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Les systèmes de secours aux victimes d’avalanche :

Synthèse

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Par François Sivardière

Sac à dos ABS

Les statistiques citées au début de cet article montrent, en particulier, que les chances de survivre à une avalanche sont deux fois plus élevées pour les victimes qui ne sont pas totalement ensevelies (95.8 %) que pour celles qui le sont (47.6 %).
De ce point de vue, le sac à dos ABS répond de la meilleure façon qui soit à l’objectif que les systèmes de secours aux victimes d’avalanche se donnent : augmenter les chances de survie d’une personne emportée par une avalanche. Son efficacité réelle, d’après les cas connus, semble même être supérieure à 95 %. Mais un ensevelissement ou le défaut de déclenchement par l’utilisateur ne peuvent pas être totalement écartés. Pour pallier ces éventualités, le sac à dos ABS doit nécessairement être accompagné d’un appareil de localisation (lui-même toujours associé à une sonde et une pelle).

Recco et émetteur simple
Les mêmes statistiques montrent que, si la victime est ensevelie, elle doit être dégagée (donc localisée) le plus vite possible. Compte tenu de la très rapide diminution des chances de survie, seuls des secours immédiatement organisés par les compagnons rescapés de la victime, déjà sur place, offrent le maximum de chances de succès.
De ce point de vue, le Recco est le système de localisation le moins performant. Il doit même être déconseillé aux randonneurs et alpinistes. Ceux-ci pratiquent leur sport favori loin de tout service de secours en montagne. En cas d’accident, ils doivent être autonomes, ce que ne leur permet pas le Recco.
Par contre, pour les pratiquants du hors-piste à proximité des pistes, le Recco peut permettre d’augmenter la probabilité de retrouver la victime vivante. En effet, la quasi-totalité des pratiquants de hors-piste ne font pas la démarche d’investir dans des systèmes de secours aux victimes d’avalanches assurant l’autonomie à un groupe. Même si de meilleurs systèmes existent en termes d’amélioration des chances de survie, il vaut donc mieux être équipé, quand on fait du hors-piste, de deux réflecteurs Recco que ne rien avoir d’autre sur soi.

L’émetteur simple est comparable au Recco sur un point : si tous les membres d’un groupe en sont équipés, il ne permet pas l’autonomie de ce groupe. Les conclusions le concernant sont donc identiques à celles concernant le Recco. Il a cependant un atout par rapport au Recco, qui, faute de mieux, le fera préférer à ce dernier : l’émetteur simple peut être localisé par un Arva.
Par conséquent, des témoins ou compagnons rescapés de la victime peuvent intervenir, sans attendre les secouristes professionnels.

