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Idées fausses
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• Non,
les plaques ne sont pas faciles à reconnaître !
• Il
n'a pas neigé depuis longtemps donc ça ne craint pas : faux !
• Des
avalanches même quand il y a peu de neige !
• Avalanche
: même une petite pente peut être dangereuse !
• Avalanches
et forêts !
• Il y a
aussi des avalanches au printemps et en été !
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| Non,
les plaques ne sont pas faciles à reconnaître ! |
Les
avalanches de plaques sont à lorigine denviron 80 % des
accidents davalanches. Ces avalanches sont facilement reconnaissables
: dans la zone de départ, la cassure de lavalanche est linéaire.
De plus, si vous regardez une avalanche de plaque, vous aurez limpression
quun pan entier de montagne se détache dun coup, et glisse
vers la vallée.
Par contre, la plaque elle-même est souvent très difficile
à reconnaître. Contrairement à ce que vous avez peut-être
déjà entendu, une plaque de neige nest pas forcément
dure, ni de couleur mate, ni ne sonne creux.
Vous avez en effet sans doute déjà entendu parler de plaques
friables et de plaques dures. Ces appellations traduisent le fait quune
plaque de neige peut être constituée de différentes
qualités de neige, depuis une neige poudreuse (dautant plus
dangereuse quelle est attrayante car agréable à skier)
jusquà une neige dure. Puisque la qualité de la neige
dune plaque est très variable, on comprendra aisément
que les plaques naient pas toujours la même dureté, ni
la même couleur, ni ne fassent le même " bruit ".
De plus, une plaque peut être recouverte par une couche plus ou moins
fine de neige fraîche, qui la dissimule du regard. Il ne faut donc
pas se fier à lapparence de la neige de surface pour essayer
de détecter une plaque.
Tout au plus peut-on suspecter, dans certains cas, la présence dune
plaque par linterprétation de certains indices nivo-météorologiques
et topographiques. Mais cela nécessite une très bonne expérience,
ainsi quune excellente connaissance du terrain fréquenté.
Rappelez-vous également que les plaques ne sont pas seulement à
vent (cest-à-dire formées par le vent), mais quelles
peuvent aussi se former en labsence complète de vent.
Enfin, que ceux qui pensent que les plaques à vent ne se trouvent
que sur les versants sous le vent des vents dominants gardent en mémoire
que le vent a une fâcheuse tendance à tourbillonner en montagne,
et quil est même tout à fait possible quune plaque
à vent se forme sur un versant exposé face au vent dominant. |
| Il
n'a pas neigé depuis longtemps donc ça ne craint pas : faux ! |
Nous avons
déjà vu, que les jours qui suivent des chutes de neige présentaient
une activité avalancheuse plus importante. Peut-on pour autant
en conclure que le risque davalanche est faible sil na
pas neigé depuis longtemps ? Eh bien non.
En effet, la neige récente, celle qui vient de tomber, met un certain
temps pour se tasser, se stabiliser et se lier à la couche qui
est en dessous et, plus il fait froid, plus cela prend de temps. Linstabilité
de la neige récente peut ainsi durer quelques jours, une semaine,
voire plus. Ce sera particulièrement le cas des pentes qui ne voient
pas beaucoup le soleil : celles qui sont exposées au Nord par exemple.
La règle des trois jours (" il faut attendre trois jours après
une chute de neige avant de sortir ") nest donc pas à
prendre au pied de la lettre. En effet, le tassement de la neige fraîche
(qui est un facteur de stabilisation) est ralenti par le froid. Ainsi,
si les températures sont très basses il faudra attendre
plus de trois jours avant que le manteau neigeux ne se stabilise. Mais
il est difficile de prévoir avec certitude combien de temps dure
linstabilité marquée du manteau neigeux après
des chutes de neige.
Par ailleurs, les plaques à vent, à lorigine de ces
fameuses avalanches de plaque si meurtrières, se forment sous laction
du vent. Il nest donc pas nécessaire quil neige pour
que ce type de plaques se mette en place : le vent, même modéré,
suffit à créer une situation avalancheuse. Enfin, les plaques
de neige (à vent ou non) peuvent rester instables longtemps après
leur formation.
