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Les
différents tests ont ceci d'attractif qu'ils donnent apparemment
à la question simple mais essentielle "stable ou pas stable
? " une réponse simple, " oui " ou " non ".
En réalité, un test, quel qu'il soit, peut fournir, dans
certains cas, des informations utiles sur le manteau neigeux, mais ne
peut ni indiquer si une pente est stable, ni en corollaire, permettre
à lui seul la prise de décision de s'engager dans cette
pente.
On peut espérer aujourd'hui que tout pratiquant d'une activité
hivernale en montagne le sait.
La question " stable ou pas stable " est simple, certes, mais
là s'arrête la simplicité. En fait, un obstacle majeur
s'oppose à ce qu'un test donne une réponse directement utilisable
:
La constitution du manteau neigeux hivernal varie de façon
considérable et rapide (en quelques mètres) d'un point à
un autre. Tout le monde le sait, mais l'épaisseur, notamment, varie
dans des proportions que peu de personnes soupçonnent, même
quand il n'y a pas de signe apparent en surface. L'importance du phénomène
a bien été mise en évidence entre autres par Alain
Duclos lors des trois années d'observations qu'il a effectuées
à Valfréjus.
La conséquence, c'est que la stabilité varie elle aussi
d'un point à un autre, et qu'il existe des zones très localisées
particulièrement instables, susceptibles de propager un déclenchement
dans les zones plus stables qui les entourent immédiatement. Le
phénomène a été très bien observé
par Werner Munter, qui peut-être pour cette raison, a cessé
de préconiser le test du coin glissant, dont il était le
plus chaud promoteur. D'ailleurs, le plus souvent, alors que toutes les
conditions sont réunies pour que " ça parte ",
et bien
" ça ne part pas ", et que personne ne sait pourquoi
!
Ce phénomène est évident pour tous ceux qui connaissent
bien la montagne hivernale, et il est particulièrement frappant
de relever le décalage entre le nombre de situations défavorables,
le nombre de milliers de virages effectués dans ces circonstances,
et le peu d'accidents.
Ces skieurs qui ne déclenchent rien, alors qu'on pourrait s'attendre
au pire, ont peut-être eu la chance de passer juste au bon endroit,
le plus stable, et non cinq mètres plus loin, où le manteau
neigeux n'aurait pas résisté.
De même, il semblerait qu'en situation délicate, selon l'endroit
où l'on fait le test, le résultat peut être aussi
bien positif que négatif. Et les tests, quels qu'ils soient, ne
permettent pas la prise de décision pour la simple raison que personne
ne peut dire où il convient de les pratiquer pour qu'ils soient
pertinents.
Par contre, et c'est là leur principal intérêt semble-t-il,
certains d'entre eux peuvent constituer un exercice pédagogique
intéressant, qui présente en outre l'avantage de donner
des informations (ou de confirmer les informations que l'on possède
déjà) sur le manteau neigeux. Le test du coin glissant,
qui permet de plus d'étudier une coupe du manteau, est assurément
le plus intéressant de tous.
En conclusion : les tests ne permettent pas la prise de décision
face à une pente. Le test du coin glissant permet d'apprécier
ou de vérifier la constitution et la stabilité du manteau
neigeux en un point précis, qui n'est jamais représentatif
de la totalité de la pente. Il peut être un bon outil pédagogique.
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