78 événements avalancheux répertoriés :
• 20 fausses alertes (intervention sur une avalanche, mais aucune personne impliquée présente, ni ensevelie, ni décédée, ni blessée) ;
• 58 accidents impliquant des personnes, dont 20 mortels :
- 97 emportés
- 37 ensevelis*
- 28 décédés
- 32 blessés
- 37 indemnes
* est considérée comme ensevelie une personne qui a la tête sous la neige.

Ce bilan est établi
à partir des accidents davalanche survenus en France entre
le 1er octobre 2000 et le 30 septembre 2001 et répertoriés
par lANENA. Cette dernière précision est essentielle,
car elle limite la portée des chiffres publiés, dont les interprétations
doivent par conséquent être prudentes.En effet, du fait des
modalités de collecte des données, le bilan ne porte en aucun
cas sur lensemble des accidents sétant produits sur le
territoire français durant cette période. LAnena ne
prend en compte que les accidents pour lesquels une information lui est
parvenue. Or cette collecte de données repose essentiellement sur
la collaboration qui sest établie depuis de nombreuses années
avec les services publics de secours en montagne, gendarmes des PGHM et
CRS de montagne. Dans certains cas, les services de sécurité
des pistes des stations de ski communiquent à lAnena les données
concernant les accidents sur lesquels leur personnel est intervenu. Que
lensemble de ces personnes soit ici remercié.
Parce que les services publics du secours en montagne ninterviennent
pas systématiquement sur lensemble des accidents davalanche,
un certain nombre de ceux-ci échappent au bilan tenu par lANENA
:
ceux qui ne sont pas graves et finissent heureusement bien pour
les personnes impliquées (elles ont pu se dégager et se
secourir seules ou avec laide de leurs compagnons, de façon
auto-nome) ;
ceux qui nont fait intervenir que les services de pistes
des stations de ski qui nen informent pas toujours lAnena.
Ainsi, alors que lAnena a été informée cet
hiver de 29 accidents davalanche sur domaine skiable (1 sur piste
et 28 hors-piste), le SNOSM (Système National dObservation
de la Sécurité en Montagne chargé de collecter auprès
des SIDPC les données relatives aux interventions des services
des pistes des stations de ski) a répertorié au cours de
la même période 42 interventions sur avalanche effectuées
par les pisteurs-secouristes (20 sur piste et 22 hors-piste).
Données générales
Le nombre daccidents non répertoriés est, de fait,
inconnu et difficile à estimer. On peut toutefois estimer quil
peut venir augmenter significativement le nombre total des accidents recensés
par lAnena et donc modifier certains résultats.
En outre, un certain nombre dinformations sont manquantes ou incomplètes
car elles nont pu être relevées au moment du secours.
Enfin, certaines valeurs sont approximatives, car leurs mesures sont parfois
difficiles et donc peu précises.
Quoi quil en soit, tous les accidents mortels sont signalés
à lAnena et sont par conséquent pris en compte dans
le bilan. On remarquera cependant que la limite entre accident
grave et accident léger est très fragile
et tient souvent à peu de choses. Il est donc regrettable de ne
pas avoir de renseignements sur ces incidents, qui auraient pu être
plus graves et qui ont également un coût et dont la prévention
est importante.
Enfin, les comparaisons avec les hivers précédents doivent
être réalisées avec prudence. En effet, il convient,
pour ces comparaisons, de ramener les chiffres bruts à la population
exposée au risque davalanche. Or il est très difficile
destimer, dune année à lautre, lévolution
de la fréquentation de la montagne enneigée, en dehors des
zones sécurisées.
Sur la base dune commande de la Direction de la Prévention
des Pollutions et des Risques (DPPR - Ministère de laménagement
du territoire et de lenvironnement), une étude portant sur
lensemble des accidents mortels survenus en France depuis la saison
1989-1990 nous permet de comparer la saison 2000-2001 aux onze années
précédentes.
Répartition par activités
Alors que durant la saison 1999-2000, le
nombre de décès en randonnée était supérieur
à celui en hors-piste, cette année le contraire est constaté.
Pour cette saison, on dénombre
en effet 10 accidents mortels survenus lors dactivités hors-piste
à lorigine de 13 décès (5 à skis et
8 à snowboard) et seulement 6 accidents mortels en randonnée
à lorigine de 8 décès (2 à raquettes
et 6 à skis). La proportion de décès entre les pratiquants
de hors-piste et de randonnée est donc pour cette saison nettement
en défaveur de lactivité de hors-piste. Ces chiffres
confirment la tendance : le nombre de décédés en
hors-piste et en randonnée croît depuis 1989. Mais laugmentation
est plus importante pour le hors-piste, à tel point quil
y a maintenant plus de décédés en hors-piste quen
randonnée.
