Avertissement
Du fait des modalités de collecte
des données, le bilan ne porte en aucun cas sur l'ensemble des accidents
s'étant produits sur le territoire français durant cette période.
L'ANENA ne prend en compte que les accidents pour lesquels une information
lui est parvenue. Or cette collecte de données repose essentiellement
sur la collaboration qui s'est établie depuis de nombreuses années
avec les services publics de secours en montagne, gendarmes des PGHM, CRS
de montagne et occasionnellement sapeurs-pompiers des SDIS. Dans certains
cas, les services de sécurité des pistes des stations de ski
communiquent à l'ANENA les données concernant les accidents
sur lesquels leur personnel est intervenu. Que l'ensemble de ces personnes
soit ici remercié.
Données générales
Parce que les services publics du secours en montagne n'interviennent
pas systématiquement sur l'ensemble des accidents d'avalanche,
un certain nombre de ceux-ci échappent au bilan :
ceux qui ne sont pas graves et finissent heureusement bien pour
les personnes impliquées (elles ont pu se dégager et se
secourir seules ou avec l'aide de leurs compagnons, de façon autonome)
;
ceux qui n'ont fait intervenir que les services de pistes des stations
de ski qui n'en informent pas toujours l'Anena.
Ainsi, alors que l'ANENA a été informée cet hiver
de 24 accidents d'avalanche sur domaine skiable (en hors-piste uniquement),
le SNOSM (Système National d'Observation de la Sécurité
en Montagne) a répertorié au cours de la même période
29 interventions sur avalanche effectuées par les pisteurs-secouristes
(10 sur piste et 19 hors-piste).
Le nombre d'accidents non répertoriés est, de fait, inconnu
et difficile à estimer. On peut toutefois estimer qu'il peut venir
augmenter significativement le nombre total des accidents recensés
par l'ANENA et donc modifier certains résultats.
En outre, un certain nombre d'informations sont manquantes ou incomplètes
car elles n'ont pu être relevées au moment du secours.
Enfin, certaines valeurs sont approximatives, car leurs mesures sont parfois
difficiles et donc peu précises.
Quoi qu'il en soit, tous les accidents mortels sont signalés à
l'ANENA et sont, par conséquent, pris en compte dans le bilan.
On remarquera cependant que la limite entre accident " grave "
et accident " léger " est très fragile et tient
souvent à peu de choses.
Il est donc regrettable de ne pas avoir de renseignements sur ces incidents,
qui ont également un coût et dont la prévention est
importante.
Enfin, les comparaisons avec les hivers précédents doivent
être réalisées avec prudence. En effet, il convient,
pour ces comparaisons, de ramener les chiffres bruts à la population
exposée au risque d'avalanche. Or il est très difficile
d'estimer, d'une année à l'autre, l'évolution de
la fréquentation de la montagne enneigée, en dehors des
zones sécurisées.
Une étude portant sur l'ensemble des accidents mortels survenus
en France depuis la saison 1989-1990 nous permet de comparer la saison
2001-2002 aux douze années précédentes.
Le nombre daccidents non répertoriés est, de fait,
inconnu et difficile à estimer. On peut toutefois estimer quil
peut venir augmenter significativement le nombre total des accidents recensés
par lAnena et donc modifier certains résultats.
En outre, un certain nombre dinformations sont manquantes ou incomplètes
car elles nont pu être relevées au moment du secours.
Enfin, certaines valeurs sont approximatives, car leurs mesures sont parfois
difficiles et donc peu précises.
Quoi quil en soit, tous les accidents mortels sont signalés
à lAnena et sont par conséquent pris en compte dans
le bilan. On remarquera cependant que la limite entre accident
grave et accident léger est très fragile
et tient souvent à peu de choses. Il est donc regrettable de ne
pas avoir de renseignements sur ces incidents, qui auraient pu être
plus graves et qui ont également un coût et dont la prévention
est importante.
Enfin, les comparaisons avec les hivers précédents doivent
être réalisées avec prudence. En effet, il convient,
pour ces comparaisons, de ramener les chiffres bruts à la population
exposée au risque davalanche. Or il est très difficile
destimer, dune année à lautre, lévolution
de la fréquentation de la montagne enneigée, en dehors des
zones sécurisées.
Sur la base dune commande de la Direction de la Prévention
des Pollutions et des Risques (DPPR - Ministère de laménagement
du territoire et de lenvironnement), une étude portant sur
lensemble des accidents mortels survenus en France depuis la saison
1989-1990 nous permet de comparer la saison 2000-2001 aux onze années
précédentes.
Répartition par activités
Cette année confirme pleinement la tendance constatée sur
les douze dernières saisons : si la randonnée et le hors-piste
demeurent les activités les plus concernées par les accidents
mortels d'avalanche, le hors-piste est, depuis six ans, plus touché
que la randonnée.
Ainsi, 13 des 18 accidents mortels (72 %) sont survenus alors que les
victimes pratiquaient une activité de hors-piste. Cette part est
bien supérieure à celle moyenne constatée sur les
douze dernières années (40 %). On constate les mêmes
proportions pour ce qui concerne les décédés : 22
victimes sur 29, soit 76 % de l'ensemble des décès, alors
que sur douze saisons la part moyenne du nombre de décédés
en hors-piste est de 33 %. De ces 22 décédés en hors-piste,
16 étaient à skis, 5 en snowboard et 1 en monoski. En terme
de décès, il s'agit, avec l'année 1998-99, de la
pire saison depuis le 1er octobre 1989.
