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Le point de vue du syndicat des guides et l’état de leurs pratiques

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Pour les guides, qui sont avant tout amenés à évoluer en autonomie, c’est évidemment l’Arva qui s’impose depuis longtemps, avec ses compléments, la sonde et la pelle, et ceci depuis les campagnes de sensibilisations effectuée par le syndicat des guides auprès de ses adhérents dès le début des années 90.

Un souci nouveau est cependant apparu ces dernières années du fait de la relative non compatibilité entre certains modèles d’Arva de marques différentes (qui se traduit par des réductions de portée inquiétantes). Ce qui conduit à préférer, au sein d’un même groupe, un équipement homogène avec des Arva de même marque, ou à défaut, des Arva dont la portée entre eux soit satisfaisante.
Le problème de la portée divise d’ailleurs quelque peu la profession : les uns préfèrent, avec les appareils numériques, une plus grande facilité de recherche (sauf en cas de recherche multi victimes), tandis que les autres restent fidèles aux appareils analogiques, dont la portée est dans l’ensemble double et qui sont très efficaces en recherche multi victimes (mais qui demandent plus d’entraînement).

Et chaque guide de rêver à un appareil simple, à grande portée, et efficace en recherche multi victimes !

En plus de l’Arva, certains guides, peu nombreux, commencent à utiliser le système Avalung et surtout le ballon ABS. En effet, si l’on retire des 15 minutes fatidiques le temps d’organisation, le temps d’approche et le temps qu’il faudra ensuite pour dégager la victime, il ne reste vraiment pas grand chose pour mener à bien une recherche Arva.
Cela conduit à essayer parfois de mettre un peu plus d’atouts dans son jeu, malgré les contraintes apportées par ces nouveaux matériels, en trimbalant encore un peu plus de bazar que d’habitude…
L’Avalung donne théoriquement un répit non négligeable. Sa version actuelle, allégée et peu volumineuse n’est pas incompatible avec le raid à ski. Se le prêter n’est cependant pas très hygiénique, et reste à savoir si l’on est capable, avec les secousses et les chocs de l’avalanche qui dévale, de garder l’embout dans la bouche… Quelques guides, très peu nombreux, l’ont adopté. L’un d’eux, en France, lui doit la vie.

L’ABS résout théoriquement le problème de l’ensevelissement, puisqu’il maintient en surface la victime. Reste le problème du surpoids de près de deux kilos, loin d’être négligeable, du volume peu compatible avec le matériel à emporter en randonnée, de la maintenance (bouteilles de gaz comprimé) et de la capacité de la victime à tirer sur la manette en temps voulu. Quelques guides ont malgré tout adopté ce système, pour eux qui sont les plus exposés, et parfois pour leurs clients, mais en ski hors-piste uniquement.

Et les autres matériels ?
Dans l’ensemble, les guides considèrent qu’aucun, en dehors de ceux qui sont cités plus haut, n’est susceptible de les concerner, soit en raison de leur principe (émetteur simple, Recco, Avalanche Ball), soit en raison de leur fiabilité (émetteur simple, dépourvu de test de piles), soit en raison de leur ergonomie (Avalanche Ball).

Claude REY
Syndicat National des Guides de Montagne

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