-- Partie d’un tout qu’est l'appréciation du risque d'avalanche :
par Olivier Brüggimann, Club Alpin Suisse
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La principale évolution que l'on peut observer dans le domaine de l'évaluation du risque d'avalanche depuis quelques années est l'acceptation, par une part toujours plus importante des milieux concernés, de la nécessité de prendre en compte simultanément les résultats de plusieurs tests de stabilité et une multitude d'autres observations sur la situation nivologique et météorologique passée et présente.
Plusieurs systèmes ont ainsi été développés pour permettre à l'utilisateur une approche globale de l'appréciation du risque. En Suisse, de loin le plus connu et reconnu est celui proposé principalement par Werner Munter et baptisé " Méthode 3x3 ".
Celle-ci représente en fait une liste systématique et pour ainsi dire exhaustive, des éléments à évaluer lors de l'évolution en terrain libre, en distinguant trois situations progressives d'appréciation – depuis la maison, une fois arrivé dans la région de la course et enfin aux abords de la pente – et trois domaines d'investigation à savoir les conditions nivométéorologiques, le terrain ainsi que le facteur humain.

Les tests de stabilité intègrent donc certaines des étapes de la Méthode 3x3 et ne fournissent finalement que des informations partielles de l'évaluation globale, nécessaire pour se faire une idée acceptable du risque d'avalanche.
Il est en effet particulièrement dangereux de limiter son appréciation à un nombre restreint d'observations ou de tests et c'est pourquoi les différentes tentatives d'élaboration de méthodes générales trop simplificatrices ne rencontrent finalement que peu de succès dans notre pays (méthode de réduction, NivoTest, etc.).

L'utilisation de la Méthode 3x3 suppose donc, entre autres, la connaissance des principaux tests de stabilité habituellement pratiqués dans le manteau neigeux : méthode norvégienne, bloc et coin glissants, et test de compression.
On sait aujourd'hui qu'aucun de ces tests n'est véritablement fiable en raison de la grande disparité de la constitution du manteau neigeux. On peut toutefois observer certaines tendances dans les résultats obtenus, qui devraient répondre à une répartition statistique normale. Mais cela ne simplifie en aucun cas l'évaluation du fait que l'on ne connaît jamais la direction et la grandeur de l'erreur induite. Bien qu'une bonne expérience de leur pratique permette une appréciation plus précise, ces tests ne fournissent par ailleurs des indications que pour une zone finalement très limitée.

Mais cela ne veut pas pour autant dire qu'ils ne valent rien et qu'il conviendrait de les abandonner. À défaut d'indicateurs plus précis, ils restent nécessaires à la construction de la décision qui doit finalement aboutir au choix entre les deux alternatives " J'y vais " " Je n'y vais pas ".
Certains tests, de par le temps ou le matériel qu'ils nécessitent pour leur réalisation, ne peuvent que difficilement être mis en œuvre par le simple skieur de randonnée ou même le guide de montagne expérimenté. Ceux-ci pratiqueront de préférence la méthode norvégienne (de plus en plus répandue), ou le test de compression.
Le bloc et le coin glissants sont toutefois utiles dans le cadre de l'appréciation d'un espace plus vaste tel qu'une vallée, un massif, une région. Le bloc et le coin glissants apportent davantage de précisions et peuvent faire l'objet d'agrégation et de comparaison puisqu'ils sont normalisés et aboutissent à une valeur provenant d'une échelle standardisée.

Accompagnés du profil stratigraphique manuel ou de battage et des diverses données nivo-météo, ils sont donc davantage intéressants lors de l'évaluation d'espaces importants et notamment pour l'établissement des bulletins d'avalanches régionaux ou nationaux.

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