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Sac à dos ABS
Les statistiques citées au début de cet article montrent,
en particulier, que les chances de survivre à une avalanche sont
deux fois plus élevées pour les victimes qui ne sont pas
totalement ensevelies (95.8 %) que pour celles qui le sont (47.6 %).
De ce point de vue, le sac à dos ABS répond de la meilleure
façon qui soit à lobjectif que les systèmes
de secours aux victimes davalanche se donnent : augmenter les chances
de survie dune personne emportée par une avalanche. Son efficacité
réelle, daprès les cas connus, semble même être
supérieure à 95 %. Mais un ensevelissement ou le défaut
de déclenchement par lutilisateur ne peuvent pas être
totalement écartés. Pour pallier ces éventualités,
le sac à dos ABS doit nécessairement être accompagné
dun appareil de localisation (lui-même toujours associé
à une sonde et une pelle).
Recco et émetteur simple
Les mêmes statistiques montrent que, si la victime est ensevelie,
elle doit être dégagée (donc localisée) le
plus vite possible. Compte tenu de la très rapide diminution des
chances de survie, seuls des secours immédiatement organisés
par les compagnons rescapés de la victime, déjà sur
place, offrent le maximum de chances de succès.
De ce point de vue, le Recco est le système de localisation le
moins performant. Il doit même être déconseillé
aux randonneurs et alpinistes. Ceux-ci pratiquent leur sport favori loin
de tout service de secours en montagne. En cas daccident, ils doivent
être autonomes, ce que ne leur permet pas le Recco.
Par contre, pour les pratiquants du hors-piste à proximité
des pistes, le Recco peut permettre daugmenter la probabilité
de retrouver la victime vivante. En effet, la quasi-totalité des
pratiquants de hors-piste ne font pas la démarche dinvestir
dans des systèmes de secours aux victimes davalanches assurant
lautonomie à un groupe. Même si de meilleurs systèmes
existent en termes damélioration des chances de survie, il
vaut donc mieux être équipé, quand on fait du hors-piste,
de deux réflecteurs Recco que ne rien avoir dautre sur soi.
Lémetteur simple est comparable
au Recco sur un point : si tous les membres dun groupe en sont équipés,
il ne permet pas lautonomie de ce groupe. Les conclusions le concernant
sont donc identiques à celles concernant le Recco. Il a cependant
un atout par rapport au Recco, qui, faute de mieux, le fera préférer
à ce dernier : lémetteur simple peut être localisé
par un Arva.
Par conséquent, des témoins ou compagnons rescapés
de la victime peuvent intervenir, sans attendre les secouristes professionnels.
Arva et Avalanche Ball
Il existe actuellement deux appareils de localisation de victimes totalement
enfouies sous la neige : lArva et lAvalanche Ball. Le premier
est utilisé depuis plus de vingt ans et a fait la preuve de son
efficacité quand il est mis en uvre par des personnes entraînées
(plusieurs personnes sauvées chaque année). Le second est
très récent. Si des essais, concluants daprès
le constructeur, ont pu être réalisés, on doit cependant
rester prudent sur ce système.
En tant que système de recherche dune victime ensevelie,
lAvalanche Ball a sur lArva lavantage de la simplicité
et de la rapidité : aucun entraînement ni compétence
particulière ne sont nécessaires. Par contre, en tant quappareil
permettant dêtre localisé, lAvalanche Ball présente
linconvénient par rapport à lArva, de la participation
active de lutilisateur. LArva sallume en position émission
dès le départ de la sortie, et aucune action particulière
nest nécessaire quand on se sent emporté par une avalanche.
LAvalanche Ball doit, au contraire, être déclenché
au moment où lon sent lavalanche partir sous ses pieds.
Par ailleurs, plusieurs incertitudes demeurent à son sujet :
le ressort permettant au ballon de prendre sa forme fonctionne-t-il
toujours ?
Le ballon reste-il toujours en surface de lavalanche ?
Est-il toujours possible de remonter la cordelette jusquà
la victime ?
