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| Attention
le risque d'avalanche évolue ! |
Le risque davalanche est un problème de stabilité
du manteau neigeux. Un manteau neigeux stable est peu propice à une
avalanche, alors quun manteau neigeux instable lest. Or le manteau
neigeux est constitué de la superposition des différentes
couches de neige qui recouvrent le sol. Et la stabilité de cet empilement
dépend de deux paramètres :
dune part la qualité des liaisons entre les différentes
couches et dautre part la qualité des liaisons entre les grains
de neige à lintérieur dune même couche.
Mais attention, la neige évolue : elle nest pas un matériau
inerte. En effet, les conditions météorologiques provoquent
des transformations des grains de neige qui constituent les différentes
couches, et qui sont à lorigine de leurs propriétés
physiques, donc de leur stabilité. Or les conditions météorologiques
évoluent en cours de journée, en fonction de la pente considérée.
Par conséquent, le risque davalanche est lui aussi variable
: dans lespace (dune pente à lautre), et dans le
temps (dune heure à lautre). Il faut donc se garder dun
jugement trop hâtif dans le domaine des avalanches.
De plus, même si les conditions météorologiques nont
pas changé de façon particulièrement sensibles (nouvelles
chutes de neige, vent ou réchauffement important, par exemple),
elles ont pu modifier les caractéristiques des grains dune
(ou plusieurs) couche(s) de neige. La stabilité de lensemble
a donc également pu changer. Par conséquent, un manteau
neigeux stable peut devenir instable et vice-versa, même en labsence
de changement remarquable de la météo.
Cest pour cette raison quil faut se tenir informé
de lestimation des risques davalanches, à chaque fois
que lon part en montagne enneigée, en particulier grâce
au répondeur de Météo France, le 08 36 68 10 20 (pour
une information départementale, massif par massif), et auprès
de professionnels (pisteurs-secouristes, guides de montagnes, etc, pour
une information locale). |
| Comment
utiliser le bulletin d'estimation du risque d'avalanche ? |
Difficile, quand on nhabite pas en montagne de se faire une bonne
idée de létat de la neige et du risque davalanche.
De plus, la situation est différente dun département
à lautre, dun massif à lautre et même
dune pente à lautre. Alors avant de partir en dehors
des pistes ou en randonnée en montagne, informez-vous ! Vous avez
à votre disposition le bulletin destimation du risque davalanche,
diffusé par Météo France, au 08 92 68 10 20, sur
le 3615 Meteo ou sur www.meteo.fr.
Cette estimation est basée sur léchelle européenne
du risque davalanche, qui comporte 5 niveaux : de 1, risque faible
à 5, risque très fort. Contrairement à léchelle
de Richter par exemple (utilisée pour mesurer lintensité
des séismes), elle ne quantifie pas un phénomène
qui sest effectivement réalisé. Elle nest quune
estimation de la probabilité de réalisation dun phénomène
(les déclenchements accidentels davalanches) dans un proche
avenir : elle implique donc par essence un degré dincertitude
plus ou moins important.
De plus, cette estimation est faite à léchelle dun
massif montagneux. Lindice du niveau de risque est donc, en lui-même,
insuffisant. Il donne en effet une indication globale, qui ne prend pas
en compte les particularités locales, pourtant déterminantes,
pour savoir si la pente que lon veut parcourir est stable ou non.
Il ne faut donc pas se limiter à la lecture du seul indice de risque,
mais au contraire prendre connaissance de lintégralité
du bulletin, car il précise également les caractéristiques
générales des pentes les plus dangereuses quil faudra
éviter, pour aller dans celles qui sont estimées plus sûres.
Ces informations devront ensuite être complétées par
une information locale grâce aux professionnels (pisteurs-secouristes,
guides, secouristes de montagne) puis confrontées avec la réalité
sur le terrain grâce à vos propres observations, et à
vos connaissances théoriques et pratiques, ainsi que votre expérience.
Mais attention : même les personnes les plus compétentes
et expérimentées ne sont pas à labri dune
erreur dappréciation. |
| En
dehors des pistes : ARVA - Pelle - Sonde, l'indispensable équipement ! |
À partir du moment où lon quitte lunivers
balisé et sécurisé des pistes de ski, on entre dans
un milieu à risque. Le respect des règles élémentaires
de sécurité doit en principe permettre de ne pas se faire
prendre par lavalanche. Mais lappréciation du danger
nest pas toujours facile, lerreur est humaine et, quelles que
soient les précautions prises, il subsiste souvent un risque résiduel.
Enfin, laccident davalanche narrive pas toujours quaux
autres.
Mieux vaut donc être équipé pour en minimiser les conséquences.
