Avertissement
les chiffres donnés ci-après proviennent pour l'essentiel
des rapports fournis par les services publics de secours en montagne (gendarmes
et CRS). Dans certains cas, les services de sécurité des pistes
des stations de ski font également parvenir à l'ANENA les
données concernant les accidents d'avalanche sur lesquels leur personnel
est intervenu. Si ce mode de collecte permet d'obtenir la totalité
des accidents mortels, il n'est absolument pas suffisant pour connaître
tous les accidents d'avalanche qui se produisent en France. En effet, de
nombreux accidents ne se terminent heureusement pas de façon dramatique.
Leur gravité ne nécessite pas l'intervention des gendarmes
ou CRS de montagne. Ils échappent donc au bilan tenu depuis plus
de 25 ans par l'ANENA, soit parce que les personnes impliquées s'en
sont sorties seules (en particulier grâce à leurs ARVA), soit
parce qu'elles ont été secourues par les services de sécurité
des pistes des stations de ski qui n'en informent pas systématiquement
l'ANENA. Le nombre d'accidents d'avalanche non signalés à
l'ANENA est, de fait, inconnu et difficile à estimer. Certaines années
malgré tout, ce nombre peut sans doute doubler le total des accidents
recensés par l'ANENA.
C'est la raison pour laquelle ne sont principalement présentés
dans le bilan hivernal ci-après que les données relatives
aux accidents mortels d'avalanche, qui, elles, sont exhaustives.
Par ailleurs, il ne faudra cesser de garder à
l'esprit que ces chiffres doivent être rapportés à la
fréquentation de la montagne, les comparaisons d'un hiver à
l'autre ne sont donc pas toujours faciles et doivent être relativisées.
Données générales
Cet hiver (du 1er décembre 2002 au 30 avril 2003),
lAnena a recensé 22 accidents davalanche ayant eu des
conséquences mortelles. Ces 22 accidents mortels ont été
la cause du décès de 26 personnes.
Parmi ces 22 accidents mortels, 1 accident, survenu le 08 décembre
2002 sur la commune de La Grave dans les Hautes-Alpes, a été
la cause du décès de 4 randonneurs à ski. Cet accident
est qualifié de " très grave " dans la suite de
ce bilan (eu égard au nombre de victimes).
Les différentes comparaisons effectuées ci-après entre
cet hiver et les 13 hivers précédents ne prennent pas en compte
les accidents mortels ayant causé le décès de 4 personnes
ou plus, car ces accidents sont en définitive très peu représentatifs
de la majorité des accidents (4% des accidents mortels mais 19,5%
des décès sur 13 ans). Leur prise en compte ne permettrait
pas une analyse correcte des accidents mortels davalanche " habituels
".
Sans cet accident très grave, il y a donc eu 21 accidents mortels
totalisant 22 décès. Excepté un autre accident ayant
causé le décès de 2 personnes, tous les accidents mortels
survenus cet hiver ont à chaque fois été la cause du
décès dune seule personne.
En comparaison avec lhiver dernier (01/12/2001 au 30/04/2002), il
y a eu plus daccidents mortels (22 contre 18) mais moins de décès
(26 contre 29).
Si lon compare cet hiver 2002-2003 aux treize hivers précédents
(hivers des saisons 1989-1990 à 2001-2002), et sans prendre en compte
les accidents très graves à lorigine de 4 décédés
et plus, on peut conclure que lhiver 2002-03 est au-dessus de la moyenne.
En effet, il y a eu en moyenne sur 13 années, 19 décès
par hiver, contre 22 décès pour lhiver qui vient de
sachever.
Répartition par activités
Cet hiver, tous les accidents mortels sont survenus alors que les victimes
pratiquaient une activité récréative (randonnée,
hors-piste ou alpinisme).
Il y a eu plus daccidents davalanche au cours de randonnées
quau cours dactivités de hors-piste.
Cependant, sans prendre en compte laccident exceptionnel survenu
en randonnée à ski lors duquel 4 personnes ont perdu la
vie, on constate quil y a eu a peu près le même nombre
de décédés en randonnée (11) et en hors-piste
(9).