Dans létat actuel des connaissances et des incertitudes pesant
sur lAvalanche Ball, on retiendra quun Arva, à partir
du moment où lon sait sen servir, est lappareil
le plus performant pour retrouver une victime sous la neige, elle-même
équipée dun Arva. Toutefois, lArva, comme lAvalanche
Ball, ne sert à (presque) rien sil nest pas accompagné
de deux autres outils : une sonde et une pelle.
La sonde permet de localiser précisément lemplacement
et la profondeur auxquels se trouve la victime.
Pour le sauveteur, cette certitude est un premier soulagement. Elle permet
de commencer à creuser dans les meilleures dispositions mentales
possibles. Pour une personne peu entraînée à lutilisation
de lArva, la recherche finale est souvent plus rapide avec une sonde.
Dans le cas de lAvalanche Ball, la précision de la localisation
avec la cordelette rend indispensable le recours à une sonde. De
plus, la connaissance de la profondeur densevelissement permet dadapter
la taille du trou : plus il faut creuser profondément, plus il
sera large au départ. Pour la victime ensevelie, ce premier contact
avec le monde extérieur peut être moralement déterminant
pour affronter les minutes qui la séparent de son dégagement.
Il existe sur le marché de petites sondes démontables et
très légères dont lefficacité est suffisante.
Elles sont plus faciles et plus rapides à monter que des bâtons-sondes,
qui, de plus, peuvent être perdus dans lavalanche.
La pelle est le troisième outil à utiliser pour dégager
une victime davalanche. En effet, brasser la neige avec ses mains,
les skis ou un snowboard est une technique de fortune dérisoire.
Seule, une pelle adaptée permet un dégagement rapide : il
serait aberrant de localiser une victime en cinq minutes et de mettre
ensuite une heure pour la dégager. Attention cependant aux petites
pelles, certes légères, mais inefficaces voire fragiles.
Lensemble " appareil de localisation + sonde + pelle "
doit être individuel et indissociable car labsence de lune
de ses composantes annule le gain de temps dû aux deux autres, et
compromet fortement lefficacité du secours.
Avalung
Lobjectif de lAvalung est daugmenter les chances de
survie de la victime en lui permettant de respirer sous la neige. Cela
laisse plus de temps à ses compagnons rescapés ou aux secouristes
professionnels pour la localiser et la dégager, avec de bonnes
chances de la retrouver vivante. Mais, comme le dit son concepteur lui-même,
lAvalung seul est insuffisant. Il doit être utilisé
associé à un appareil de localisation, une sonde et une
pelle. En effet, la recherche de la victime ne doit pas durer trop longtemps
sous prétexte que la victime peut respirer, en particulier à
cause de lhypothermie qui peut survenir. De plus, la participation
active et réussie de la personne emportée nest pas
acquise : elle a peut-être perdu lembout de lAvalung
pendant lavalanche.
Dune façon générale
:
Aucun des systèmes présentés ne constitue une garantie
contre le risque daccident davalanche. Sils augmentent
tous, dans des proportions extrêmement variables, la probabilité
de retrouver la victime vivante, il est fondamental que les personnes
qui sen équipent ne se croient pas protégées
contre les avalanches et ne prennent pas davantage de risque.
Ces systèmes ne garantissent ni leur efficacité ni la survie.
Selon les rares études qui existent sur le sujet, la cause du décès
de 15 à 40 % des victimes davalanche est un traumatisme,
sur lequel aucun système vu précédemment na
dinfluence.
Les conséquences dune avalanche peuvent donc être fatales
même si la victime nest pas ensevelie ou même si elle
est très rapidement dégagée.
Il faut donc dabord tout faire pour tenter déviter
lavalanche. Lobjectif est de ne jamais avoir à se servir
de son équipement de secours en opération réelle,
grâce à une meilleure connaissance de la neige et des avalanches
et une recherche dinformation avant de partir, mais aussi grâce
à un sens de lobservation en éveil permanent et une
humilité qui pourra aller jusquà un prudent demi-tour
ou au renoncement.
Combien ça
coûte ?
Le point
de vue dun directeur de service des pistes
Le point de vue
du syndicat des guides et létat de leurs pratiques
Le point de vue
du Club Alpin Français
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