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La recherche des victimes d’avalanche
par sondage

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Par Alain DARRHORT - PGHM 1, Philippe HENRY - CNEAS 2,
Jacques OTTONELLO - CNISAG 3, Emmanuel SCHMUTZ - ENSA 4

Article publié dans "Neige et Avalanches" la revue de l'ANENA, N° 101 - mars 2003.

1. PGHM : Peloton de Gendarmerie de Haute Montagne.
2. CNEAS : Centre National d’Enseignement à l’Alpinisme et au Ski de la police nationale.
3. CNISAG : Centre National d’Instruction au Ski et à l’Alpinisme de la Gendarmerie nationale.
4. ENSA : École Nationale de Ski et dAlpinisme.

L’avalanche restera toujours un risque important pour les pratiquants de la montagne enneigée. L’amélioration et la multiplication des moyens électroniques de détection et de localisation de victimes, le développement des instruments de protection passive, la performance des équipes cynophiles, la célérité globale des différents organismes de secours, pourraient conduire certains pratiquants à un sentiment de protection face à ce risque.

Il n’en demeure pas moins qu’il faut envisager l’éventualité de recherches infructueuses par :
• Echec des moyens électroniques pour des raisons diverses (défaillance technique, inadéquation du matériel choisi en situation d’autonomie, incompatibilité encore possible, etc.).
• Echec des équipes cynophiles (qualités de neige bloquant la remontée des effluves, ou autres facteurs).

À partir de cet instant, la seule chance de survie d’une victime ensevelie repose sur la rapidité de sa localisation par sondage, puis sur son dégagement.
Se trouve donc immédiatement posé le problème de la possession des outils nécessaires, mais ce n’est pas le but de cet article…quoi que !…

Une équipe de formateurs de l’ENSA, du CNEAS, du CNISAG et de secouristes du PGHM de Chamonix, s’est penchée sur les techniques de sondage.

À partir des documents existants, ils ont constaté des disparités de méthodes, et une absence de justification technique des différents choix.
Leur expérience de terrain les a amenés à constater les grandes différences entre la théorie et la mise en pratique.
Leur démarche a consisté à redéfinir des méthodes rationnelles, réalisables et applicables de manière durable. Sur le plan technique, les choix faits ont été justifiés. Ils découlent de l’analyse des différentes statistiques (temps d’ensevelissement, profondeur, etc.) et de l’observation répétée des vagues de sondage à l’œuvre.

On peut constater :

• qu’il est très difficile de maintenir un alignement parfait au sein d’une vague de sondage ;
• que l’on ne peut pas garantir un pas de grille constant ;
• que, de fait, la méthode utilisée sur le terrain est souvent une méthode hybride entre
le " Rapide " et le " Minutieux ".

La nature de l’avalanche, la qualité de la neige, les conditions météorologiques, le profil du terrain, l’inexpérience des secouristes occasionnels requis, la fatigue et l’usure psychologique sont autant de facteurs à intégrer pour cerner les limites d’efficacité du sondage.

En conséquence le travail effectué a privilégié les axes suivants :

• Définir la méthode de sondage au plan purement théorique, en prenant en compte les statistiques de découvertes existantes.
• Expliquer et justifier chaque choix.
• Vérifier sa cohérence lors de la transposition dans des conditions réelles.
• S’assurer de la réelle possibilité d’appliquer et de contrôler la méthode dans la durée, quels que soient les intervenants.

La difficulté du sondage ne réside pas en effet dans la définition d’un mode opératoire basé sur le simple bon sens, mais bien dans la possibilité de garantir que sa mise en œuvre est strictement respectée, et contrôlable en continu par le chef de vague.

-- Le sondage
Fanion de balisage

Il existe deux modes de sondage dont les finalités sont identiques : la découverte des victimes, mais :
• l’un privilégie la rapidité, facteur primordial dans les chances de survie des personnes ensevelies. Il s’agit du sondage rapide, au cours duquel on espère retrouver des survivants (voir graphique 1) ;
• l’autre, mis en œuvre après échec de toutes les méthodes précédentes, beaucoup plus long, a pour but de garantir que le secteur sondé ne renferme plus aucune victime. Il s’agit du sondage minutieux dont la finalité est la découverte assurée des corps ensevelis.

A/ Le sondage rapide

On augmente les chances de survie en mettant en œuvre au plus tôt un sondage rapide.
Les statistiques de découverte de personnes ensevelies ayant survécu, montrent qu’elles se trouvaient à une profondeur inférieure à deux mètres (plus des deux tiers se trouvent à moins d’un mètre).
Ces deux données permettent de logiquement limiter l’enfoncement de la sonde à une profondeur de deux mètres, facteur de gain de temps et de maintien d’efficacité.
Sur le terrain, lors d’observations de vagues de sondage, en action sur de vraies avalanches, les sondeurs recherchent toujours, quelle que soit la méthode utilisée, l’enfoncement maximal de leur sonde.
La recherche de cette efficacité dans le sondage passe en priorité par la définition d’une taille de grille constituée par l’alignement des trous de sonde, compromis entre la rapidité et la garantie de ne pas passer sur la victime sans la trouver.
La grille utilisée a 50 cm de côté. Le choix de ce pas de grille découle de nombreux essais effectués avec des corps ensevelis (morphologie d’adultes de taille moyenne, sans sac) dans différentes positions.
Le mode opératoire défini doit être simple à mettre en œuvre et le contrôle de son efficacité dans le temps facile et sûr pour le chef de vague.

Méthode
La vague de sondage doit être limitée en nombre afin de permettre un contrôle réellement efficace par le chef de vague (15 à 20 sondeurs).

• Commandement
" Alignez-vous, épaule contre épaule "
La position de départ :
Les personnes sont alignées " épaule contre épaule ", ce qui garantit la cohésion de la vague de sondage et son maintien de façon simple et durable.
La constance de l’alignement ainsi que son contrôle sont également facilités.
Les sondes sont tenues verticalement et alignées entre les pieds de chaque sondeur.
Il en résulte un écartement moyen de 50 cm entre chaque ligne axiale de sondage.

• Commandement
" Sondez "
La sonde est enfoncée verticalement de deux mètres.
Dans cette optique, il serait souhaitable que les sondes comportent un repère visuel de profondeur.
À l’issue du sondage, chaque sondeur positionne sa sonde 50 cm en avant, sur le prochain emplacement de sondage et l’appuie sur l’épaule droite, dans l’attente du commandement suivant. Cette méthode permet au chef de vague de vérifier que le sondage précédent a été effectué. Elle indique aussi que les prochains emplacements se trouvent bien à 50 cm et sont toujours alignés.

• Commandement
" En avant "
Les sondeurs avancent et se mettent en position de sondage, les pieds de part et d’autre de la sonde comme précédemment, jusqu’au commandement suivant :
" Sondez "
Cette méthode garantit un déplacement effectif de 50 cm, et constitue de fait une grille de 50 cm par 50 cm.
Cette grille est cohérente sur les deux axes et permet de penser qu’une victime de mensurations normales, se trouvant dans les positions les plus courantes, serait probablement touchée.

Balisage

Afin de visualiser les zones ayant été sondées, il est nécessaire de planter des fanions rouges de sondage pour les délimiter avec précision.
Ils doivent être plantés dans les trous de sondes des deux sondeurs se trouvant aux extrémités de la vague de sondage, tous les six trous (environ 3 mètres).
Il est important de respecter un code de balisage des zones sondées afin de pouvoir déterminer au premier coup d’œil si l’on a procédé à un sondage rapide ou minutieux.

Suite
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