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L'objectif
des tests réalisés durant lautomne 2000 était
de mieux connaître les caractéristiques pratiques des Arva
présents sur le marché français. Les résultats
ont été exposés dans Neige et Avalanches n° 92
(décembre 2000) et discutés dans Neige et Avalanches n°
93 (mars 2001).
Lapproche des tests sur le terrain était empirique. LANENA
a tenté, en multipliant les mesures et le nombre de " testeurs
", de les rendre aussi objectifs que possible. Cependant, compte
tenu des moyens de lANENA mais aussi des lois statistiques, les
résultats ne pouvaient que donner des indications et des ordres
de grandeur. Il était donc nécessaire deffectuer des
mesures plus objectives, indépendantes des personnes manipulant
les appareils.
Par ailleurs, les Arva sont des appareils électromagnétiques
qui doivent en principe respecter une norme, garante, entre autres, de
leur compatibilité. Mais, les mesures faites en laboratoire dans
le passé ont montré que les constructeurs ne respectent
pas toujours cette norme. Il convenait donc également de sassurer
en toute indépendance de la conformité des Arva à
la norme.
LANENA a donc mandaté une société lyonnaise
de conseils et dingénierie en compatibilité électromagnétique,
radio et en sécurité électrique (R-F Consulting)
pour procéder à certains tests radio sur les Arva. Les tests
demandés avaient pour but de mesurer de façon indépendante
et sans possibilité dinterprétation subjective certaines
caractéristiques fondamentales des Arva. Les résultats qui
sont présentés ci-après ont été interprétés
suivant deux axes :
- la vérification de la conformité à la norme de
certaines caractéristiques électromagnétiques des
Arva ;
- la comparaison, le cas échéant, avec les résultats
obtenus sur le terrain en novembre 2000.
Fréquence à lémission
La fréquence
normalisée démission des Arva est de 457 kHz ±
100 Hz. Les mesures montrent que pour deux Ortovox F1 focus et deux Ortovox
M1 sur les quatre testés de chaque modèle, lécart
de fréquence est supérieur à -100 Hz (de -105 à
-117 Hz) à -20°C. Dans le cas du M1, de telles valeurs avaient
déjà été obtenues en 1998 lors des tests Arva
1998, sous légide de la CISA-IKAR. Il semble donc que rien
nait été fait pour modifier ce problème ! Il
faut souhaiter que la société Ortovox se préoccupe
sérieusement de cette caractéristique sur tous ses appareils.
En effet, par rapport à la nouvelle norme (écart maximum
de ± 80 Hz), la non-conformité de ses Arva serait encore
plus grande :
elle apparaîtrait selon les mêmes proportions (deux sur quatre)
dès -5°C, et à -20°C, seul un M1 serait conforme
sur les huit Arva. Que dire alors pour -30°C où il semblerait
que tous les Ortovox soient non-conformes !
Dune façon générale, les écarts de fréquence
obtenus, toutes températures confondues, sont de -34 à -117
Hz pour les Ortovox et de -10 à +21 Hz pour les trois autres modèles.
Sauf pour les Ortovox (lécart augmente quand la température
diminue), il na pas été mis en évidence de
variation linéaire de lécart de fréquence en
fonction de la température.
Cycle de fonctionnement
Deux Ortovox
F1 focus (sur quatre) ne sont pas conformes à la norme à
25°C. Aux autres températures, ces deux appareils flirtent
avec la limite, mais du bon côté. Selon les conclusions du
rapport des tests, " les écarts avec les exigences de la norme
sont faibles, mais traduisent cependant une conception de loscillateur
de commande trop sensible à la température, permettant denvisager
pour la température extrême maximale prévue par la
norme (+ 45 °C) une possibilité de non conformité de
lensemble de la gamme de produits F1 ". Dun point de
vue pratique, cette remarque doit être rapprochée des conditions
réelles dutilisation des Arva, qui natteignent jamais
de telles températures (surtout sous la neige).
Puissance du signal à lémission
Les essais
nont été, dans ce cas, effectués quà
une seule température (+6,5°C). La norme ETS 300 718 encadre
par une valeur minimale et une valeur maximale la puissance du signal
émis par un Arva.
En ce qui concerne la valeur maximale, les appareils testés sont
tous conformes aux prescriptions de la norme. Les valeurs mesurées
pour les Arva 9000 sont supérieures à la valeur maximale
autorisée par la norme. Mais la norme a prévu une possibilité
dincertitude de mesure pour ces essais, grâce à laquelle
ils ne sont en fait pas totalement non-conformes. Ces mêmes mesures
confirment donc les mesures de portée maximale effectuées
sur le terrain à lautomne 2000 qui avaient laissé
présager que lArva 9000 a une puissance démission
supérieure aux autres modèles (en configuration "champ
maximum ").
Par contre, aucun appareil testé nest conforme à la
norme en ce qui concerne la valeur minimale de la puissance démission
du signal ! On peut se demander pour quelles raisons les constructeurs
ne respectent pas cette spécification pourtant fondamentale puisque
garantissant un niveau minimum de puissance démission (cest-à-dire
une portée
minimale !). La nouvelle version de la norme ne prévoit plus de
valeur minimale de puissance, ce qui rassurera les constructeurs, mais
pas les utilisateurs.
