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-- Localisation des victimes ensevelies sous une avalanche : (suite et fin)
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par François Sivardière
-- Les émetteurs simples

M. Bächler fut le premier, à notre connaissance dès les années quarante, à s’intéresser à la localisation des victimes d’avalanche. En 1965, il avait conçu un émetteur portatif à large bande travaillant autour de 150 kHz . Cette fréquence avait été choisie de telle sorte que son signal puisse être reçu par un poste radio portatif du commerce. L’émetteur avait une portée de 8 à 30 mètres (mesures effectuées en 1973 par le LASP du CENG1). Si l’idée paraissait séduisante, elle ne présentait pas d’avantage parti-culier. Elle fut abandonnée.

-- Les répondeurs électromagnétiques actifs
L’appareil Viri était un émetteur, dont le signal était émis à 150 kHz, modulé à 1000 Hz.
Il ne fonctionnait pas de façon continue, mais seulement quand il était activé à distance (mais à moins de quarante mètres) par le récepteur (signal d’activation d’au moins six secondes). Une fois activé, l’émetteur fonctionnait pendant une durée limitée de quelques secondes à vingt minutes. Lorsque le signal était reçu (sous forme sonore ou de déplacement d’une aiguille), le sauveteur suivait les lignes de champ à l’aide de l’antenne goniométrique du récepteur, puis de l’antenne filaire.
Sur le même principe, un autre appareil a été breveté en Italie au début des années soixante-dix sous le nom de son inventeur, M. Dapiran . Il était composé de trois unités différentes. Un émetteur, utilisé par les secouristes, permettait, grâce aux signaux émis (à 27,56 MHz), de mettre en fonctionnement le répondeur porté par la victime et muni d’un récepteur. Un émetteur contenu dans le répondeur répondait donc aux signaux de l’émetteur manipulé par les secouristes, en émettant à son tour des signaux à une fréquence plus élevée (30,17 MHz). Ceux-ci étaient alors reçus par un radiogoniomètre indiquant au sauveteur la direction du signal émis et la distance approximative à laquelle il se trouvait.
Les essais sur le terrain furent parfois surprenants de rapidité, parfois décevants. Des difficultés étaient posées par la présence d’échos parasites, et l’atténuation effectivement apportée par la neige n’était pas très bien connue. De plus, le fait d’être constitué de trois parties séparées rendait l’utilisation de ce système peu opérationnelle. Son constructeur a donc ensuite eu pour objectif d’en faire un émetteur-récepteur.
Il semble que l’un de ces deux systèmes ait été utilisé sous le nom de balise " Help "
(ou " Elp ") jusque dans les années quatre-vingts. Mais il a ensuite été abandonné.
-- Les émetteurs-récepteurs
Leur principe de fonctionnement est très simple. Le skieur enseveli porte sur lui un émetteur en fonctionnement. Le sauveteur utilise, quant à lui, un récepteur qui capte le signal émis par l’émetteur et lui permet ainsi de le localiser précisément et rapidement.
En 1976, il existait déjà de nombreux émetteurs-récepteurs utilisables pour la localisation des victimes d’avalanche.
Dans certains cas, l’émetteur et le récepteur étaient combinés : ils formaient un seul et même appareil (Skadi , Autophon VS 68, Zellweger, Pieps ).
Le sauveteur pouvait alors être un membre rescapé du groupe, qui commutait son appareil en mode " réception ".
Dans d’autres cas, il s’agissait de deux appareils distincts (Arvesan , Skilok).
Le récepteur était alors souvent encombrant. Il ne pouvait être utilisé que par un secouriste extérieur.
Dans un cas, le Salvi, existaient les deux possibilités : émetteur et récepteur séparés ou combinés.
Le signal émis était soit un champ magnétique modulé en basse fréquence (Arvesan), soit une onde radio électromagnétique elle aussi modulée en basse fréquence (quelques exemples de fréquences utilisées : Skadi, Pieps puis Ramer, Ruf et Redar : 2,275 kHz, Skilok : 9 kHz, Salvi : 11,5 kHz, Lawinen-specht : 108 kHz, Zellweger : 240,5 kHz, Autophon VS 68 et Fitre puis Ortovox : 457 kHz).
Un prototype présenté par la Fondation Eigenmann en avril 1974, pour lequel l’émetteur et le récepteur (à antenne directive, ce qui constituait une originalité) étaient séparés, a été testé sur une très haute fréquence (quelques milliers de MHz) avec succès, mais l’antenne du récepteur était trop encombrante pour envisager un appareil opérationnel.
Le récepteur démodulait le signal reçu et la restituait généralement sous forme d’un signal sonore, audible dans une oreillette, un casque ou un haut-parleur. Celui-ci était d’autant plus intense que le récepteur était plus proche de l’émetteur. Seul le Salvi convertissait le signal reçu en un signal visuel (déplacement d’une aiguille).
Les portées utiles atteintes par ces différents systèmes émetteur-récepteur allaient de quelques mètres (Arvesan) à plus de 40 m (Autophon VS 68), mais se situaient généralement autour d’une dizaine de mètres.

D’une façon générale, tous ces systèmes laissaient entrevoir des perspectives intéressantes en matière de localisation de victimes d’avalanches, sous réserve de certaines améliorations à leur apporter. Un rapport du LASP du CENG de septembre 1974 concluait même que l’avenir était, en termes de victime coopérante, aux systèmes émetteurs-récepteurs portatifs.
Cette conclusion s’est avérée juste, puisque ces systèmes, maintenant appelés Arva (pour Appareil de recherche de victimes d’avalanches) sont unanimement recommandés depuis plus de vingt ans et utilisés par tous les professionnels de la montagne et une proportion de plus en plus grande des pratiquants de la randonnée à ski. Toutefois, seul la technologie fonctionnant avec des ondes électromagnétiques de fréquence 457 kHz a subsisté. Toutes les autres ont disparu, victimes de la concurrence commerciale et/ou de la normalisation, qui depuis 1992, a consacré la fréquence 457 kHz.
-- Autres propositions
D’autres solutions ont été imaginées, mais n’ont pas non plus abouti :

• Émission d’une substance colorante qui devient visible à la surface : sa présence signale visuellement le lieu de l’ensevelissement de la victime. Des problèmes se posent toutefois pour sa mise en œuvre (la personne doit elle-même déclencher la libération de la substance) et sa diffusion (la substance doit remonter à la surface de l’avalanche et non diffuser par gravité, en s’enfonçant). Une piste semblable a été testée, elle aussi sans succès, non pas avec une substance colorante, mais avec un butyrique).

• Source d’émission radioactive portée par le skieur : pour des raisons évidentes de sécurité, les rayons d’une intensité suffisante ne sont pas autorisés.
Conclusions

Dans le cas des victimes coopérantes également, de nombreuses pistes ont donc été étudiées. Mais les contraintes physiques, techniques, économiques et opérationnelles ont eu raison de la plupart d’entre elles. Toutefois, certaines ont, après des débuts difficiles, finalement abouti et permettent d’offrir actuellement aux pratiquants de la montagne enneigée un certain éventail de " jockers " lorsque tout va mal et que l’accident d’avalanche se produit.

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