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Dossier : Les systèmes de secours aux victimes d’avalanche

Le Recco

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Par François Sivardière
Principe

Ce système est dit passif car l’appareil porté par la victime fonctionne sans apport d’énergie et n’implique pas d’action particulière de sa part pour pouvoir être repérée. Il ne fait que réfléchir un signal électromagnétique extérieur émis par un détecteur qui le localise grâce à cette réponse. En 2003, il n’existe qu’un appareil fonctionnant sur ce principe, commercialisé par la société suédoise Recco, à l’origine de son développement dans les années soixante-dix.
Le principe de fonctionnement du Recco repose plus précisément sur celui du doublage de fréquence. La partie émettrice du détecteur envoie un signal électromagnétique de fréquence 917 MHz. Lorsque ce signal rencontre un réflecteur (le répondeur passif au sens strict), il est renvoyé vers le détecteur, avec une fréquence doublée (1834 MHz). Le signal en retour est capté par la partie réceptrice du détecteur et transformé en ondes sonores dans des écouteurs.
Lors de certaines recherches opérationnelles, le signal a été réfléchi par des appareils électroniques non spécifiques (téléphones portables, badges d’abonnement aux autoroutes, montres, etc.).

 

L’appareil et son fonctionnement

Le système Recco est constitué de deux parties :

Le détecteur est l’unité de recherche utilisée par les services de secours, spécialement formés à son emploi. Il est composé d’un appareil électromagnétique à la fois émetteur et récepteur qui fonctionne grâce à des batteries.

Les réflecteurs (ou répondeurs) sont portés par les pratiquants des sports d’hiver, fixés ou intégrés dans leurs chaussures ou vêtements.

Ce sont de petites plaquettes composées d’une antenne en cuivre et d’une diode.
Ils fonctionnent sans pile, ni batterie, d’où le qualificatif " passif ". Pour des raisons d’efficacité de détection, il faut porter un réflecteur de chaque côté du corps.

Intérêt

Le système Recco est un complément aux moyens traditionnels utilisés par les secouristes professionnels (chiens d’avalanche et vagues de sondage). Dans les stations de ski qui ne disposent pas d’équipe cynotechnique avalanche, il est même la seule alternative aux vagues de sondage, en attendant l’arrivée des maîtres-chiens d’avalanche des services publics ou des stations voisines. Par rapport à ces techniques, il peut réduire le délai d’intervention sur l’avalanche, la durée de l’opération de secours et le nombre de secouristes sur zone.
Les caractéristiques des réflecteurs sont telles que tout le monde peut facilement en porter. Grâce à leur très faible poids et volume, ils se font vite oublier. Ils sont d’autre part d’un prix modique voire nul, car intégrés dans des vêtements de sports d’hiver. En outre, ils ne requièrent par définition aucune compétence particulière, ni entraînement. Ils sont enfin en permanence prêts à réfléchir le signal du détecteur (pas de mise en marche à effectuer, ni de piles dont il faut surveiller l’état, et leur durée de vie est théoriquement illimitée, sauf destruction mécanique).

Limites

La première tient au principe même du Recco : il ne détecte que les personnes qui portent au moins un réflecteur. Attention, par conséquent, aux réflecteurs qui peuvent être perdus car mal collés sur les chaussures, et aux vêtements dans lesquels ils sont parfois intégrés et qui peuvent être enlevés au cours de la journée.
D’un point de vue technique, il existe des cas où le détecteur voit ses performances réduites (neige mouillée, la majorité des accidents a toutefois lieu en plein hiver quand la neige est sèche ; victime avec un seul réflecteur et le recouvrant ; victime profondément ensevelie).
Mais la principale limite du Recco est liée au fait que seuls les secouristes professionnels utilisent le détecteur. En cas d’accident, il faut attendre qu’ils soient prévenus et arrivent sur place. Le système Recco ne permet donc pas à un groupe d’être autonome en cas d’avalanche, ce qui est pourtant fondamental. Il n’est par conséquent absolument pas adapté à la pratique de la randonnée en montagne (à ski, à raquettes, à snowboard ou à pied) et de l’alpinisme. Il ne concerne que les pratiquants du hors-piste à proximité des pistes.
Ce public étant globalement peu sensibilisé aux questions relatives aux avalanches, l’ANENA estime important de rappeler que le port de réflecteurs Recco n’augmente pas la sécurité et ne réduit pas nécessairement le risque d’avalanche. Le délai d’intervention des secours peut en particulier compromettre les chances de dégager rapidement la victime.

Pour plus de précisions :

• Sivardière F., Recco, que faut-il en penser ? ANENA, Neige et Avalanches n° 76, dec. 1996, 4 p.

• Sivardière F., Recco : intérêts et limites . ANENA, Neige et Avalanches n° 99, sept. 2002, 4 p.

www.recco.com

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