Si lon compare cet hiver à lhiver 2001-2002, on observe
cette année un équilibre entre le hors-piste et la randonnée,
alors que lhiver précédent les chiffres étaient
largement en défaveur du hors-piste (13 accidents et 22 décès
en hors-piste contre 3 accidents mortels et 5 décès en randonnée
entre le 01/12/2001 et le 30/04/2002).
Sans prendre en compte les accidents très graves (4 décédés
et plus), les comparaisons avec les 13 hivers précédents
montrent quil y a eu cette année plus de décès
en randonnée quen moyenne. En effet, en moyenne sur 13 ans,
il y a eu 7,5 décès par hiver lors dactivité
de randonnée, contre 11 décès cet hiver.
A contrario, lactivité de hors-piste se situe cet hiver légèrement
sous la moyenne établie sur les 13 hivers précédents
(moyenne de 10 décès par hiver en hors-piste, à comparer
aux 9 de cet hiver).
Qui sont les personnes décédées
lors dactivités récréatives ?
24 personnes sont décédées
lors dune activité de randonnée, de hors-piste ou
dalpinisme.
83 % de ces victimes étaient
des hommes (20/24), ce qui est conforme à la moyenne sur 14 ans
(82 %).
37 ans est lâge moyen des décédés (21 %
avaient entre 20 et 30 ans, 25 % entre 30 et 40 ans), en conformité
également avec lâge moyen calculé sur 14 ans
: 34 ans (34 % de 20-30 ans, 27 % de 30-40 ans).
70 % dentre eux étaient
des Français. De même, cette répartition Français/étrangers
est sensiblement égale à celle qui est constatée
sur la période de référence (1989-2003).
70 % des décédés
nétaient équipés daucun matériel
de secours :
(arva/pelle/sonde, Sac ABS, Avalung, Recco, etc.).
25 % dentre eux avaient au moins un Arva.
Ces chiffres rejoignent ce qui est constaté sur 14 ans pour lensemble
des décédés (66 % sans aucun équipement, 30
% équipés dArva).
Répartition par département
On peut noter que cet hiver, trois accidents sont survenus dans des départements
" atypiques ".
Le premier est intervenu dans le Haut-Rhin (01/02/2003). Cet accident
a concerné une personne à raquettes qui, alors quelle
désirait faire une photo, a rompu une corniche et provoqué
une avalanche.
Le second accident est survenu dans le département du Puy-de-Dôme,
alors que la victime effectuait une randonnée nordique. Cette personne
a été portée disparue pendant deux mois.
Le dernier accident a eu lieu dans le Cantal (22/02/2003), dans le massif
de Puy Mary, alors que les personnes pratiquaient une activité
dalpinisme classique.
On constate cette année un nombre important daccidents et
de décès dans le département des Hautes-Alpes. Si
lon soustrait laccident très grave survenu en décembre
à La Grave à lorigine de 4 décès, ce
département compte autant daccidents et de décès
que les deux départements savoyards, généralement
les plus touchés.
Comparé à lhiver 2001-2002, la Savoie est revenu à
un nombre moyen de 4 décès durant lhiver, alors que
lhiver précédent, 19 personnes étaient décédées
dans ce département.
Si lon compare les données de cet hiver 2002-2003 aux 13
hivers précédents (sans compter les accidents très
graves à lorigine de 4 décès et plus), on constate,
dune part, que les départements de la Haute-Savoie et de
lIsère demeurent cet hiver dans la moyenne. En effet, en
moyenne sur 13 saisons, il y a eu 4 morts en Haute-Savoie et 2,5 en Isère,
de la même manière que cet hiver.
Dautre part, le département de la Savoie voit le nombre de
décès sétablir bien en dessous de la moyenne
sur 13 saisons. Ainsi, il y a en moyenne chaque hiver 6,7 décès
en Savoie, à comparer aux 4 de cet hiver.
Enfin, le nombre de décédés dans les Hautes-Alpes
est supérieur à la moyenne sur 13 années. En moyenne,
il y a eu 3 décès par hiver de 1989-1990 à 2001-2002,
alors que cet hiver, sans compter laccident très grave du
08 décembre 2002, il y en a eu 4.
Ceci confirme la tendance globale dans ce département à
une augmentation du nombre daccidents mortels et de décès
depuis lannée 1989-1990.
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