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Ce qui confirme la pertinence d'une approche "globale",
de type systémique, permettant de considérer les actions
de communication préventive et plus largement la gestion des risques
dans le contexte dans lequel elles s'inscrivent. Il importe de relier
entre elles les différentes logiques, souvent en opposition (économiques,
juridiques, politiques, médiatiques, sociales).
Il faut fédérer les acteurs autour de questionnements approfondis
dépassant le seul cadre de leurs intérêts immédiats
(évidemment, dans la mesure du possible ; compte tenu des enjeux
et de certains résultats particulièrement sensibles, il
est certain que différentes questions ne peuvent échapper
à un traitement selon une segmentation des acteurs concernés).
Il est souhaitable de favoriser la mise en place de groupes de travail
incluant une plus grande diversité d'acteurs et d'élargir
la problématique sécuritaire à des acteurs qui n'ont
pas (ou trop peu) été mis à contribution jusqu'à
présent, tels que les personnels de l'éducation nationale.
On devra également impliquer des représentants des pratiquants,
ainsi que des représentants d'organismes associatifs, dans une
perspective de formation, d'enrichissement des réflexions et des
débats relatifs à la sécurité, mais aussi
et surtout, pour permettre une "ouverture" du milieu montagnard
et ainsi atténuer des logiques corporatistes encore trop présentes.
La notion de communication préventive stricto sensu doit être
étendue à celle d'éducation aux risques (ce point
est approfondi infra, plus particulièrement dans les parties 4
et 6). Il est nécessaire d'identifier deux types d'actions, qui
ouvrent sur des pratiques et des outils de prévention différents
: l'action de sensibilisation (de type communication sociale) ; l'action
d'éducation, de formation (dimension didactique). Dans le premier
cas, on a un message bref, ciblé, un contenu relativement pauvre
en informations, on joue sur l'adhésion rapide des pratiquants,
on procède à une diffusion "de masse", etc.. Dans
le second, les informations délivrées aux pratiquants sont
beaucoup plus riches, réflexion plus approfondie, formation, etc.
Le point suivant est important : une des missions de la communication
préventive de type sensibilisation ne serait-elle pas d'inciter
les pratiquants à disposer de "compétences" accrues,
donc à effectuer volontairement des démarches du second
type (formation, recherche d'informations relatives à la sécurité
)
? En terme de communication préventive, un support inopérant
dans le premier cas peut être efficace dans le second cas : exemple
du document les "10 règles de conduite sur les pistes",
beaucoup trop exhaustif pour une assimilation, une compréhension,
dans le cadre d'une diffusion grand public. En revanche, ce document peut
constituer un excellent support de formation, en milieu scolaire notamment
(classe de neige, avant un séjour en montagne, etc.).
Donc, on propose une orientation de la prévention vers la formation
des individus, non seulement chez les plus jeunes, mais aussi chez l'ensemble
des pratiquants. Ceci nécessite un questionnement autour des problèmes
posés par de telles actions. Exemple : il est relativement facile
d'atteindre les plus jeunes plus particulièrement dans un cadre
institutionnel. Par contre, comment motiver un public adulte à
participer à des actions de formation ? Les initiatives de ce type
qui ont pu être entreprises en stations, souvent par les services
de sécurité des pistes, ne recueillent qu'une très
faible audience, faible participation, selon les témoignages recueillis).
Il faut prendre en considération les difficultés propres
à une éducation aux risques (voir infra, dimension subjective
centrale dans l'engagement face aux risques ; moindre respect des règles
posées par la collectivité chez les individus les plus compétents).
L'éducation aux risques, à elle seule, ne suffit pas, encore
faut-il qu'elle soit en adéquation avec les systèmes d'information,
qui doivent nécessairement permettre à des gens "éduqués"
de s'impliquer dans la gestion de leur propre sécurité,
etc..
En d'autres termes, l'éducation aux risques doit relever d'un "choix
assumé" en matière de politique de prévention,
devant susciter un questionnement global (ou presque !). Surtout, l'idée
d'éducation aux risques ne doit pas se réduire à
un moyen simple et symbolique de rejeter sur les pratiquants une part
des responsabilités qui incombent aux professionnels et aux responsables
des collectivités publiques. Elle doit se donner les moyens d'aboutir
à des résultats concrets (d'où la nécessité
d'un questionnement approfondi et élargi à l'ensemble des
acteurs : confrontation des points de vue, des intérêts,
des contraintes mise en évidence des problèmes émergents
et des éléments de réponse).
Les différentes logiques d'acteurs qui s'affrontent doivent être
prises en compte (la communication publique préventive n'est pas
"neutre" dans un milieu "indéterminé".
Exemple : infra partie 5). On note une opposition entre logiques préventives
et logiques économiques : les dépliants touristiques ignorent
généralement tout questionnement relatif à la sécurité
(marchandisation de l'extrême et simultanément, prévention
des risques infra partie 4). Détournement à des fins juridiques
de certains systèmes d'information, plus largement les processus
d'objectivation des risques, contraires à des systèmes autorisant
un engagement subjectif autonome et responsable face à un risque.
Dépossession de la prise de décision au niveau individuel
(l'individu se soustrait à la collectivité dans la gestion
des risques). Il importe de faire passer un "message vrai" sur
les risques en montagne en contrepoint des discours publicitaires offrant
à chacun les sensations extrêmes sans les conséquences
de l'action engagée et de poser les vraies questions afin de mettre
en lumière les freins résultant des logiques contradictoires
qui ont été énumérés.
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