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La
principale évolution que l'on peut observer dans le domaine de
l'évaluation du risque d'avalanche depuis quelques années
est l'acceptation, par une part toujours plus importante des milieux concernés,
de la nécessité de prendre en compte simultanément
les résultats de plusieurs tests de stabilité et une multitude
d'autres observations sur la situation nivologique et météorologique
passée et présente.
Plusieurs systèmes ont ainsi été développés
pour permettre à l'utilisateur une approche globale de l'appréciation
du risque. En Suisse, de loin le plus connu et reconnu est celui proposé
principalement par Werner Munter et baptisé " Méthode
3x3 ".
Celle-ci représente en fait une liste systématique et pour
ainsi dire exhaustive, des éléments à évaluer
lors de l'évolution en terrain libre, en distinguant trois situations
progressives d'appréciation depuis la maison, une fois arrivé
dans la région de la course et enfin aux abords de la pente
et trois domaines d'investigation à savoir les conditions nivométéorologiques,
le terrain ainsi que le facteur humain.
Les tests de stabilité intègrent donc certaines des étapes
de la Méthode 3x3 et ne fournissent finalement que des informations
partielles de l'évaluation globale, nécessaire pour se faire
une idée acceptable du risque d'avalanche.
Il est en effet particulièrement dangereux de limiter son appréciation
à un nombre restreint d'observations ou de tests et c'est pourquoi
les différentes tentatives d'élaboration de méthodes
générales trop simplificatrices ne rencontrent finalement
que peu de succès dans notre pays (méthode de réduction,
NivoTest, etc.).
L'utilisation de la Méthode 3x3 suppose donc, entre autres, la
connaissance des principaux tests de stabilité habituellement pratiqués
dans le manteau neigeux : méthode norvégienne, bloc et coin
glissants, et test de compression.
On sait aujourd'hui qu'aucun de ces tests n'est véritablement fiable
en raison de la grande disparité de la constitution du manteau
neigeux. On peut toutefois observer certaines tendances dans les résultats
obtenus, qui devraient répondre à une répartition
statistique normale. Mais cela ne simplifie en aucun cas l'évaluation
du fait que l'on ne connaît jamais la direction et la grandeur de
l'erreur induite. Bien qu'une bonne expérience de leur pratique
permette une appréciation plus précise, ces tests ne fournissent
par ailleurs des indications que pour une zone finalement très
limitée.
Mais cela ne veut pas pour autant dire qu'ils ne valent rien et qu'il
conviendrait de les abandonner. À défaut d'indicateurs plus
précis, ils restent nécessaires à la construction
de la décision qui doit finalement aboutir au choix entre les deux
alternatives " J'y vais " " Je n'y vais pas ".
Certains tests, de par le temps ou le matériel qu'ils nécessitent
pour leur réalisation, ne peuvent que difficilement être
mis en uvre par le simple skieur de randonnée ou même
le guide de montagne expérimenté. Ceux-ci pratiqueront de
préférence la méthode norvégienne (de plus
en plus répandue), ou le test de compression.
Le bloc et le coin glissants sont toutefois utiles dans le cadre de l'appréciation
d'un espace plus vaste tel qu'une vallée, un massif, une région.
Le bloc et le coin glissants apportent davantage de précisions
et peuvent faire l'objet d'agrégation et de comparaison puisqu'ils
sont normalisés et aboutissent à une valeur provenant d'une
échelle standardisée.
Accompagnés du profil stratigraphique manuel ou de battage et des
diverses données nivo-météo, ils sont donc davantage
intéressants lors de l'évaluation d'espaces importants et
notamment pour l'établissement des bulletins d'avalanches régionaux
ou nationaux.
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