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-- Dossier : Les systèmes de secours aux victimes d’avalanche

Le Sac à dos ABS

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Par François Sivardière
Principe

L’efficacité du ballon ABS repose sur le principe physique de la " ségrégation inverse " : dans un écoulement de particules de différentes tailles, les plus volumineuses sont en surface. Une personne emportée par une avalanche et occupant un volume important reste donc en surface de l’avalanche pendant l’écoulement.
La probabilité qu’elle ne soit pas ensevelie à l’arrêt de cette avalanche est alors élevée.
Ce gros volume est obtenu par le gonflement de deux ballons de 75 litres chacun, solidaires d’un sac à dos que doit porter la victime. En conséquence, il ne s’agit pas d’un effet de flottabilité comme on pourrait le penser.

L’appareil et son fonctionnement

Le sac à dos ABS a été développé par un forestier allemand (J. Hohenester, 1975-79).
Mais c’est un autre allemand, P. Aschauer, qui a repris cette idée à la fin des années quatre-vingt pour en faire un appareil maintenant fiable. Les deux ballons ABS, pliés, se trouvent chacun dans une poche latérale du sac à dos. En tirant sur une poignée, la personne qui est emportée par une avalanche provoque le gonflement des ballons, grâce à la vidange rapide (3-4 secondes) d’une cartouche d’azote comprimé à 300 bars (elle-même située dans le sac à dos).

Intérêt

Les quelques tests effectués (depuis 1995) avec des mannequins et plus de cinquante cas d’utilisation réelle du sac à dos ABS révèlent la grande efficacité de ce produit : plus de
95 % de réussite (c’est-à-dire de survie de la personne emportée). Même lorsque la victime était totalement ensevelie (un peu plus de 10 % des cas), le ballon ne l’a jamais été : il est toujours resté visible. La localisation de la victime est alors immédiate, et son dégagement rapide car, dans le pire cas, elle n’est qu’enfouie sous 20 à 40 cm de neige.

Limites

D’un point de vue très pratique, deux problèmes peuvent limiter l’utilisation du sac à dos ABS : son prix (voir tableau ci-joint) et son poids (surpoids dû aux ballons et aux accessoires d’environ 1,85 kg).

En termes plus opérationnels, deux inconvénients importants existent. Le gonflement du ballon nécessite une participation active de la victime : c’est elle qui tire sur la poignée quand elle se sent emportée par l’avalanche. Il faut donc d’abord qu’elle pense puis qu’elle réussisse à s’en saisir. Quelques témoignages confirment cette difficulté : cela n’est pas aussi facile à dire qu’à faire dans la situation de stress que représente un accident d’avalanche. Ce geste n’est donc pas automatique et nécessite un certain entraînement mental.
D’autre part, la victime avec son ballon gonflé peut s’arrêter (ou être arrêtée) alors que la neige de l’avalanche continue de descendre. Elle peut alors être recouverte et ensevelie sous la neige : le ballon n’aura, dans ce cas, servi à rien. C’est d’ailleurs l’origine de l’un des deux décès portés à notre connaissance d’une victime d’avalanche ayant pourtant réussi à gonfler son ballon ABS (dans le deuxième cas, la victime a sauté des barres rocheuses et les ballons ne lui ont été d’aucun secours). Le port complémentaire d’un appareil de localisation est donc nécessaire.

Pour plus de précisions :
• Sivardière F., Zuanon JP., Le ballon avalanche : pour ou contre ?
ANENA, Neige et Avalanches n° 72, décembre 1995, 4 p.

• Tschirky F., Kern M., Brabec B., 10 ans d’expérience avec le ballon ABS. ANENA, Neige et Avalanches n° 93, mars 2001, 4 p.

www.absairbag.com

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