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Conditions
météorologiques
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• Attention
aux chutes de neige récentes !
• Comment la température influence-t-elle le risque d'avalanche ?
• Attention le vent a soufflé ! |
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| Attention
aux chutes de neige récentes ! |
Il existe trois types de conditions météorologiques qui
aggravent particulièrement le risque davalanche : les chutes
de neige, le vent et les hausses de températures. Nous allons nous
arrêter ici sur linfluence de nouvelles chutes de neige car,
à partir de 25 cm de neige fraîchement tombée, le
risque davalanche augmente.
La neige récente met en effet un certain temps pour se tasser,
se stabiliser, et se lier à la couche qui est en dessous. De plus,
la neige fraîche est relativement fragile. Elle reste donc susceptible
de faire lobjet dune avalanche dans les jours qui suivent
sa chute.
Des avalanches se produisent donc particulièrement dans les jours
qui suivent les chutes de neige. Elles peuvent partir spontanément,
ou sous la surcharge dune ou plusieurs personnes.
Confirmant ainsi ce que tout montagnard a observé, une étude
(Duclos, 1998) en particulier a ainsi mis en évidence limportance
tant qualitative que quantitative de la neige "nouvelle" (récemment
tombée) dans les plaques de neige qui sont déclenchées
au passage de skieurs, surfeurs ou randonneurs à raquettes. Dans
cette étude, sur vingt-deux avalanches de plaque déclenchées
au passage dune personne au cours de deux hivers dobservations
minutieuses et systématiques, la neige récente représentait
67 % du volume total de neige mise en mouvement : une chute de neige avait
donc eu lieu peu de temps avant. Cest pour cette raison que le déclenchement
artificiel des avalanches (à laide dexplosifs) est
effectué dans les stations de sports dhiver, de façon
préventive, après chaque chute de neige.
Linstabilité de cette neige récente dure en général
quelques jours, mais peut perdurer plus dune semaine, principalement
en décembre et janvier (quand il fait froid !). Il semble en effet
que plus la saison avance, plus la durée de stabilisation diminue.
Même si vous ressentez cette neige fraîche comme une invitation
à sortir des pistes damées, vous devez vous en méfier
et freiner vos ardeurs. Les statistiques des accidents davalanche
le montrent malheureusement : les périodes qui suivent les chutes
de neige ont une activité avalancheuse accidentelle importante.
Attendez donc quelques jours après une chute de neige de plus de
25 cm, pour aller faire vos traces dans la profonde. |
| Comment la température influence-t-elle le risque d'avalanche ? |
Vous avez
peut-être déjà entendu dire, un jour, le froid
stabilise la neige, et remarqué que, quand il fait chaud,
la neige a une tendance certaine à fondre, et les avalanches à
se produire. La réalité nest pas tout à fait
aussi simple, et mérite que lon sarrête quelques
instants sur les influences de la température sur le risque davalanche.
Le froid qui fait suite à une chute de neige a pour effet de prolonger
linstabilité de la neige récemment tombée,
qui est fragile, et peu stabilisée en ralentissant le tassement
de la neige fraîche. Il faut donc attendre, après une chute
de neige, dautant plus longtemps quil fait plus froid, pour
voir la couche de neige fraîche se stabiliser. Lordre de grandeur
est de plusieurs jours.
Si ce froid persiste, il va être à lorigine de la transformation
des cristaux de neige initiaux en couches de grains anguleux, sans cohésion
(les fameux gobelets par exemple). Et quand la couche de gobelets sera
recouverte par dautres couches de neige, le risque davalanche
deviendra particulièrement élevé. Limage souvent
évoquée est celle dune couche de neige reposant sur
des "roulements à billes".
Dun autre côté, une température positive provoque
lapparition deau liquide dans les couches supérieures
du manteau neigeux, par fonte. Cette eau sinfiltre vers le bas grâce
aux espaces qui existent entre les grains de neige. Tant que la quantité
deau dans la neige nest pas très importante, leau
a tendance à maintenir les grains les uns contre les autres (effet
"ventouse"). Par contre, si cette quantité deau
augmente, la neige devient humide voire mouillée, elle donne au
manteau neigeux une consistance pâteuse, qui lempêche
de rester sur une pente : lavalanche a alors une forte probabilité
de se produire. Mais, si cette neige humide, et donc molle, est soumise
à des températures négatives, elle durcit sous leffet
du gel de leau liquide et devient très dure, résistante,
mais aussi très glissante.
Ainsi, si la neige est plus stable, donc le risque davalanche plus
faible, le risque de glissade, quant à lui, est plus important.
Dans ce cas (neige humide), et dans ce cas seulement, le froid stabilise
la neige. |
| Attention le vent a soufflé ! |
Intéressons-nous
ici à linfluence du vent sur le risque davalanche.
Le vent joue en effet un rôle très important en transportant
la neige, dun endroit exposé au vent, vers une zone à
labri du vent : au même titre que de nouvelles chutes de neige
ou de pluie et les hausses de température, le vent est un facteur
météorologique qui aggrave le risque davalanche. Son
action est double : il agit sur les cristaux de neige et sur la répartition
de la neige au sol.
Au cours de son transport par le vent, le cristal de neige subit des transformations
: les parties les plus fragiles se brisent à cause des chocs des
cristaux les uns contre les autres. Les propriétés des grains
qui en résultent ("particules reconnaissables" ou "grains
fins") sont donc modifiées. Une couche de neige déposée
par le vent va ainsi avoir des caractéristiques particulières
qui la rendent plus propice au déclenchement accidentel dune
avalanche de plaque au passage dune ou plusieurs personne(s). Mais
attention, contrairement à ce que pensent de nombreux pratiquants,
la neige transportée par le vent nest pas toujours dure.
Elle peut même être poudreuse et ressembler à une neige
non ventée. Cest le cas par exemple quand le vent a soufflé
pendant une chute de neige.
Le deuxième effet du vent tient au fait quil accumule la
neige dans des zones à labri du vent, qui se trouvent parfois
en des endroits inattendus. Les quantités de neige peuvent alors
être très importantes. Il est même fréquent
dobserver localement des hauteurs de neige 3 à 4 fois plus
élevées que la hauteur de la dernière chute de neige.
On peut donc avoir une faible épaisseur générale
de neige au sol, et localement de grosses accumulations dues au vent,
qui seront donc potentiellement instables.
Le vent est ainsi à lorigine de la formation de couches de
neige propices au déclenchement davalanches accidentelles
: ce sont les fameuses plaques à vent, à lorigine
denviron 80 % des accidents davalanche.
Enfin, en surchargeant localement le manteau neigeux par des apports supplémentaires
de neige, le vent peut aussi être la cause davalanches déclenchées
naturellement, sans intervention humaine. |
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