ANENA
l'ANENA Tout savoir Jurisque avalanche Métiers et formation
infos
--
-- Conseils pratiques : neige et sécurité
--
--
Tout savoir ou presque…
-- Que faire en cas d'accident ?
  Chaque situation d’accident d’avalanche est un cas particulier. Il serait donc tout à fait illusoire de vouloir décrire l’ensemble des comportements à adopter. De plus, face à une telle situation, vos réactions sont imprévisibles : instinct de survie ou paralysie. Difficile voire impossible de dire à l'avance comment l'on réagira. D'autant plus que tout va très vite et que la force de l'avalanche est souvent supérieure aux votres.
Toutefois, l’analyse de situations types permet de créer un canevas que vous pourrez adapter aux circonstances réelles.

En clair, nous ne vous proposons pas d’appliquer des recettes, mais d’apprendre à en confectionner : lorsque l’accident survient, il est bien souvent trop tard pour réfléchir. Seuls les réflexes peuvent vous aider. Il faut penser à agir vite et surtout garder la tête froide. C’est pourquoi il est bon d’avoir déjà réfléchi à ces situations, que l’on aimerait bien ne jamais rencontrer. En effet, malgré toutes les précautions prises (qui minimiseront les conséquences d’un accident), il subsiste toujours un risque résiduel.
 
--
--


 
-- Vous êtes témoin d'un accident d'avalanche
 

1.1 Que faire pendant l’avalanche ? Observer :

- Que vous êtes à l’abri (de cette avalanche ou d’une autre), sinon mettez-vous en lieu sûr ;
- Le point de disparition de la (des) victime(s) de l’avalanche et la trajectoire imaginaire qu’elles suivent, car elles peuvent réapparaître : suivez des yeux les victimes pour repérer les endroits où elles disparaissent et surtout le dernier (on fera les recherches à l’aval de ce point).

1.2 Que faire quand l’avalanche s’arrête ? Organiser les secours :

L ’approche de l’avalanche se fait, si on arrive par l’amont, par le haut (éviter de faire partir une deuxième avalanche à l'amont ou sur les bords de la première), ce qui permet également de récupérer les objets perdus par les victimes et d’en noter l’emplacement. Déplacement à pied ou à skis en fonction de la qualité de la neige.

Vous êtes seul :

• marquez l’ (les) endroit(s) où la (les) victime(s) a (ont) été vue(s) pour la dernière fois (=dernier point de disparition de la victime) ;
Si vous avez une radio ou un téléphone (n° 112), alerter les secours ;
• cherchez “frénétiquement” pendant 15 minutes :
    * en aval du dernier point de disparition de la victime ;
    * dans les zones préférentielles (replats, creux, amont des rochers, des arbres, bordures)
  - avec votre ARVA ;
  - avec vos yeux pour découvrir des indices de surface (ski, bâton, gant, chaussure, sac à dos, etc.) ;
  - éventuellement avec vos oreilles pour entendre des cris, des coups de sifflets, etc. ;
  - avec une sonde de fortune (sondes, bâtons-sondes, bâtons, skis, etc.) ;
• marquez les endroits où vous découvrez des objets perdus par les victimes et sondez-les ;
• après 10 à 15 minutes de recherches infructueuses, partez chercher les secours si vous n'avez pu les alerter avant.

Vous êtes plusieurs :

• nommez un "chef d’opération" qui coordonnera les recherches, mais si possible n’y participera pas. Il s’agit du plus expérimenté ou du plus calme ;
• mettez en place un guetteur pour avertir dans le cas où une deuxième avalanche se produirait ;
• évaluez l’ampleur de l’avalanche et le nombre précis de victimes ensevelies ;

Si vous êtes assez nombreux, envoyer 1 (ou mieux 2) personne(s) donner l’alerte (ou la donner directement si vous avez une radio ou un téléphone). Sinon cherchez vivement pendant 15 minutes puis, sans résultat, alertez, après avoir balisé le terrain (pour que les secours puissent le reconnaître) et surtout le dernier point de disparition de la (des) victime(s) ;