Arva et Avalanche Ball
Il existe actuellement deux appareils de localisation de victimes totalement enfouies sous la neige : l’Arva et l’Avalanche Ball. Le premier est utilisé depuis plus de vingt ans et a fait la preuve de son efficacité quand il est mis en œuvre par des personnes entraînées (plusieurs personnes sauvées chaque année). Le second est très récent. Si des essais, concluants d’après le constructeur, ont pu être réalisés, on doit cependant rester prudent sur ce système.
En tant que système de recherche d’une victime ensevelie, l’Avalanche Ball a sur l’Arva l’avantage de la simplicité et de la rapidité : aucun entraînement ni compétence particulière ne sont nécessaires. Par contre, en tant qu’appareil permettant d’être localisé, l’Avalanche Ball présente l’inconvénient par rapport à l’Arva, de la participation active de l’utilisateur. L’Arva s’allume en position émission dès le départ de la sortie, et aucune action particulière n’est nécessaire quand on se sent emporté par une avalanche. L’Avalanche Ball doit, au contraire, être déclenché au moment où l’on sent l’avalanche partir sous ses pieds.
Par ailleurs, plusieurs incertitudes demeurent à son sujet :
• le ressort permettant au ballon de prendre sa forme fonctionne-t-il toujours ?
• Le ballon reste-il toujours en surface de l’avalanche ?
• Est-il toujours possible de remonter la cordelette jusqu’à la victime ?
Dans l’état actuel des connaissances et des incertitudes pesant sur l’Avalanche Ball, on retiendra qu’un Arva, à partir du moment où l’on sait s’en servir, est l’appareil le plus performant pour retrouver une victime sous la neige, elle-même équipée d’un Arva. Toutefois, l’Arva, comme l’Avalanche Ball, ne sert à (presque) rien s’il n’est pas accompagné de deux autres outils : une sonde et une pelle.
La sonde permet de localiser précisément l’emplacement et la profondeur auxquels se trouve la victime.
Pour le sauveteur, cette certitude est un premier soulagement. Elle permet de commencer à creuser dans les meilleures dispositions mentales possibles. Pour une personne peu entraînée à l’utilisation de l’Arva, la recherche finale est souvent plus rapide avec une sonde.
Dans le cas de l’Avalanche Ball, la précision de la localisation avec la cordelette rend indispensable le recours à une sonde. De plus, la connaissance de la profondeur d’ensevelissement permet d’adapter la taille du trou : plus il faut creuser profondément, plus il sera large au départ. Pour la victime ensevelie, ce premier contact avec le monde extérieur peut être moralement déterminant pour affronter les minutes qui la séparent de son dégagement. Il existe sur le marché de petites sondes démontables et très légères dont l’efficacité est suffisante. Elles sont plus faciles et plus rapides à monter que des bâtons-sondes, qui, de plus, peuvent être perdus dans l’avalanche.
La pelle est le troisième outil à utiliser pour dégager une victime d’avalanche. En effet, brasser la neige avec ses mains, les skis ou un snowboard est une technique de fortune dérisoire. Seule, une pelle adaptée permet un dégagement rapide : il serait aberrant de localiser une victime en cinq minutes et de mettre ensuite une heure pour la dégager. Attention cependant aux petites pelles, certes légères, mais inefficaces voire fragiles.
L’ensemble " appareil de localisation + sonde + pelle " doit être individuel et indissociable car l’absence de l’une de ses composantes annule le gain de temps dû aux deux autres, et compromet fortement l’efficacité du secours.

Avalung

L’objectif de l’Avalung est d’augmenter les chances de survie de la victime en lui permettant de respirer sous la neige. Cela laisse plus de temps à ses compagnons rescapés ou aux secouristes professionnels pour la localiser et la dégager, avec de bonnes chances de la retrouver vivante. Mais, comme le dit son concepteur lui-même, l’Avalung seul est insuffisant. Il doit être utilisé associé à un appareil de localisation, une sonde et une pelle. En effet, la recherche de la victime ne doit pas durer trop longtemps sous prétexte que la victime peut respirer, en particulier à cause de l’hypothermie qui peut survenir. De plus, la participation active et réussie de la personne emportée n’est pas acquise : elle a peut-être perdu l’embout de l’Avalung pendant l’avalanche.

D’une façon générale :
Aucun des systèmes présentés ne constitue une garantie contre le risque d’accident d’avalanche. S’ils augmentent tous, dans des proportions extrêmement variables, la probabilité de retrouver la victime vivante, il est fondamental que les personnes qui s’en équipent ne se croient pas protégées contre les avalanches et ne prennent pas davantage de risque.
Ces systèmes ne garantissent ni leur efficacité ni la survie. Selon les rares études qui existent sur le sujet, la cause du décès de 15 à 40 % des victimes d’avalanche est un traumatisme, sur lequel aucun système vu précédemment n’a d’influence.

Les conséquences d’une avalanche peuvent donc être fatales même si la victime n’est pas ensevelie ou même si elle est très rapidement dégagée.

Il faut donc d’abord tout faire pour tenter d’éviter l’avalanche. L’objectif est de ne jamais avoir à se servir de son équipement de secours en opération réelle, grâce à une meilleure connaissance de la neige et des avalanches et une recherche d’information avant de partir, mais aussi grâce à un sens de l’observation en éveil permanent et une humilité qui pourra aller jusqu’à un prudent demi-tour ou au renoncement.

Combien ça coûte ?

Le point de vue d’un directeur de service des pistes

Le point de vue du syndicat des guides et l’état de leurs pratiques

Le point de vue du Club Alpin Français

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