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Dossier :
tests de stabilité du manteau neigeux -
Description des différents tests

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Par Cécile Coléou, Météo-France/CEN

 

Description des différents tests

Lorsque la visibilité est bonne, l’observation du manteau neigeux peut commencer bien avant d’être sur la pente donnée. Des signes d’activité avalancheuse récente, les principales zones d’accumulation, de neige fraîche ou de neige transportée par le vent peuvent être observés de loin. L’observation doit se poursuivre le long de l’itinéraire, en remarquant des détails comme l’épaisseur de neige fraîche et sa régularité, la présence de corniches, des traces d’avalanches, les effets du vent sur la surface de la neige, pour n’en citer que quelques-uns. À l’approche d’une pente suspecte, garder en mémoire que le plus sûr chemin est de l’éviter, et si cela n’est pas possible, l’observation de la neige en profondeur pourra alors apporter des compléments d’information.

Comment choisir le meilleur endroit pour faire ces observations ?

Ce choix est crucial pour interpréter et éventuellement extrapoler correctement les résultats. Il nécessite une bonne expérience de l’observateur, en particulier si pour des raisons de sécurité, il n’est pas possible de faire les tests dans la pente principale. Il faut alors choisir une pente plus courte, moins exposée, plus sûre, mais d’orientation et d’altitude similaires, tenir compte aussi de la topographie d’ensemble : pente, proximité de la crête.

Que cherche-t-on à mettre en évidence ?

Les accidents par avalanche concernent le plus souvent des avalanches de plaque.
Pour qu’une avalanche de plaque se déclenche, le manteau neigeux doit être constitué d’au moins une couche fragile enfouie qui cassera localement au passage du skieur, provoquant une fracture initiale et d’une couche plus dure au-dessus qui permettra à un pan entier de neige de se décrocher.
C’est donc ce type d’empilement de couches de neige que l’on va essayer de détecter.
La difficulté provient du caractère relatif des notions de dureté et de fragilité. Il n’est pas nécessaire que la couche supérieure soit très dure pour se décrocher en bloc, une neige d’aspect encore poudreux peut avoir pris une cohésion suffisante pour produire une avalanche de plaque (appelée alors friable). Par ailleurs, la couche fragile peut être d’épaisseur très faible, parfois moins d’un centimètre et donc difficile à détecter. Une aide possible pour rechercher ces couches fragiles est alors d’effectuer un des tests de stabilité décrits ci-après.

Il est nécessaire de creuser un trou, pas nécessairement jusqu’au sol mais jusqu’à la première couche suffisamment épaisse de neige très dure ou regelée. On considère alors que les couches plus profondes sont bien stabilisées. Dans le mur de neige dégagé, on peut réaliser un profil stratigraphique qui consiste à décrire minutieusement chaque couche de neige mais le temps que cela demande ainsi que les compétences nécessaires font souvent négliger cette étape. Toutefois, on peut en profiter pour " toucher la neige ", tester à la main les différences de dureté entre les couches. Cela permet de repérer si des couches tendres sont enfouies sous des couches plus dures et tout simplement d’acquérir une expérience personnelle des différentes qualités de neige.

Pour les tests de la pelle, le principe est d’isoler les côtés d’un bloc de neige du reste du manteau neigeux puis de le charger progressivement jusqu’à ce qu’il glisse ou se casse. Pour plus de facilité, il est recommandé de réaliser les tests sur des pentes d’au moins 30°. On peut profiter du mur de neige dégagé pour isoler une colonne de neige en creusant deux tranchées latéralement puis en découpant la partie amont. Les dimensions : 30 x 30 cm sur une hauteur maximale de 120 cm. La découpe du bloc peut se faire à l’aide d’une pelle ou des skis mais l’utilisation d’une scie à neige facilite grandement cette opération. Si la partie supérieure du bloc se met à glisser spontanément, c’est que la liaison entre ses couches est vraiment très mauvaise, quel que soit le test, on notera la rupture comme
" très facile ". Il est important d’observer attentivement tout signe de rupture, en effet, le bloc peut parfois s’effondrer sur lui même et rester en place, cela arrive notamment si la pente est un peu faible. Si aucune cassure ne s’est produite, on va alors chercher à déclencher ce bloc de neige par une des méthodes suivantes :

Méthode norvégienne ou test de Faarlund,
Test en compression,
Stuffblock.

Quelle information retenir ?

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