Le plus important à savoir est que les chances de survie dune
personne ensevelie sous la neige évoluent très rapidement.
Si après 15 minutes, elles sont encore de 95 % environ, elles chutent
à 25 % environ au bout de 3/4 dheure. Compte tenu des délais
dalerte et dacheminement des secouristes professionnels, seuls
des secours immédiatement organisés par les compagnons rescapés
de la victime garantissent le maximum de succès. Pour cela, pas de
secret, mais un équipement indispensable : lensemble ARVA-pelle-sonde.
LARVA (appareil de recherche de victime davalanche) est un
petit émetteur-récepteur (300 gr environ) de la taille dun
walkman, qui permet à une personne entraînée, de localiser
une victime en moins de 5 minutes (il faut effectivement sexercer
à blanc, plusieurs fois, pour être rapide en
cas daccident réel). Pour rechercher une personne ensevelie,
on le met en position réception. Quand on obtient le contact avec
la victime (dont lARVA est en position émission), on entend
un " bip sonore ", ou un signal lumineux séclaire,
qui permettent de se diriger vers la victime ensevelie.
La sonde, quant à elle, sert à préciser exactement
lemplacement de la victime et sa profondeur densevelissement.
La pelle permet enfin de dégager rapidement la neige qui recouvre
la victime.
Lensemble ARVA-pelle-sonde est individuel (il est faux
de dire qu "une pelle ou une sonde pour deux ou trois suffit)
et indissociable, car labsence de lune de ses composantes annule
le gain de temps dû aux deux autres, et compromet fortement lefficacité
du secours. Lobjectif est en effet de localiser et dégager
la victime ensevelie en moins de 15 minutes. Mais attention : cet équipement
nest ni un détecteur davalanches, ni une protection contre
les avalanches. Alors mieux vaut tout faire pour les éviter. |
| En
hors-piste, espacez-vous ! |
S'il est vrai que l'on peut estimer le risque d'avalanche
à l'échelle d'un massif (ce que fait Météo
France, dans son bulletin d'estimation des risques d'avalanches au
08 36 68 10 20), il est par contre très difficile de l'estimer
localement, à léchelle d'une pente. Or, c'est
justement ce qui vous intéresse, vous qui voulez profiter d'une
belle descente, ou qui allez remonter ce couloir ou ce versant pour
atteindre un col ou un sommet.
Les connaissances sur les avalanches, la pratique et l'expérience
de la montagne hivernale, les informations que vous aurez pu obtenir
par Météo France et auprès des professionnels
locaux ainsi que vos observations sur le terrain vous permettront
d'estimer la stabilité du manteau neigeux. Mais l'appréciation
du risque n'est pas toujours facile et l'erreur est humaine, même
pour les plus expérimentés.
Vous pouvez heureusement prendre quelques précautions supplémentaires
en cas de doute sur la stabilité d'un passage obligé,
pour mettre le maximum de chances de votre côté.
Dans un groupe, vous devez en particulier augmenter les distances
entre vous. En effet, l'avalanche déclenchée par le
passage de plusieurs personnes est due à la surcharge trop
importante qu'elles imposent au manteau neigeux. Or, la sensibilité
du manteau neigeux à cette surcharge (et donc le risque d'avalanche)
varie en fonction de la distance qui sépare ces personnes.
Ainsi, d'une façon générale, plus les personnes
sont rapprochées, plus la probabilité de déclencher
une avalanche est grande. Par contre, plus la distance entre les membres
d'un groupe augmente, moins la probabilité de déclencher
une avalanche est grande. Il n'existe pas de distance type à
respecter. En fonction de la situation, elle pourra être de
10 ou 20 m, comme de 50 à 100 m, voire plus. Dans les cas les
plus critiques, vous ne devrez passer qu'un par un dans la pente en
question, et attendre les suivants en un lieu sûr, en les surveillant.
Cette précaution permet aussi de limiter les conséquences
d'un accident : dans le pire des cas, seule une personne sera emportée
par l'avalanche, et les autres pourront la rechercher.
Alors pensez-y, au moindre doute, espacez-vous : ça n'est pas
difficile, et cela peut vous sauver la vie. |
| Ne
suivez pas n'importe quelle trace ! |
La neige, sur une pente qui n'est pas damée, n'a pas un comportement
facile à comprendre. La plupart du temps, elle tient sur cette
pente. Mais il arrive qu'au passage d'un skieur ou d'un snowboarder, elle
se mette en mouvement vers le bas : c'est l'avalanche !
Pour se faire une idée de la stabilité du manteau neigeux
(c'est-à-dire de sa capacité à ne pas donner d'avalanche),
il existe un certain nombre d'indices. Mais les renseignements qu'ils
apportent ne sont pas toujours faciles à interpréter.
