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DETAV mesure, à laide
de capteurs, les paramètres qui permettent de savoir si le porteur
est en danger. Une personne ensevelie dans une avalanche peut être
décrite comme immobilisée et entourée de neige complètement
ou partiellement. Les choix retenus furent donc de mesurer dune
part limmobilité à laide dun accéléromètre
et dautre part, la présence de neige à laide
de capteurs optiques de proximité.
Enfin, les paramètres vitaux peuvent apporter une information décisive
dans la nécessité ou non de lancer une alerte (une
personne ayant perdue conscience suite à une chute en hors piste
nécessite également quon lui porte secours). La mesure
de létat physiologique seffectue donc indirectement
par la capacité ou non à activer un bouton dannulation
dalerte. En cas densevelissement en avalanche, cette incapacité
confirme limmobilisation.
Lensemble des informations ainsi recueilli est fusionné et
interprété à laide dun microcontrôleur
qui assure linterface avec les affichages et tout autre matériel
éventuellement connecté.
Campagne
de test
Grâce à la collaboration de la Société dAménagement
des Pistes de La Plagne, Daniel Broche a pu mener une campagne de tests
en montagne dont lobjectif était de valider dans des conditions
réelles le prototype initialement testé en laboratoire.
Le protocole expérimental, validé initialement par les enseignants
de lécole Centrale de Lille ainsi que par le partenaire France
Télécom R&D (M. Le Cornec), comportait une partie de
tests statiques et une partie de simulation dynamique. Lobjectif
était de valider le déclenchement du processus en le raccordant
sur un téléphone portable GSM. Lors de chaque test, si le
dispositif considérait nécessaire denvoyer une alerte,
il déclenchait automatiquement un appel de ce téléphone
GSM vers un poste témoin neutre et non enseveli.
Le choix dutiliser des téléphones a été
motivé par la facilité à les raccorder au prototype
ainsi que par les possibilités offertes au niveau de la programmation
et de la communication.
De plus, les téléphones mobiles actuels, étant solides
et de taille réduite, sont mieux adaptés aux tests que des
ordinateurs portables, par exemple.
Pour les tests statiques, le dispositif DETAV
+ téléphone GSM fut enseveli en différentes places
et à différentes profondeurs de façon à connaître
les limites démission des téléphones portables
à travers le manteau neigeux : lors de chaque test, un trou dune
profondeur déterminée (10 cm, 30 cm, 60 cm et 1 m) était
creusé et la couverture du réseau mesurée via un
terminal spécifique. Tandis que le téléphone et le
système DETAV étaient ensevelis, le terminal spécifique
restait en surface.
Au bout dun temps préprogrammé, le DETAV
nayant plus bougé et étant sous la neige, se déclenchait
et lançait lappel du téléphone enseveli vers
le terminal dédié. La réception de lappel prouvait
à la fois le bon déclenchement dans une situation statique
du DETAV et la capacité dappel
du téléphone.
Les résultats montrent quen présence dun champ
même faible à la surface du manteau neigeux, (-95 dBm : zone
faiblement couverte), un ensevelissement jusquau mètre ne
perturbe pas la communication. Le manteau neigeux est donc transparent
du point de vue des communications téléphoniques. Cela ne
concerne toutefois que les bandes utilisées par France Télécom,
aucun test na porté sur les transmissions en fréquence
supérieure à 2 GHz.
Ces manipulations ont été conduites en janvier et fin mars
dans des types de neige différents afin de sassurer que les
neiges humides ou les gobelets ne posent pas de problèmes particuliers.
Dautre part, des capteurs optiques très simples fonctionnent
bien. Le seul problème remarquable fut au niveau de lalimentation
: lexposition prolongée au froid modifie les performances
des piles et empêche un calibrage précis de laccéléromètre
et des diodes optiques. Ce phénomène put être gommé
par une meilleure isolation et un dispositif de maintien à température
de certains composants électroniques.
Lors des tests dynamiques, le dispositif lié à un support
(sac à dos ou anorak) fut placé sur des pentes exposées
aux déclenchements des artificiers de la Plagne. Le dispositif
DETAV relié au téléphone
portable était dans le sac ou dans une poche de la veste. Une fois
allumé, il glissait, attaché à une corde, jusquau
milieu de la pente choisie, en prenant garde à laisser les capteurs
optiques du côté " ciel " pour quils ne détectent
pas la neige. Ensuite, les artificiers plaçaient les charges et
allumaient la mèche des explosifs. Dès que la coulée
entraînait le dispositif, la corde était relâchée.
Un téléphone témoin entre les mains du testeur devait
être appelé par celui sous lavalanche en cas de déclenchement
du DETAV. En cas de problème de transmission
téléphonique, le DETAV était
également muni dune diode test allumée en permanence
une fois lensevelissement détecté, afin de valider
le test lorsquil était récupéré.
Trois essais menés, montrèrent que le dispositif senclenche
bien, même avec un ensevelissement partiel. Le seul échec
fut causé par un bloc de glace dune corniche qui détruisit
le premier prototype lors de la première tentative. Lors des deux
tests suivants, le DETAV senclencha
une fois enseveli sous la neige de la coulée.
Le bilan de cette campagne est donc positif : le principe du dispositif
est valide malgré des problèmes inhérents à
tout prototype.
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