Souvenez-vous donc quil faut rester vigilant, même sil
na pas neigé depuis plusieurs jours ! |
| Des
avalanches même quand il y a peu de neige ! |
Lorsquil
sagit dévaluer le risque davalanche, on entend
souvent dire : "il ny a pas beaucoup de neige, donc ça
ne craint pas !". Attention, ce raisonnement est faux. Le risque
davalanche ne dépend en effet pas directement de la hauteur
de neige qui recouvre le sol de nos montagnes.
Il est beaucoup plus fonction de la solidité des liaisons entre
les différentes couches de neige qui constituent le manteau neigeux.
Si ces liaisons sont solides, le risque nest pas important. Mais
sil existe une faiblesse (une " couche fragile ", comme
disent les spécialistes) dans lempilement des couches de
neige du manteau neigeux, lavalanche peut se produire, indépendamment
de la hauteur de neige. Attention, donc, à ne pas se laisser influencer
par un faible enneigement général : les statistiques montrent
même que les hivers faiblement enneigés sont parmi les plus
meurtriers.
Les faibles épaisseurs de neige (principalement entre novembre
et février) sont en effet favorables à la formation de couches
de neige sans cohésion. Celles-ci forment de mauvais ancrages pour
la neige qui les recouvre (la liaison entre les deux couches est mauvaise).
Les " fondations " du manteau neigeux sont alors fragiles. Elles
peuvent donc casser et lavalanche se produire.
De plus, quand il ny a pas beaucoup de neige, vous allez la chercher
dans les pentes où elle se trouve en plus grande quantité,
cest-à-dire dans des zones daccumulations de neige
transportée par le vent. Or cette neige a une qualité qui
la rend propice à un déclenchement davalanche. Elle
peut également être mal liée à la couche sous-jacente.
Elle est donc particulièrement avalancheuse.
Méfiez-vous donc des avalanches, même (voire surtout) quand
vous avez limpression quil ny a pas beaucoup de neige
! |
| Avalanche
: même une petite pente peut être dangereuse ! |
Lorsquil
sagit dévaluer le risque davalanche, on entend
dans certains cas dire : cest bon, cest une petite pente.
Et même si ce raisonnement nest pas fait consciemment, la
faible taille de la pente que lon veut descendre ou monter provoque
généralement une baisse de notre prudence. Comme si les
avalanches ne pouvaient se produire que sur des pentes dune certaine
importance. Cest malheureusement faux, et les rapports davalanche
sont nombreux qui relatent des accidents sur des pentes aux dimensions
réduites : attention, même une petite pente peut être
dangereuse !
Prenons par exemple une plaque de neige de 50 m de large, de 10 m de longueur
et de 20 cm dépaisseur. Nous sommes daccord pour dire
que sa taille est faible. Elle représente malgré tout un
volume de 100 m3, soit 10 à 30 tonnes de neige, en fonction de
la qualité de cette neige. Cest énorme et en tout
cas largement suffisant pour recouvrir une personne et lensevelir
totalement. De plus, on peut décéder par asphyxie ou par
hypothermie, même sous une faible épaisseur de neige.
Par ailleurs, même sil ny a pas ensevelissement de la
victime, cette masse neigeuse en mouvement peut entraîner un skieur,
un surfeur ou un randonneur à raquettes et être à
lorigine de blessures plus ou moins graves, voire mortelles (chocs
contre les blocs de neige, contre des rochers ou des arbres, saut de barres
rocheuses, chute dans une crevasse).
Le dicton montagnard rien quune hotte pleine de neige peut
vous enlever la vie prend donc ici tout son sens. Soyez donc attentif
et vigilant même si vous voulez monter ou descendre dans une petite
pente enneigée. |
| Avalanches
et forêts ! |
Intéressons-nous
ici à linfluence de la forêt sur le risque davalanche.
Le sentiment de sécurité quelle nous procure souvent
peut en effet être faux.
La forêt est utilisée comme élément de protection
des villages et des habitations en montagne, contre les avalanches depuis
longtemps. Mais la protection quelle offre au skieur, au snowboarder
ou au randonneur est beaucoup moins nette, voire illusoire, à tel
point que lon dit souvent que la seule forêt sûre est
la forêt qui est tellement dense quil nest pas possible
de skier dedans. Quen est-il vraiment ? Les arbres ont en fait une
double influence sur la stabilité du manteau neigeux : par leurs
branches et par leur tronc.
