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Les
actions de formation en nivologie menées au Club alpin français
mettent de plus en plus laccent sur le côté pratique,
au détriment dune nivologie théorique dont lintérêt
nest pas toujours perçu par les pratiquants.
En particulier, on insiste beaucoup sur ces questions-clés : quest-ce
que jai sous mes skis (ou mes raquettes) ? Est-ce stable ou pas
?
Pour aider les pratiquants à y répondre, on met l'accent
sur deux séries de techniques.
Dans le cadre de stages de sensibilisation, on utilise le classique
profil stratigraphique qui est un prétexte pour revenir de façon
concrète sur les métamorphoses de la neige.
Si les conditions sont " intéressantes ", cest-à-dire
sil existe une mauvaise liaison entre couches, on le complète
par un coin de glissement.
Cet exercice permet de concrétiser des notions souvent abstraites
comme strates fragiles ou plan de glissement, tout en insistant sur limportance
du comportement (skier léger ou faire un virage sauté peut
ne pas avoir le même effet sur un manteau instable). Mais on souligne
bien les limites de lart : un profil est représentatif dune
situation donnée à un endroit donné, pas dun
versant ni a fortiori dun massif.
Cest loccasion dinsister sur lhétérogénéité
du manteau neigeux (verticalement et dans lespace). Pour nous, le
coin de glissement nest quun outil (précieux) de sensibilisation
mais on insiste bien sur le fait que, en aucun cas, il ne peut être
utilisé comme moyen de décision.
Ni un test objectif ni une formule mathématique ne répondront
jamais à la question de base " y aller ou pas ? ".
Reconnaissons que ces exercices restent lourds et qu'ils demandent du
temps. En outre, ils sont rarement réalisés en totalité
(pour la partie bloc notamment, la plus parlante) faute de conditions
propices.
On ne s'attarde guère sur des techniques comme les divers
tests avec une pelle, sauf pour mémoire et pour en montrer les
limites. Le petit bloc de neige que l'on pose sur une pelle en agitant
doucement celle-ci pour voir s'il s'effrite ou s'il offre une certaine
résistance peut donner des indications intéressantes sur
la cohésion de la neige et un éventuel risque de plaque
friable mais l'interprétation n'est pas toujours évidente.
En revanche, on insiste sur une autre façon plus simple et naturelle
dapprocher la stabilité du manteau neigeux. Elle est basée
sur lobservation et, notamment, le toucher de la neige à
laide des skis et des bâtons. Convenablement utilisés,
ceux-ci permettent de se faire une idée de l'état de surface
et de la structure des différentes couches (même sils
ne répondent pas à la question de la qualité de liaison
entre ces couches). Ils peuvent aussi fournir des indications sur les
variations dépaisseur du manteau. Ceci peut sembler une évidence.
À lexpérience, les choses ne sont pas aussi simples.
Le bâton est souvent considéré comme une simple aide
technique et sa fonction de " capteur " est rarement perçue.
Plus largement, la notion même dobservation nest pas
toujours ancrée dans les mentalités. On peut regarder, entendre,
sentir la neige par le toucher, sans pour autant être sensible aux
informations recueillies, sans les mettre en relation et sans pouvoir
en déduire un diagnostic.
Plus que de mettre l'accent sur des tests spécifiques de stabilité,
c'est une telle approche globale de la montagne enneigée que nous
essayons de développer.
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