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| Lavalanche
et le monde des alpages dans les Alpes françaises (suite et fin) |
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Par Charles Gardelle |
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| Des ingénieurs ont imaginé de remplacer
les tournes par des pieux métalliques plantés verticalement.
Lexpérience tentée aux chalets du Haut, à Lanslebourg,
en Maurienne, na pas été concluante. Les pieux ont été
tordus sous la poussée irrésistible des avalanches. Une deuxième technique a été imaginée par les montagnards. La construction est, en partie, enterrée. Les déblais du trou ainsi creusé forment un terre-plein devant le bâtiment. Seul un mur est apparent du côté aval, percé au moins dune porte. Le toit à une seule pente se confond avec le versant. Ainsi lavalanche glisse et provoque peu de dégâts. Des tuiles de bois, appelées tavaillons, essendoles, ou ancelles suivant les régions, sont solidement chevillées ou clouées. La charpente, simple et solide, est faite de troncs darbres à peine équarris. Cette construction était réservée à des " écuries ", en français des étables, car elle risquait dêtre bien trop humide pour abriter du foin. Ce type décurie est habituel dans les zones davalanches : les Ruppes à Vallorcine, le vallon du Cormet dArèches à Granier en Tarentaise, celui de la Lento à Bonneval, le Montgenèvre à Saint-André-en-Maurienne, le col du Sabot à Vaujany. Ce dernier exemple offre une construction plus élaborée. Sous un seul toit sont installés deux niveaux non superposés : un niveau supérieur, à lamont, réservé à lhabitat des hommes, un niveau inférieur, à laval, pour lécurie. Des chalets du type enterré se retrouvent en Chartreuse, à lEimendra-Dessous, dans le Queyras, à la descente du col des Ayes, etc. Cette technique est encore utilisée à lheure actuelle. Ainsi a été construite la toute nouvelle cabane de Chorges sur la vaste commune pastorale de Réallon, près dEmbrun, dans les Hautes Alpes. Ces deux procédés, celui de la tourne et celui de lécurie enterrée couverte dun toit se confondant avec la pente, ne se côtoient jamais, à ma connaissance, dans un hameau dalpage ou dans un vallon. Le montagnard construit lui-même et imite les constructions voisines. Malgré toutes les précautions prises, la liste des destructions causées par les avalanches constituerait une belle litanie. Ainsi, le guide chamoniard Cachat le Géant, dans son journal du 12 juillet 1802 raconte : " Nous avons été à La Flégère pour refaire les écuries. Nous étions en grand nombre car presque tout avait été démoli, les écuries, la chavanne, une exceptée et les sartos. Cest une chose que les hommes navaient jamais vu mais ce nest pas surprenant si lon pense à la quantité de neige que nous avons eue cet hiver ". Deux remarques : dune part, ce texte ne précise pas la date de la catastrophe et montre que le monde des alpages, en hiver, est inconnu. Dautre part, la reconstruction a lieu sur le même site. On ajouta, cependant, une tourne pour protéger la fruitière. Cette obstination peut avoir différentes motivations. On peut penser à une catastrophe exceptionnelle qui ne recommencera pas avant longtemps. On peut aussi ne pas avoir dautres solutions. Par exemple, au Rivier dAllemont, en Oisans, au début du XXe siècle., une avalanche, descendue de la crête du Sifflet, inconnue de la tradition orale, détruit les douze chalets de la Suif, à 1850 m daltitude. Sept propriétaires reconstruisent au même endroit, ne pouvant trouver un autre emplacement. En 1940, lavalanche se répéta et népargna quun seul chalet. Quelquefois, de guerre lasse, les hommes renoncent. Il en fut ainsi des consorts de la montagne de Pécleret, en amont de la vallée de Chamonix. Labandon des chalets de Pécleret au XIXe siècle. fut dautant plus facile que le pâturage pouvait être brouté par du bétail monté, chaque matin, des hameaux de Montroc ou du Planet. Aujourdhui, les avalanches, dans les zones dalpages, sont mieux connues, notamment grâce aux cartographies davalanche. La vie pastorale connaît un renouveau en altitude suscitant la construction de bâtiments dont la sécurité sera sans doute mieux assurée. |
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| RÉFÉRENCES Tome 1 : Savoie (2000) Tome 2 : Dauphiné, Chartreuse, Belledonne, Vercors, Oisans, Briançonnais, Queyras (2002). Éditions Fontaine de Siloé, Montmélian. |
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