Dans le premier cas, il faut distinguer les forêts darbres
qui gardent leurs feuilles en hiver, des forêts dautres arbres.
En effet, les branches des épicéas et des sapins, qui gardent
leurs aiguilles même pendant lhiver, interceptent la neige
pendant sa chute. Lorsque que la quantité de neige qui se trouve
sur les branches devient trop lourde, les branches ploient sous le poids
de cette neige, et la laissent tomber sur le sol. Si la température
nest pas trop basse, ce sont donc généralement des
paquets de neige lourde, déjà transformée, qui viennent
saccumuler et se tasser sous larbre. Cette neige est donc
le plus souvent relativement bien stabilisée. Par contre, les feuillus
et les mélèzes perdent leurs feuilles et aiguilles pendant
lhiver. Linterception de la neige pendant sa chute est donc
quasiment nulle, et le manteau neigeux qui se trouve sous de tels arbres
est très semblable à celui qui se dépose en terrain
découvert.
Les troncs quant à eux, sont réputés servir dancrage
au manteau neigeux : comme sils "clouaient" la neige sur
le sol. Ce manteau neigeux sappuierait aussi sur les troncs, qui
lempêcheraient donc de descendre plus bas. Ces effets dépendent
en fait de la densité de troncs. Si la forêt est très
dense, cela peut fonctionner, mais il nest alors plus possible de
skier entre les arbres.
La forêt nempêche donc pas systématiquement le
départ dune avalanche, ni narrête une avalanche
partie de plus haut. De plus, être pris dans une avalanche en forêt
est beaucoup plus grave que sur un terrain non boisé, à
cause des chocs contre les arbres, qui peuvent être mortels. Enfin,
dans une forêt, il peut y avoir des clairières, qui ne sont
pas sous linfluence éventuellement bénéfique
des arbres et qui peuvent donc être avalancheuses. Mais bien souvent,
la vigilance a diminué et lon fait moins attention quen
forêt.
Noubliez donc pas quune avalanche peut avoir lieu même
en forêt, surtout si elle est clairsemée ! |
| Il y a
aussi des avalanches au printemps et en été ! |
Ça
y est, la saison des sports dhiver est maintenant presque terminée,
sauf pour les randonneurs qui vont la prolonger quelques semaines encore.
Avec lété vont venir dautres formes de pratique
de la montagne : la randonnée à pied et lalpinisme,
en particulier. Mais au gré de la météo et de laltitude
à laquelle vous vous promènerez, vous pourrez encore rencontrer
de la neige. Noubliez donc pas ce que nous avons vu ensemble tout
au long de cet hiver, à loccasion de ces chroniques.
En effet, il y a aussi des avalanches au printemps et en été.
Même si elles sont moins présentes dans nos esprits, il faut
se rappeler quelles ne dépendent pas de la saison. Il suffit
quil y ait de la neige sur une pente, pour quun risque davalanche
existe. Il sera évidemment plus ou moins fort en fonctions des
conditions nivo-météorologiques et de la topographie, comme
vous, fidèles lecteurs, le savez.
Deux études (Zuanon, 1995, et Jarry, Sivardière, 2000) ont
effectivement montré que la période considérée
hors-saison (du 1er mai au 15 décembre) connaît
malheureusement un certain nombre daccidents davalanche. Ainsi,
sil y a chaque année, en moyenne, trente décès
par accident davalanche en France, on en déplore environ
vingt pour-cent pendant la période précitée. Il ne
sagit donc pas dun phénomène marginal, mais
dune réalité dont on ne peut pas contester limportance.
Par exemple, en 1997, ce sont même 8 personnes qui ont trouvé
la mort dans une avalanche entre juillet et septembre, soit le tiers des
décédés dans lannée.
Conservez donc vos bonnes habitudes hivernales : informez-vous avant de
partir, soyez équipés de lensemble ARVA-pelle-sonde,
soyez vigilant sur le terrain, et nhésitez pas à faire
demi-tour en cas de doute. |
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