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Volodia Shahshahani a lui-même tiré quelques leçons de sa mésaventure, sur lesquelles il n’y a rien à redire. Profitons-en cependant pour compléter son propos et " enfoncer le clou " qu’il a commencé à planter.
1. Cet incident vient d’abord nous rappeler que les avalanches n’ont pas seulement lieu pendant la saison hivernale. Jean-Paul Zuanon, dans un article paru dans Neige et Avalanches en juin 1995 (n° 70, p. 22-28), avait déjà calculé que la proportion de décès survenus entre le 1er mai et le 14 décembre, de 1971 à 1994, était de 19,6 %.
Cette proportion est légèrement supérieure (21,5 %) sur les saisons 1989-2003. Une analyse plus fine portant sur les quatorze années précédentes montre que 10 % des accidents mortels par avalanche et 14 % des décès ont lieu entre le 15 mai et le 30 novembre. Et, information importante à garder à l’esprit en ce début d’été, les proportions d’accidents mortels et de décès par avalanche sont respectivement de 5 et 8 % pour la période couvrant les quatre mois de juin à septembre.
2. Cet incident illustre ensuite combien il est difficile de renoncer. Ce point est important et il revient régulièrement dans l’analyse d’accidents d’avalanche en France et à travers le monde. Même quand on a " senti " que la situation n’est pas saine, même (voire surtout) quand les différents participants sont tous expérimentés et connaissent le terrain, même quand la saison n’a pas encore commencé et que de nombreuses sorties sont à venir, même quand on a déjà renoncé dans le passé et que l’on sait donc qu’on sait le faire, la décision de faire demi-tour ou de modifier son itinéraire n’est pas facile à prendre. Il faut en avoir conscience car cela reste malgré tout le meilleur moyen de ne pas se faire prendre. Car l’on voit bien ici que s’espacer dans une pente n’est parfois pas suffisant, même s’il s’agit d’une des précautions de base à prendre en montagne enneigée.
3. Il montre enfin très concrètement (Serge a certainement été sauvé grâce aux éléments qui suivent) l’importance d’être bien équipés (Arva-sonde-pelle), de savoir se servir efficacement de cet équipement et d’avoir des réactions adaptées à cette situation stressante qu’est une avalanche :
• prévenir immédiatement les secours,
• éteindre les téléphones portables,
• faire une recherche à l'Arva dans les zones préférentielles d'arrêt de la victime plutôt que de balayer de façon exhaustive le dépôt de l'avalanche,
• ne pas perdre de temps à une localisation trop fine à l’Arva, mais plutôt sonder en spirale à partir du point indiqué par l’Arva,
• laisser ensuite la sonde plantée à cet endroit puis creuser autour, sur une surface d’autant plus étendue que l’ensevelissement est profond.
On reprendra ici les conseils de Pierre Durand, du PGHM de l’Isère, lors du colloque Trace 2004 : " préférer, dans la mesure du possible, un accès latéral à la victime et non le creusement d’un cratère. Il vaut en effet mieux, pour la suite, creuser une plateforme à l'aval de la victime. La neige ne retombe pas sur la victime au fur et à mesure du dégagement, les gestes de premiers secours seront plus faciles à exécuter et la plateforme constituera un abri efficace pour attendre le médecin " (voir les schémas pour le dégagement de la victime). |
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