• marquez le(s) endroit(s) où la(es) victime(s) a (ont) été vue(s) pour la dernière fois (= dernier point de disparition) ;
• faites un dépôt de votre matériel pour qu’il n’y ait pas de confusion avec les objets perdus par les victimes ;

commencez les recherches :

  * en aval du dernier point de disparition de la victime ;
  * dans les zones préférentielles (replats, creux, amont des rochers, des arbres, bordures) ;

   - avec votre ARVA ;
   - avec vos yeux pour découvrir des indices de surface (ski, bâton, gant, chaussure, sac à dos, etc.) ;
   - éventuellement avec vos oreilles pour entendre des cris, des coups de sifflets, etc. ;
   - avec une sonde de fortune (sondes, bâtons-sondes, bâtons, skis, etc.) ;

• marquez les endroits où vous découvrez des objets perdus par les victimes et sondez-les.

-- Vous êtes pris dans une avalanche
 

2.1 Que faire pendant l’avalanche ?

* l’avalanche part en amont de votre position.

Il faut tenter de s’échapper latéralement, pour éviter d’être rattrapé (et ne pas essayer de prendre de vitesse l’avalanche, en skiant droit dans la pente, l’avalanche vous rattrapera quasi-inévitablement).
Si nécessaire, prendre un peu de vitesse en plongeant droit dans la pente, skis écartés, puis rejoindre le plus vite possible un des bords de la zone d’écoulement de l’avalanche (zone protégée = zone à l’abri, neige stable).
Cette fuite latérale réclame sang-froid et grande maîtrise de l’équilibre à skis.
Elle nécessite une certaine distance entre l’avalanche et vous-même pour que vous ayez le temps de fuir.

Le résultat n’est donc pas garanti, d’autant qu’il est très difficile d’estimer les dimensions de l’avalanche en quelques fractions de secondes, mais mieux vaut tenter quelque chose que d’attendre en ne faisant rien.

* l’avalanche part sous vos skis.

• gardez votre sang froid
• tentez de fuir latéralement. Cela pose les mêmes problèmes que précédemment, à ceci près, qu’en plus, vous skiez sur une neige en mouvement et que la chute est d’autant plus probable. Si tel est le cas, on a vite fait d’entrer dans l’avalanche plutôt que d’en sortir !
• évitez l’ensevelissement :
• essayez d’enlever les lanières des skis (ou du snowboard) et les dragonnes des bâtons de ski (si ce n’est déjà fait !) ;
• essayez de vous débarrasser de vos skis (ou du snowboard) ;
• votre sac à dos : s’il est lourd, essayez de l’enlever (il gène la mobilité, vous alourdit, donc vous enfonce) ; s’il est léger : gardez-le (il vous protègera contre les chocs puis contre le froid) ;
• restez en surface en :
   - vous allongeant et prenant appui sur la neige ou des blocs portants ;
   - nageant (faire de grands mouvements) dans la neige non portante ;
   - protégez vos voies respiratoires (ne pas avaler ou respirer de la neige)
   - fermez la bouche (ne pas crier) ;
   - protégez votre nez et votre bouche avec vos mains, vos bras, le col de la fourrure polaire, de la veste...

• essayez de vous cramponner à tout obstacle pour éviter d’être entraîné.

2.2 Que faire quand l’avalanche s’arrête ?


• détente du corps : créer un espace autour de soi ;
• se faire une poche d’air devant le visage avec les mains et les bras (les replier devant le visage) ;
• si possible (mais c’est contradictoire avec le point précédent), essayez de tendre un bras ou un bâton de ski vers la surface pour qu’il dépasse de la neige (votre localisation par vos compagnons sera visuellement très rapide) ;
• garder son calme et le moral (minimise la consommation d’O2), être confiant dans les secours (même si vous êtes seul : on vous a peut-être vu) ;
• si possible, creuser vers le haut pour se dégager (pour repérer le haut, si la lumière ne traverse pas la couche de neige qui vous recouvre, on peut saliver ou uriner, mais ce dernier cas augmentera les déperditions de chaleur à cause des vêtements mouillés) ;
• si on ne peut pas bouger (la neige compacte forme un véritable étau), ne pas s’endormir.

Avant de partir
Pendant la sortie
----
aide-- hautaccueilretour © ANENA