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| Les B.R.A. et le hors-piste | |
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par
Gilles Brunot, Météo-France Chamonix
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| Article paru dans la revue " Neige et Avalanches " N° 110 - juin 2005 | |
| Pendant la saison dhiver,
Météo-France diffuse quotidiennement des BRA 1
(Bulletins destimation du Risque dAvalanche) qui prévoient
pour le lendemain les conditions avalancheuses sur les massifs montagneux
des Alpes, des Pyrénées et de la Corse. Cette estimation est présentée sous deux formes : |
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| Les BRA ne sont valables quen dehors des
pistes balisées et ouvertes, donc essentiellement dans le domaine
de randonnée, dalpinisme et le domaine hors-piste. Bien que
la plupart des stations de ski utilisent lindice de risque annoncé
dans les BRA pour leur domaine hors-piste, il nest pas rare que celui-ci
soit jugé surestimé par les professionnels de la montagne
et les pratiquants. Le risque " hors-piste " est-il moins élevé que dans le domaine de randonnée ? Les BRA couvrent-ils réellement le domaine hors-piste ? Nous allons tenter de répondre à ces questions à laide de considérations théoriques basées sur une solide pratique, en étudiant les différents types de départs davalanches et leurs variantes, quelles soient déclenchées accidentellement par le passage dune personne ou quelles aient un départ spontané. Définissons tout dabord la limite entre ski hors-piste et de randonnée. Habituellement, le domaine hors-piste est défini comme lespace pouvant être parcouru par les skieurs par gravité depuis le sommet des remontées mécaniques des stations de ski, en dehors des pistes ouvertes et ramenant au départ dune remontée mécanique. Pour mieux coller aux habitudes du grand public, on peut lélargir aux pentes accessibles après une très légère montée (quelques mètres) sur une courte distance (inférieure à 50 m). Le domaine de randonnée est constitué du domaine beaucoup plus vaste regroupant toutes les autres pentes. Observation préliminaire : dans les secteurs hors-pistes extrêmement fréquentés, la neige devient damée par les skieurs à tel point quelle en devient identique à celle des pistes. Or on sait par expérience quun départ davalanche sur une piste damée est rarissime. |
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On peut classer la plupart des plaques en trois catégories en fonction du mode de formation de la couche fragile : la couche fragile et la plaque se forment à cause des variations de la température et/ou de la vitesse ou de la direction du vent. La neige fraîche est fragile si elle est peu ventée et froide, elle est plus ou moins compactée et frittée si elle est ventée et/ou proche de 0°C. Dans ce cas, la fréquentation des skieurs hors-piste ou de randonnée a peu ou pas dinfluence car la formation est rapide, une plaque pouvant alors se former entre le passage de plusieurs skieurs, notamment en cas de précipitations nocturnes. Le risque est donc le même, quelle qu'ait été la fréquentation avant les chutes de neige. Si le créneau entre le dépôt de la neige très légère et la neige plus compacte est suffisamment long et situé en pleine journée, un très grand nombre de passage de skieurs va détruire la couche fragile en tassant la neige fraîche. À ces endroits, la deuxième chute de neige est alors stable sil ny a pas formation de plaque pendant la nouvelle chute (cas précédent). Le risque peut donc être plus faible dans les zones très fréquentées si le créneau entre les deux chutes de neige est favorable. |
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| Conclusions | |
| Les pentes très skiées sont donc moins dangereuses
que les pentes peu skiées dans de nombreux cas mais pas toujours.
Bien que certaines randonnées à ski soient plus fréquentées
que des hors-pistes délaissés, cest bien le domaine
hors-piste de loin le plus skié. On en déduit que souvent,
le risque davalanche est plus élevé dans le domaine
de randonnée que dans le domaine hors-piste. Cette affirmation est dautant plus vraie dans les secteurs hors-pistes où sont effectués des déclenchements artificiels davalanches. Ces réflexions sont confirmées par les nombres relatifs daccidents 2 entre 1989-90 et 2001-02 : malgré une fréquentation bien moindre, le domaine de randonnée regroupe 38 % des personnes décédés par avalanche alors quen hors-piste, on en dénombre 36 %. Les BRA couvrant des massifs montagneux ou départements dans leur ensemble, ils décrivent en très grande partie des secteurs quasi vierges. Ni lindice de risque du BRA, ni sa rubrique " Stabilité du manteau neigeux " ne sont donc représentatifs des hors-pistes très fréquentés, sauf dans certaines situations nivologiques. Quant aux pentes moyennement skiées, des études sont nécessaires afin de déterminer si le " trafolage " a un réel effet sur le risque davalanche. Note 1 " Comment fait-on un BRA ? ", Neige et Avalanches n° 87, septembre 1999. 2 Ni lindice de risque du BRA, ni sa rubrique " Stabilité du manteau neigeux " ne sont donc représentatifs des hors-pistes très fréquentés, sauf dans certaines situations nivologiques |
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| © ANENA | ||