ANENA
l'ANENA Tout savoir Jurisque avalanche Métiers et formation
infos
--
-- Localisation des victimes ensevelies sous une avalanche : 2° Les victimes coopérantes
--
--
par François Sivardière

Article publié dans "Neige et Avalanches" la revue de l'ANENA, N° 103 - septembre 2003.

Dans le précédent numéro de " Neige et Avalanches " (n° 102, mars 2003), les nombreuses recherches effectuées pour mettre au point des systèmes de localisation de victimes d’avalanche totalement ensevelies sous la neige, et ne portant sur elles aucun dispositif particulier de localisation (victimes dites non-coopérantes) ont été exposées (Lire le résumé de cet article). D’autres pistes ont été explorées, en particulier celles qui consistent à équiper la personne d’un dispositif facilitant sa recherche en permettant de la détecter et de la localiser plus rapidement (ce qui reste, rappelons-le, le principal objectif).

-- La cordelette d’avalanche

Le principe qui a conduit à la cordelette d’avalanche est simple. Lorsqu’un skieur est emporté par une avalanche, la probabilité qu’il soit repéré augmente s’il traîne derrière lui une cordelette de couleur vive, dont il est probable qu’une partie reste visible en surface de l’avalanche. En " remontant " la cordelette, on atteint la victime à laquelle elle est attachée. Elle était donc directement destinée au pratiquant lui-même, qu’il soit professionnel ou non. La cordelette d’avalanche, en nylon ou perlon, mesurait 16 m de long, et avait un diamètre de 3 mm. Elle possédait tous les deux ou trois mètres une bague en laiton sur laquelle était inscrite une flèche indiquant la direction de la victime et la distance l’en séparant. Il semble que son achat ait été assez répandu dans les années soixante-dix, mais que son usage soit resté plus rare, soit parce qu’elle était oubliée, soit qu’elle n’était pas déroulée pendant la sortie (pour des raisons essentiellement pratiques). De plus, quelques essais, effectués par la Fondation Vanni Eigenmann (Milan), ont montré, semble-t-il, une efficacité limitée de l’ordre de 20 à 60 %. Par ailleurs, selon la dureté de la neige et les détours effectués par la cordelette, les quantités de neige à remuer pouvaient être très importantes, augmentant considérablement le temps de dégagement de la victime. En décembre 1976, aucune personne n’avait été retrouvée vivante grâce à ce procédé. En France, une victime a été retrouvée en 1974 grâce à la cordelette d’avalanche, mais morte.
C’est probablement à cause de sa faible efficacité que la cordelette a été par la suite abandonnée et n’est plus utilisée, depuis de nombreuses années, que par quelques " anciens ".

-- Le ballonnet à hydrogène
Le ballonnet est une adaptation de la cordelette d’avalanche. Pour augmenter la probabilité qu’elle reste en surface de l’avalanche, la cordelette (ou une simple ficelle) était reliée à un ballon préalablement gonflé à l’hydrogène qui, ce gaz étant plus léger que l’air, la maintenait au-dessus de la neige. Le skieur évoluait donc, son ballon de couleur vive " flottant " quelques mètres au-dessus de lui. En cas d’ensevelissement, celui-ci indiquait son emplacement .
Ce procédé fut souvent utilisé jusque dans les premières années de la décennie soixante-dix, par les services de sécurité des stations de ski, lors des opérations de déclenchement artificiel des avalanches à but préventif, pendant lesquelles les pisteurs se déplacent dans des zones dangereuses. Ils ont parfois joué leur rôle. Mais leur utilisation n’a pas dépassé ce cadre professionnel (probablement à cause de la lourde contrainte, pour un particulier, de disposer facilement d’hydrogène).
-- Le ballon Holder

Ce ballon qui porte le nom de son inventeur a été conçu dans la première moitié des années 1970, d’après le même principe que les ballonnets à hydrogène : faire en sorte que la cordelette d’avalanche émerge systématiquement de l’avalanche et soit très rapidement repérable, en l’accrochant à un ballon de couleur rouge (de la taille d’un ballon de football) restant toujours à la surface de l’avalanche et n’étant jamais enseveli . Le principe a été validé par plusieurs années de tests sur le terrain. Comme pour la cordelette, le ballon Holder était destiné au pratiquant lui-même.
L’appareil se composait d’une bouteille d’air sous pression (50 cm3 à 200 bars), d’un ballon maintenu en l’état dégonflé, d’une cordelette et d’un système de déclenchement, le tout conditionné dans un emballage porté en brassard. Le levier de déclenchement était prévu pour fonctionner par simple pression de la main, sans pour autant être actionné sous l’effet d’un simple choc consécutif, par exemple, à une chute du skieur.
D’un principe séduisant, ce système s’est heurté à de nombreux problèmes techniques altérant la fiabilité de son fonctionnement. D’un point de vue plus pratique, il fallait que la main opposée au bras porteur soit libre et valide pour venir déclencher le système. Il fallait en outre que l’appareil soit toujours en extérieur, sur la dernière couche de vêtement, quelles que soient les variations vestimentaires du randonneur. Il a été abandonné au début des années quatre-vingts.

-- La détection par magnétomètre (méthode magnétique)

Afin de pallier les principaux problèmes rencontrés par la détection magnétique à partir des seuls objets métalliques qu’un skieur porte habituellement sur lui (forte sensibilité aux anomalies magnétiques naturelles et portée très limitée), on a pensé incorporer un aimant dans son équipement.
Mais, pour que le skieur puisse être détecté à plusieurs mètres, sans confusion avec des signaux parasites, le poids de l’aimant devenait prohibitif. Avec un aimant de taille et de poids raisonnables, la portée restait trop faible. Il fut aussi question, un temps, d’un circuit électronique, d’une fréquence de 20 kHz, d’un volume suffisamment faible pour être introduit dans le talon d’une chaussure de ski.
Les inconvénients cités ci-dessus, d’ordre avant tout opérationnel (mais aussi économique), confirmés par des essais infructueux sur le terrain ont conduit à l’abandon de cette méthode.

-- La détection piézoélectrique

Le principe était séduisant : une pastille piézoélectrique portée par la victime est excitée par une source puissante, enfoncée dans le dépôt de l’avalanche en un point de la zone de recherche. La source était soit une source d’ultrasons, soit un rayonnement électromagnétique. La pastille (répondeur passif) transforme une partie de l’énergie reçue, en émettant à l’inverse des ultrasons ou un rayonnement électromagnétique, qu’il " suffisait " de détecter. Le détecteur devait être utilisé par les secouristes spécialisés. Toutefois, ce type de détection a été abandonné.

Suite
----
aide-- hautaccueilretoursuite © ANENA