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-- Invention pour l'alerte et le secours
aux victimes d'avalanches (suite)
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Par par André Castelain, Jean Claude Tricot et Daniel Broche
-- Objectifs de développement

Chaque minute est très précieuse et tout dispositif optimisant le temps de recherche ou le temps d'alerte
peut sauver des vies.

Cet appareil n’a pas vocation à constituer un nouveau gadget qui s’ajoutera à l’équipement déjà lourd des skieurs ou snowboarders et des alpinistes. En publiant cet article, les auteurs souhaitent que les divers acteurs du secours en montagne prennent connaissance de ce prototype afin qu’il soit intégré le plus intelligemment possible dans le matériel des pratiquants. Le principe de connecter le capteur à un téléphone afin que les secours reçoivent automatiquement un appel en cas d’ensevelissement, comme ce fut effectué lors des tests, n’est pas viable en tant que tel. D’abord du fait de la couverture insuffisante à l’heure actuelle en montagne, ensuite parce que les téléphones, même reliés à des GPS, n’ont pas aujourd’hui une précision suffisante pour une recherche de victime en avalanche. Les solutions techniques pour répondre à ces problèmes ne seront envisageables qu’à long terme.
Néanmoins ce capteur peut ouvrir des perspectives intéressantes dès lors que l’on envisage de le connecter sur d’autres appareils. Nous avons déjà imaginé quelques innovations et nous espérons que cet article en suggérera de nouvelles aux spécialistes du secours en montagne. Le schéma suivant reprend les différentes pistes de développement qui s’ouvrent à partir du capteur DETAV.

Voici quelques pistes que nous avons imaginées et discutées avec différents acteurs du secours en montagne depuis le dépôt du brevet :

• On peut envisager la mise au point d’un nouveau type d’ARVA capable de savoir quand le porteur est enseveli. L’avantage serait de pouvoir augmenter fortement sa portée uniquement en cas d’ensevelissement avéré du porteur : le DETAV détectant l’ensevelissement, peut envoyer un signal à l’ARVA. Celui-ci pourrait alors augmenter fortement son alimentation en poussant au maximum l’énergie délivrée par les piles et en l’utilisant pour démultiplier la puissance et la portée du signal émis.

• On peut également envisager de relier un DETAV à une combinaison ou à un sac chauffant qui, s’enclenchant uniquement en cas d’ensevelissement, ralentirait l’hypothermie ou encore à un système d’oxygénation évolué. Cette voie semble beaucoup plus difficile à mettre en œuvre technologiquement. De plus elle ne répond pas directement au besoin de la victime : être secourue.

• Un couplage ARVA/DETAV pourrait également permettre de réaliser des appareils qui basculeraient automatiquement en mode recherche lorsqu’une victime équipée est à proximité et que l’on est soi-même équipé et non enseveli. On faciliterait ainsi l’usage et on pourrait améliorer les recherches multi-victimes en faisant coopérer les ARVA des personnes ensevelies entre eux. Cette idée risque néanmoins d’augmenter sensiblement le coût des appareils et risque d’être complexe à mettre en œuvre tout en conservant la compatibilité avec les modèles actuels.

• Ce capteur pourrait également permettre la mise au point d’appareils complètement nouveaux de localisation : par exemple en détectant l’ensevelissement de la victime, le capteur actionne un dispositif colorant la neige en surface ou un système mécanique capable de s’extraire d’une faible profondeur. Les statistiques fournies par l’ANENA montrent en effet qu’une majorité des victimes est ensevelie à faible profondeur (moins d’un mètre de neige au-dessus de la victime).

En présentant ces quelques possibilités nous espérons que les professionnels qui liront cet article pourront apporter un œil critique et éventuellement dégager des aspects positifs et des pistes d’innovation que nous n’avons pas encore envisagées. Nous serions également intéressés pour collaborer au développement de toute application inspirée par nos travaux.

Remerciements
Avec le soutien de France Télécom R&D, l’École Centrale de Lille, Météo-France et la Société d’Aménagement de la Plagne.
Remerciements à l'ANENA.
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