3 accidents ont été à
lorigine de 6 décès lors dune activité
dalpinisme. Parmi ces 3 accidents, deux sont survenus en hiver alors
que les alpinistes étaient engagés dans une cascade de glace
(4 décès). Le dernier accident sest déroulé
au mois de juin lors dune course classique en neige.
Il y a eu presque autant de décès
en alpinisme quen randonnée. Lavalanche ne concerne
donc pas uniquement les pratiquants en hors-piste ou randonnée.
Dans certaines conditions, les alpinistes doivent eux aussi prendre en
considération le risque davalanche dans la préparation
et lors de la sortie.
Dans le département des Alpes-de-Haute-Provence,
un pisteur-secouriste est décédé au cours dune
opération de déclenchement davalanche (depuis le 1er
octobre 1989, lANENA a recensé 2 autres accidents mortels
lors dopération de déclenchement : lun en 1990,
lautre en 1996).
Répartition dans le temps
17 des 20 accidents mortels (soit 85 %)
se sont produits durant lhiver, cest-à-dire entre le
1er dé-cembre 2000 et le 30 avril 2001. Ces 17 accidents mortels
ont été la cause du décès de 24 personnes
(soit 85,5 % de lensemble des décédés de cette
saison). On retrouve ici les mêmes proportions que celles calculées
sur les onze années précédentes : 83,5 % des accidents
causant 82 % des décès surviennent durant lhiver.
Comme pour les onze années précédentes,
les mois de janvier et février ont concentré la moitié
des accidents mortels (10 sur 20). Cependant, alors quon a pu constater
quhabituellement le mois de février totalisait le plus daccidents
mortels (entre le 1er oc-tobre 1989 et le 30 septembre 2000, 27 % des
accidents mortels sont survenus durant les mois de février), cette
année cest le mois de janvier qui a compté le plus
daccidents mortels (6 sur 20, soit 30 %).
Il faut noter que cette année,
3 accidents mortels ont eu lieu hors de la période hivernale (du
1er mai au 30 novembre) dont 2 au mois de juin. Ils ont été
à lorigine du décès de 4 personnes. Il nest
pas inutile de répéter que lavalanche frappe même
durant lété.
Répartition par département
11 des 20 accidents mortels (55 %) sont
survenus dans les Alpes du Nord (Haute-Savoie, Savoie, Isère).
Cette proportion est inférieure à la concentration des accidents
constatée sur ces territoires lors des onze années précédentes.
En effet, entre 1989 et 2000, les Alpes du Nord ont compté 70 %
des accidents mortels.
Cette baisse relative sest effectuée
en défaveur des Alpes du Sud, notamment du département des
Hautes-Alpes. 8 accidents mortels (40 %) sont survenus dans les départements
des Alpes du Sud (Hautes-Alpes, Alpes-de-Haute-Provence et Alpes-Maritimes).
Sur onze ans, cette région na compté en moyenne que
18,5 % des accidents mortels et 22,5 % des décès. En loccurrence,
cette année le département des Hautes-Alpes a été
le plus touché en termes daccidents mortels davalanche,
puisquil en totalise 6 sur 20.
En termes de décès, les
départements des Alpes du Nord totalisent 16 décès
sur les 28 répertoriés par lANENA (57 %). Cette proportion
est inférieure à ce que lon a pu constater pour les
onze années précédentes (67 %). Avec 3 décès
sur 28, le département de la Savoie rompt avec la tendance (entre
1989 et 2000, un tiers des décès est survenu dans ce département).
Avec 11 des 28 décès (39
%), les départements des Alpes du Sud voient là encore une
proportion supérieure à celle enregistrée au cours
des onze années antérieures (22,5 % des décédés
entre le 1er octobre 1989 et le 30 sep-tembre 2000). Le département
des Hautes-Alpes est le plus touché cette année, puisquil
totalise 9 décès sur 28.
Il est à noter que cette année,
aucun accident impliquant des personnes na été rapporté
à lAnena dans les départements des Pyrénées.
Par contre, un accident mortel a eu lieu dans le département du
Puy-de-Dôme. Leffort de prévention des accidents davalanche
ne doit donc pas concerner uniquement les Alpes et les Pyrénées
!
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