Ainsi, que devez-vous penser d'une pente enneigée qui comporte
des traces de ski ou de snowboard ? Pour beaucoup (voire presque tout
le monde), c'est bon signe : si cette pente était avalancheuse,
elle serait descendue au passage de ces skieurs ou snowboarders. L'avalanche
n'a pas eu lieu, donc la pente est sûre.
Eh bien non ! Ce raisonnement n'est pas toujours valable. En effet, les
premiers passages qui n'ont pas déclenché l'avalanche, ont
peut-être fragilisé le manteau neigeux, qui est donc encore
plus susceptible, après ces passages, de partir en avalanche. De
plus, entre le moment où ces traces ont été faites,
et le moment où vous arrivez en haut de cette pente (ou en bas,
amis randonneurs) pour vous y élancer, les conditions météorologiques
ont pu transformer la neige, et en particulier rendre le manteau neigeux
plus fragile. Alors que la pente était stable quand les traces
ont été faites, elle peut ne plus l'être quelques
heures après (et a fortiori le lendemain ou les jours suivant).
Enfin, vos prédécesseurs ont sans doute pris des précautions
décisives que vous ne prendrez peut-être pas vous-mêmes.
Par exemple, skier léger, sans tomber. Ou encore, prendre des distances,
ce qui peut aller jusqu'à ne descendre qu'un par un, et attendre
en un lieu sûr, que tout le groupe soit passé.
Ainsi, la présence de traces sur une pente enneigée n'est
pas une garantie absolue de stabilité du manteau neigeux. Autrement
dit, ça n'est pas parce qu'il y a des traces sur une pente que
ça ne craint rien ! |
| Au printemps,
partez et surtout rentrez tôt ! |
Vous avez certainement déjà entendu dire, un jour, que
la montagne appartient à ceux qui se lèvent tôt.
Si les raisons esthétiques ny sont pas étrangères,
il en existe dautres relatives à la sécurité
qui expliquent le bien-fondé de ce dicton, en particulier au printemps
(et a fortiori en été).
Nous avons déjà vu que la présence deau (liquide)
dans le manteau neigeux, à partir dune certaine quantité,
est un facteur favorable au départ des avalanches. La neige prend
en effet un comportement pâteux, et a du mal à rester en
place sur les pentes. Cette eau provient, soit de la pluie, soit de la
fonte de la neige de surface du manteau neigeux.
Au printemps, les températures peuvent être relativement
importantes, même en altitude. Par ailleurs, vous savez quil
fait plus chaud à midi quà six heures du matin, grâce
à laction du soleil en particulier. Et quand lair se
réchauffe, il réchauffe aussi la neige, qui peut donc fondre.
De plus, et cest sans doute le facteur principal, le soleil réchauffe
(et fait donc fondre) davantage la neige en mars-avril, quen décembre-janvier.
En effet, le soleil est plus haut dans le ciel. Il tape plus
fort sur le manteau neigeux. Lénergie quil transporte
est donc mieux transmise à la neige. Or cette énergie a
comme action de réchauffer la neige (voire de la faire fondre).
Dautre part, le soleil se lève plus tôt : à
10 h, les pentes Est sont exposées au soleil depuis beaucoup plus
longtemps en avril quen janvier. Enfin, les grains de neige humide
(les grains ronds) réfléchissent nettement moins
lénergie du soleil que les grains de neige peu évolués.
Ils absorbent donc mieux cette énergie, qui les réchauffe
plus vite et provoque donc leur fonte.
La neige shumidifie par conséquent dès les premiers
rayons de soleil. Le risque davalanche de neige humide augmente
ensuite rapidement au cours de la journée, et ce, dès la
fin de matinée sur les versants Est. Mieux vaut alors rentrer suffisamment
tôt pour ne plus être en montagne aux heures les plus chaudes
de la journée. Vous diminuerez ainsi les risques dêtre
exposés aux avalanches de neige humide (mais aussi aux chutes de
pierres que la neige libère en fondant). |
| Que
faire si vous êtes témoin d'un accident d'avalanche ? |
Il existe un certain nombre de situations que lon souhaite ne jamais
vivre. Malheureusement, elles peuvent se présenter, et il est,
dans ce cas, préférable dy avoir déjà
réfléchi. Cela permet en effet de réagir mieux, et
plus rapidement. Ainsi en est-il de laccident davalanche,
accident pour lequel la rapidité de réaction et de mise
en uvre des recherches et des secours est primordiale. Rappelons
en effet quune victime dégagée de son étau
de neige en moins de 15 minutes a presque 100 % de chances de survivre
à son accident, à la double condition de ne pas avoir été
tuée ou mortellement blessée pendant lavalanche, et
de faire lobjet des soins adaptés à son état
dès son dégagement. Par contre, après 45 minutes,
elle na plus que 25 % environ de chances de survie.