Enfin, des mesures complémentaires ont montré que la température
navait pas une grande influence sur la puissance démission
des Arva testés.
Émissions parasites
"Seules
les mesures en champ magnétique (ont été) effectuées,
et encore dans la seule position émission " (rapport des essais).
Les raisons en sont une optimisation du rapport pertinence/prix des essais
radio. Le rapport conclut sur ce point : " tous les produits sont
conformes aux prescriptions de la norme ETS 300 718 en ce qui concerne
la valeur maximale du champ rayonné sur les deux premiers harmoniques
de la fréquence démission de 457 kHz".
Sensibilité du récepteur
Dans ce
cas, les mesures ont été effectuées à une
seule température : 12°C. De plus, ce test étant très
long, il a été décidé de ne faire les mesures
que sur un seul produit par marque au lieu de quatre. Les appareils testés
sont conformes à la norme.
Par ailleurs, des mesures complémentaires (sur quatre produits
par marque) ont été effectuées à dautres
températures dans des conditions particulières. Permettant
de comparer les Arva entre eux, elles ont mis en évidence une dispersion
assez importante de la sensibilité des appareils dun même
modèle en fonction de la température. Sauf dans le cas des
Tracker, la sensibilité des Arva saméliore quand la
température est basse (ce qui est un atout vu les conditions les
plus fréquentes de température pendant un secours).
Ces mesures de sensibilité du récepteur confirment en tout
point les observations qui avaient pu être faites lors des tests
sur le terrain, et particulièrement le fait que les deux modèles
dOrtovox ont une sensibilité nettement supérieure
à celles des autres modèles. Ceci est tout à fait
cohérent avec les portées utiles calculées à
partir des mesures de portée maximale (Ortovox : 20 m environ,
autres marques : 10 m environ).
Enfin, le rapport des essais en laboratoire conclut cette partie par deux
remarques qui viennent conforter une nouvelle fois les résultats
des tests sur le terrain :
- la portée (calculée théoriquement) varie en fonction
des différents modèles du simple au double (comme le rapport
entre 10 et 20 m, par exemple) ;
- la norme autorise dans certaines conditions, des portées sur
le terrain " largement inférieures à 30 mètres
" !
Largeur de la bande passante de réception
Ce paramètre
caractérise la sélectivité du récepteur. Plus
la bande passante est large, moins le récepteur est sélectif
(et moins il est sensible). La norme ne spécifie rien à
ce sujet.
Dans la mesure où la norme autorise une émission entre 456,900
kHz et 457,100 kHz, il semblerait logique que les récepteurs soient
en mesure de capter avec la même sensibilité toutes les ondes
dont la fréquence se situe dans cette fourchette. Cest le
cas pour le seul Tracker DTS. Pour les autres modèles (sauf le
M1 dans une moindre mesure), leur sensibilité est en particulier
très dégradée (de -5 à -10 dB) pour les ondes
de fréquences comprises entre 456,900 kHz et 456,950 (voire 456,960)
kHz (gamme démission des deux types dOrtovox à
10°C et moins).
Durée de fonctionnement
Les durées
de fonctionnement des Arva ont été calculées à
partir de mesures de consommation dun appareil de chaque modèle.
Les coûts et les délais très longs pour ce type de
mesures ont empêché lANENA de faire des tests sur un
nombre plus grand dappareils. Toutefois, pour ce type de paramètre,
on peut considérer que cela est suffisant.
Tous les modèles sont conformes à la norme : ils permettent
tous un fonctionnement en émission pendant 200 heures au moins
(de 250 heures jusquà plus de 400 heures pour lun deux
à température ambiante). À lissue de 200 heures
démission, il leur reste à tous suffisamment dénergie
pour fonctionner en mode réception pendant au moins une heure (comme
le prévoit la nouvelle version de la norme). Des essais ont également
été réalisés afin de vérifier que lautonomie
reste suffisante lorsque les produits sont utilisés au froid
(-10 °C en moyenne).
Par ailleurs, le moment où il est conseillé de changer les
piles en fonction de lindication donnée par lArva savère
particulièrement bien choisi pour tous les modèles (pour
lOrtovox F1 focus les mesures ont été toutefois impossibles
pour des raisons techniques). Dans le cas de lArva 9000, lindication
de changement des piles est même plutôt prématurée,
ce qui va toutefois dans le sens de la sécurité.
Conclusions
Complétant
une série de tests effectués sur le terrain en novembre
2000, les essais menés par un laboratoire indépendant sur
cinq types dArva ont permis de :
- mettre en évidence le non-respect de la norme par tous les constructeurs
sur un paramètre (puissance minimale à lémission)
et par lun dentre eux sur dautres paramètres
(en particulier la fréquence du signal à lémission)
;
- confirmer les mesures faites sur le terrain.
Ainsi, les conclusions des études comparatives des caractéristiques
des différents modèles testés sont les mêmes,
quelles proviennent des observations et mesures sur le terrain ou
des essais radio en laboratoire. En particulier, si nimporte quel
Arva en réception est en mesure de capter nimporte quel Arva
en émission, la portée de la liaison variera en fonction
du modèle de lémetteur et du modèle de récepteur,
du simple au double.
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