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-- Premiers secours à une victime d’avalanche (suite et fin)
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par le Dr Didier Favrie
-- Dégager la ou les autres victimes

Pour dégager la ou les victimes, la priorité est donnée à la recherche autonome par le reste du groupe. Si, des équipes de secours professionnelles devaient intervenir dans cette phase de recherche, il faut savoir que les chiens d’avalanche ne sont pas gênés par les odeurs de surface et vous pouvez parcourir l’avalanche. En revanche, il ne faut ni manger ni uriner près de celle-ci.
Une capacité d’organisation rapide de la recherche sur le terrain est nécessaire. Pour cela il est indispensable de maîtriser les différentes phases d’une recherche efficace (recherche d’indices visuels, recher-che avec l’ARVA, utilisation de la sonde) et de les adapter à la situation.

La recherche sera organisée d’autant plus rapidement que vous aurez répété des entraînements tous les hivers (il faut savoir que dans les PGHM, au moins cinq exercices sont effectués par saison, en dehors de l’expérience apportée par les recherches faites sur les secours).

Les premiers soins
De la même façon, vos premiers soins peuvent être plus efficaces, si vous avez suivi des cours de secourisme (AFPS), des séances de recyclage et si vous pratiquez.

1/Lutter contre l’asphyxie et donc dégager d’abord la tête (attention, il ne faut pas bouger le cou).
Libération des voies aériennes : Si la victime est inconsciente, mettre un doigt dans la bouche pour enlever la neige (il faut souvent s’y prendre à plusieurs reprises) et ôter éventuellement un appareil dentaire (il peut y en avoir deux et cela même chez de jeunes adultes). On peut avoir la surprise - et le soulagement - de voir la victime inconsciente reprendre la respiration par une grande inhalation.
Dégager ensuite le thorax qui, comprimé par une neige compacte, n’a pas une expansion thoracique assez importante.
Si la victime est inconsciente et ne respire pas, entreprendre les manœuvres de bouche à bouche. Il nécessite pour être efficace une extension prudente du rachis cervical et une rotation de la tête vers l'arrière, plaçant ainsi le menton vers le ciel et, si on a appris à l’utiliser, la pose d’une canule de Guedel. Il faut toujours prendre garde à mobiliser le rachis dans l’axe du tronc.

En cas d'absence de signes ventilatoires, libérer les voies aériennes, mettre la tête en extension, menton vers le ciel et pratiquer un massage cardiaque.

Le dégagement complet de la victime n’est pas forcément nécessaire et ne doit pas retarder ces premiers soins.

2/Les premiers soins de traumatologie sont limités
il faut d’abord ne pas nuire : une victime inconsciente est suspecte a priori d’une fracture du rachis en particulier cervical. Si les premiers soins de lutte contre l’asphyxie sont efficaces, la victime vous saura gré de ne pas être tétra ou paraplégique.
De la même façon, mobiliser un membre brisé est très douloureux et ne sert à rien si des secours organisés sont présents rapidement. Cependant si ce n’est pas le cas et si on sait le faire, réaligner un membre par une traction continue et douce est utile.
Arrêter une hémorragie est en revanche fondamental, mais celle-ci survient rarement dans une avalanche. Le mieux est d’agir par compression directe sur la plaie par exemple à l’aide d’une compresse ou d’un mouchoir propre, par une surélévation d’un membre et sinon par un poing de compression à la racine d’un membre. L’usage d’un garrot doit rester exceptionnel.

3/Protéger de l’hypothermie
La victime est mieux isolée dans la neige que si on l’en extrait et qu’elle est laissée en plein vent.
Si elle est consciente, on peut l’isoler de la neige grâce à une couverture de survie placée sous le corps qui, si elle ne protège ainsi pas du froid, protège de l’humidité, et grâce à des vêtements ou un ou des sacs à dos.
Si la victime n’est pas consciente, il faut absolument éviter de la mobiliser à cause du risque de déplacement secondaire d’une fracture du rachis.

Si la victime est consciente et seulement dans ce cas, on peut lui faire boire une boisson tiède. On peut mettre une bouillotte (gourde tiède) sur le ventre et sur le thorax mais pas sur les membres. En effet, les extrémités doivent être froides afin de permettre la sauvegarde du noyau central (cerveau, cœur, poumon, reins) et il existe un risque de désamorçage de la pompe cardiaque lors du réchauffement ou de la mobilisation.
4/L’Évacuation
La méthode de choix est bien sûr l’hélicoptère et son équipage de professionnels.
Une évacuation par ses propres moyens ne doit être envisagée que si des secours organisés ne peuvent pas arriver rapidement sur place (éloignement, absence de moyens de transmission, météo). Mais, une victime inconsciente ne doit pas être mobilisée ; une victime sérieusement atteinte ou qui a été en état d’asphyxie ne doit pas être mobilisée.
Un blessé fracturé ne peut être transporté que correctement immobilisé, ce qui pose des problèmes matériels certains.
Enfin, la mobilisation d’un blessé instable ou d’un patient en état d’hypothermie peut entraîner un arrêt cardiaque.
Un blessé doit être évacué à plat ou tête en bas.
L’usage d’un traîneau de fortune doit sans doute être réservé à un exercice lors d’un jour de mauvais temps lorsque le moral est morose ; une traversée en dévers avec une victime factice et quatre autres amis est en effet un exercice qui rend heureux pour la journée et l’on en parlera longtemps autour d’un vin chaud.
Ainsi, sauf conditions exceptionnelles, il vaut mieux laisser la victime dans son trou et agrandir l’abri pour les autres compagnons en attendant les secours.

Une sortie en montagne débute bien avant le début de la course :
le niveau des participants et leurs conditions du moment, l’expérience, l’étude des prévisions météorologiques et nivologiques sont déterminants dans le choix et permettent de réduire le risque d’une course même a priori anodine.
Si malgré tout survenait une avalanche, la trilogie ARVA-pelle-sonde et les exercices répétés par chacun devraient permettre de travailler plus sereinement et de retrouver plus rapidement des victimes indemnes.

Remerciements

Je remercie chaleureusement les PGHM de Chamonix et de Jausiers, le Professeur Girardet et mes amis randonneurs et alpinistes de m'avoir fait partager leurs expériences et de précieux conseils.
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