procédure :
Comme pour n’importe quel test de stabilité, le choix du site est crucial. Il vaut mieux le faire dans des zones potentielles de départ d’avalanche, mais il peut être fait sur des pentes plus sûres, moins raides, aussi faibles que 25°. Cependant, dans ce cas, pendant le chargement, le mur bien lissé devra être observé attentivement pour détecter des cassures puisque le bloc ne glissera probablement pas.
Dans la pente, l’emplacement idéal se situe là où la répartition de la neige semble être relativement uniforme et d’épaisseur plutôt en dessous de la moyenne. Ainsi, le site devra être éloigné d’une crête où le vent perturbe généralement le dépôt de la neige.
Comme le test est meilleur s’il est réalisé dans des zones de départ d’avalanche, il est évident que les observateurs doivent avoir une bonne expérience de l’estimation du risque d’avalanche et de la sécurité des déplacements en montagne.
Des mesures classiques de sécurité ainsi que des mesures préventives supplémentaires sont indispensables à prendre.
Après avoir fait un profil stratigraphique de la neige, un bloc de 2 m x 1,5 m est isolé du reste du manteau neigeux puis chargé de plus en plus en 6 étapes.
Interprétation :
Le bloc glissant est assez simple à interpréter. En général, des scores de 1 à 3 sont associés à des conditions instables, 4 et 5 suggèrent une stabilité modérée du manteau neigeux et des scores de 6 ou 7 indiquent des conditions plutôt stables.
Les scores doivent être interprétés en tant qu’estimations, c’est-à-dire en tenant compte d’un écart possible de ± 1. Des fausses prévisions se produisent parfois. Certaines sont sans conséquence, mais d’autres peuvent être fatales, c’est le cas où les conditions instables prédominent en dépit d’un score élevé du bloc glissant (6 ou 7).
Des études ont montré que le test surestime la stabilité de la neige dans environ 10 % des cas.
Les résultats du test du bloc glissant sont facilement communicables, mais comme souligné plus haut, ils doivent être accompagnés d’un profil stratigraphique de la neige. C’est le seul moyen pour tenir compte du type et de la profondeur de la couche fragile, des propriétés de la plaque etc., éléments essentiels pour une évaluation d’ensemble et pour l’extrapolation de la stabilité.
Pour une interprétation plus approfondie d’un profil avec un test du bloc glissant, il existe un système d’évaluation à 5 niveaux de stabilité qui rattache l’information du manteau neigeux, dont le score du test, à une classe de stabilité. Cela donne une mesure plus formelle de la stabilité locale de la pente mais une fois encore, nécessite d’être complétée par d’autres mesures et observations pour estimer le risque d’avalanche.

limites :
Le test a des inconvénients et bien sûr des limites qui doivent être connus. Certains inconvénients ont déjà été évoqués : assez long à réaliser, non fiable à 100 % et une (faible) possibilité de fausses prévisions.
De plus, les étapes de chargement étant très bien quantifiées, l’utilisateur a tendance à privilégier l’aspect quantitatif du résultat, le score.
D’autres limites à prendre en compte pour l’interprétation sont données ci-dessous.
• L’effet de la pente sur le résultat du test est faible. Le score augmente environ de 1 pour 10° de moins de pente.
• C’est le test pour lequel le mode de chargement est le mieux défini. Ceci limite la dépendance à l’observateur, si toutefois la personne qui charge le bloc a un poids standard, de l’ordre de 80 kg équipement compris.
• Il est recommandé de ne l’utiliser qu’en conditions de neige sèche. L’interprétation devient en effet difficile et moins fiable pour des conditions de neige humide et surtout pour de la neige mouillée.
• Le test du bloc glissant ne peut pas être appliqué avec fiabilité pour tester la stabilité de la neige fraîche sauf si la pénétration des skis lors de la cassure se situe au moins 10 cm au-dessus de la couche fragile.
• Dans le cas de couches fragiles profondément enfouies sous des couches de neige bien consolidées, le score du test sous-estime généralement la stabilité puisque les forces latérales deviennent importantes et ne sont pas prises en compte par le test.
• Enfin, comme pour les autres tests de stabilité, il faut noter que c’est seulement une mesure ponctuelle. L’évaluation de la stabilité ne doit pas se résumer seulement au résultat d’un test, mais doit intégrer toutes sortes d’observations du terrain comme par exemple, l’épaisseur de neige fraîche, le transport de la neige par le vent, la température, l’activité avalancheuse, les " whoumpf ".
Mode de chargement du bloc glissant

Score Niveau de chargement qui déclenche la cassure
1 Lors de la découpe du bloc
2 En montant délicatement sur le bloc ou en étant debout sur le bloc, à skis
3 En poussant vers le bas par une flexion
4 Lors du premier saut à skis (surf) depuis le haut
5 Lors du second ou troisième saut depuis le haut avec skis (surf)
6 lors d'un saut depuis le haut sans skis (ni surf)
7 Le bloc ne bouge pas

Sommaire
Test du bâton
Tests des skis
Test en compression
Stuffblock

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