Que devez-vous donc faire si vous êtes témoin dun accident
davalanche ?
Le premier réflexe est déviter un sur-accident : pensez
donc dabord à vous et aux personnes qui nont pas été
emportées. Mettez-vous et mettez-les à labri de lavalanche
ou dune éventuelle seconde avalanche. Pensez également,
pendant toute la durée des recherches, à surveiller quune
seconde avalanche nest pas en train de descendre, en mettant éventuellement
en place un guetteur qui vous préviendra le cas échéant.
Pensez ensuite à la victime emportée. Essayez de la suivre
des yeux pendant lécoulement de lavalanche. Il faut
en effet repérer le point où vous la verrez pour la dernière
fois et le marquer (bâton ou ski planté). Cest précisément
à laval de ce point que vous devrez la rechercher.
La suite dépendra de votre équipement. Si vous avez un ARVA
(appareil de recherche de victime davalanche), et que la victime
en a un aussi, vous ferez la recherche selon les méthodes usuelles
auxquelles vous vous serez au préalable entraînés.
Dans ce cas et si vous avez aussi une sonde et une pelle, vous avez statistiquement
7 chances sur 10 de retrouver la victime vivante.
Si vous navez pas dARVA, observez de vos yeux la surface de
lavalanche pour voir sil nexiste pas dindices
visibles vous permettant de localiser la victime. Vous pouvez aussi sonder
le dépôt avec votre bâton ou votre ski. Concentrez-vous
sur les zones préférentielles (bordures du dépôt,
replat, amont des rochers ou des arbres). Et si après 10-15 minutes,
vos recherches sont infructueuses, partez prévenir les secours,
non sans avoir balisé le terrain, pour que ces derniers puissent
le reconnaître facilement. Mais dans ce cas-là, les chances
de retrouver la victime vivante ne sont plus que de 2 à 3 sur 10. |
| Que
faire si vous êtes pris dans une avalanche ? |
Il existe un certain nombre de situations que lon souhaite ne jamais
vivre. Malheureusement, elles peuvent se présenter, et il est,
dans ce cas, préférable dy avoir déjà
réfléchi. Cela permet en effet de réagir mieux, et
plus rapidement. Ainsi en est-il de laccident davalanche.
Nous avons vu ce quil est conseillé de faire lorsque lon
est témoin dun accident davalanche.
Mais que faut-il faire quand on est soi-même pris par lavalanche
? Tout va généralement très vite et vous naurez
certainement pas le temps de réfléchir. Cest dabord
votre instinct de survie qui dictera votre conduite. Voici cependant quelques
conseils qui partent du principe quil vaut mieux essayer de faire
quelque chose, plutôt que de rester passif, même si le résultat
nest pas garanti.
Essayez dabord de garder votre sang-froid.
Pour ne pas être emporté par le flot de neige en mouvement,
tentez de vous échapper latéralement de la zone découlement
de lavalanche. Nessayez pas de la prendre de vitesse en fonçant
vers le bas, car la plupart du temps, lavalanche vous rattrapera.
Ensuite, essayez de rester en surface (cest le meilleur moyen de
ne pas être enseveli). Vous pouvez faire des mouvements de natation
si la neige est poudreuse, ou prendre appui sur des blocs si la neige
est dure. Si vous le pouvez, débarrassez-vous de vos skis ou de
votre snowboard et de vos bâtons (ils ont tendance à vous
attirer vers le fond de lavalanche).
Afin déviter que la neige ne pénètre dans vos
voies respiratoires (ce qui aurait pour effet de vous asphyxier), fermez
la bouche et protégez votre nez avec vos mains ou le col de votre
veste.
Enfin, à larrêt de lavalanche, essayez de vous
construire une poche dair devant le visage avec vos mains et vos
bras repliés : elle sera une réserve dair pour respirer
en attendant dêtre dégagé.
Vous pouvez aussi, mais cela est plutôt contradictoire avec le point
précédent, tenter de faire dépasser votre main, ou
un bâton de ski si vous en avez encore un, de la surface de la neige
pour aider vos camarades à vous localiser rapidement en observant
simplement la surface du dépôt de lavalanche.
La suite dépendra de la qualité de la neige et de vos possibilités
de creuser pour vous dégager vous-même. Mais la plupart du
temps, la personne ensevelie est souvent réduite à limpuissance.
Même si, et on le comprendra aisément, cela reste plus facile
à dire quà faire, essayez de retrouver votre calme,
ne vous épuisez pas inutilement et gardez espoir en lefficacité
des secours. |
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