À l'inverse, 3 accidents mortels (16,5 %) sur 18 sont survenus
en randonnée. Ce chiffre est inférieur à la moyenne
sur douze ans (40 %). En terme d'accidents mortels, il s'agit, avec la
saison 1993-94, de la moins mauvaise année depuis 1989-90.
De la même manière, des 29 personnes décédées,
5 (17 %) pratiquaient une activité de randonnée (2 à
raquettes et 3 à skis), un chiffre inférieur à la
part moyenne de la randonnée calculée sur douze ans (39,5
%).
Comme l'année dernière, cette saison 2001-2002 est donc
très nettement en défaveur du hors-piste, tant en terme
d'accidents mortels que de décès.
Alors qu'en moyenne, sur douze ans, il y a eu 3 accidents mortels occasionnant
4 décès en alpinisme, cette année un accident a été
la cause d'un décès alors que la victime évoluait
en cascade de glace. Cet accident mortel est survenu en mars. Il n'y a
donc pas eu, comme les saisons précédentes, de décès
en alpinisme "classique" en dehors de l'hiver.
Enfin, un pisteur-secouriste est décédé au cours
d'une opération de déclenchement d'avalanche. L'accident
est survenu le 25 février en Savoie. Il s'agit du 4ème accident
de ce type depuis douze ans, après les accidents des 30 janvier
1990 (Hautes-Pyrénées), 13 février 1996 (Haute-Savoie)
et 25 décembre 2000 (Alpes-de-Haute-Provence).
Bien que, cette saison soit légèrement moins " mortelle
" que la moyenne calculée sur les douze saisons précédentes,
elle n'en demeure pas moins atypique.
Atypique par la gravité des accidents (3ème moins bon ratio
décédés/accident depuis 1989-90) ; par la concentration
exclusive des accidents sur la période hivernale ; par la grande
part des accidents mortels dans le département de la Savoie (près
de 60 % des accidents mortels sont survenus en Savoie) ; par la très
forte proportion des accidents mortels et des décès en hors-piste
(plus de 70 % des accidents mortels et plus de 75 % des décès
sont survenus en hors-piste) et la faible part de la randonnée
(17 % des accidents mortels et des décès).
Répartition dans le temps
La totalité des accidents recensés par l'Anena est intervenue
durant l'hiver (entre le 1er décembre 2001 et le 30 avril 2002).
Tous les accidents mortels se sont concentrés au cours des mois
de décembre, janvier, février et mars.
Les mois de janvier et février, comme pour les douze saisons précédentes,
ont vu se dérouler la majorité des accidents mortels. Mais
cette saison la proportion est plus importante : 11 accidents sur 18,
soit un peu plus de 60 %, alors quen moyenne ces deux mois n'en
représentent que 50 %.
De la même manière, le mois de février représente
la plus grande partie des acci dents mortels (39 %) par rapport aux autres
mois, mais dans une proportion plus grande que sur les douze dernières
années (27 % entre 1989 et 2001).
Enfin, il faut relever que cette année, il n'y a eu aucun accident
hors de la période hivernale alors que l'étude des saisons
de 1989 à 2001 montre qu'en moyenne 17 % des accidents mortels
ont eut lieu entre avril et décembre.
Répartition par département
14 des 18 accidents mortels (77,5 %) sont survenus dans les Alpes du Nord
(Haute-Savoie, Savoie et Isère). Cette proportion est légèrement
supérieure à celle constatée sur les douze saisons
précédentes (70 % des accidents mortels dans les Alpes du
Nord entre le 1er octobre 1989 et le 30 septembre 2001).
Quant aux nombre de décédés (sans compter les accidents
graves à lorigine de plus de 3 décès), la part des Alpes du Nord est cette année
bien supérieure à celle constatée sur les douze années
de référence (19 décès sur 23 dans les trois
départements précités, soit 82 %, pour une moyenne
de 69 % sur 12 ans).
Cependant, et à la différence de ce qui a pu être
relevé au cours des douze dernières années, on constate
cette année une très nette prépondérance des
accidents mortels, et des décès, dans le département
de la Savoie (11 accidents mortels sur 18, soit 58 %, alors que ce chiffre
sur douze ans est de 33,5 %).
À l'inverse, les départements de la Haute-Savoie et de l'Isère
ont connu moins d'accidents fatals qu'en moyenne (Haute-Savoie : 2 accidents
mortels sur 18, soit 11 % ; moyenne sur douze ans : 23 %. Isère
: 1 accidents sur 18, soit 5 % ; moyenne : 12,5 %).
Il y a donc eu relativement moins d'accidents mortels en Isère
et en Haute-Savoie, ceci au détriment de la Savoie.
Dans les Alpes du Sud, seules les Hautes-Alpes ont eu à regretter
des accidents mortels. En effet, 3 accidents sur les 18 recensés
par l'Anena (16,5 %), sont intervenus dans ce département. Cette
proportion, tout comme celle des décédés, est comparable
aux chiffres ressortant de l'étude des accidents mortels d'avalanche
sur douze ans.
Enfin, un seul accident mortel à l'origine d'un décès
en hors-piste a été constaté dans les Pyrénées
(Ariège).
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Pour toute info contactez Fréderic Jarry@anena.org |