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| Sexe, Drogues et Mort Blanche |
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par Ian McCammon, traduit de l'américain et synthétisé par A. Duclos (ALEA), F. Jarry et F. Sivardière (ANENA) |
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| Quelles leçons tirer des campagnes d’éducation aux risques pour les formateurs avalanches ?
Comment mieux apprendre aux pratiquants de sports d’hiver à estimer le risque d’avalanche, alors que les campagnes de prévention concernant des risques similaires ont souvent été inefficaces, malgré des moyens parfois très importants ? |
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Aux États-Unis, la « Campagne médiatique nationale contre la drogue chez les jeunes » est probablement celle qui a eu le plus de chances de succès. Lancée en 1998, elle relevait d’un effort sans précédent pour réduire la consommation de marijuana chez les adolescents américains. |
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| Comparer les risques | |
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Nous sommes confrontés à de nombreux risques dans la vie quotidienne. Chacun a ses particularités et l’on dispose de différentes stratégies pour y faire face. Afin de tirer des leçons applicables à la prévention des accidents d’avalanches, il faut étudier des risques comparables. À cette fin, deux caractéristiques du risque d’avalanche sont essentielles : >> D’autre part, le risque d'avalanche est généralement associé à un loisir particulièrement exaltant. Quand aucune avalanche ne se produit (c'est l'issue la plus fréquente), l'expérience est ressentie comme très positive. Or, quand la réponse affective à une prise de risque est positive (euphorie, hilarité, plaisir), on a tendance à sous-estimer la probabilité d’accident. En revanche, si l'expérience est négative (peur, terreur, horreur), on a tendance à surestimer cette probabilité. Pour les pratiquants de sports d’hiver, le risque d'avalanche se situe dans la catégorie de risques pour lesquels ils ont l'impression d'avoir un haut niveau de contrôle de la situation, associé à des sensations très positives (cf. tableau ci-dessus). La conséquence est qu’ils sous-estiment la probabilité d'être emporté par une avalanche, tout en étant trop confiants dans leur capacité à évaluer le danger. |
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| Ce qui ne marche pas | |
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De nombreux programmes d’éducation sexuelle en milieu scolaire, par exemple, sont basés sur ce principe. Les cours organisent et présentent l'information de telle sorte que la compréhension et la mémorisation soient maximales. Aussi, en termes d'acquisition de connaissances, de telles formations sont probablement performantes. Cependant, les changements de comportement attendus ne se sont pas produits : la diminution du nombre des grossesses non désirées ou du taux de transmission des MST chez les adolescents n’est pas significative.
Une étude sur l’apprentissage de la conduite automobile menée pendant quatre ans sur 16 000 jeunes a montré que le groupe le plus entraîné avait un taux d'accidents significativement plus élevé que les autres. Le chercheur canadien G. Wilde explique de tels résultats en avançant que les apprentis conducteurs ont perçu leurs nouvelles compétences comme une garantie de réduction de leur probabilité d'accident, et ont donc pris davantage de risques. Quoiqu'il en soit, l'entraînement technique dispensé au cours de cette étude n'a permis ni de réduire le taux d'accidents, ni d'améliorer le comportement des conducteurs. Les mêmes schémas interviennent pour les accidents d'avalanches concernant des pratiquants formés théoriquement et techniquement. Sans que l'on connaisse les chiffres exacts, on sait qu'entre un tiers et la moitié des victimes d'avalanches avait suivi une formation structurée avant leur accident (chiffres relatifs aux États-Unis, ndlt). Cette proportion élevée peut s'expliquer en partie par le fait que les pratiquants formés passent plus de temps en montagne que ceux sans formation. Pourtant, ceci n'explique pas pourquoi ces pratiquants meurent la plupart du temps dans des conditions que n'importe quel néophyte aurait reconnues comme étant dangereuses 1.
L'enseignement de connaissances nécessite de la part du débutant le traitement d'une grande quantité de données nouvelles, opération typiquement lente et laborieuse. Au moment de l'application, quand le temps est limité ou qu'il y a des sources de distraction, un traitement rationnel est facilement éclipsé en faveur des processus inconscients, plus faciles et plus rapides mais moins justes. Si l’approche basée sur la seule information aboutit à des résultats ambigus (ce dont se plaignent souvent les stagiaires), le passage vers les processus inconscients est encore facilité. Il semble évident que c'est précisément ce qui se produit lors de la plupart des accidents d'avalanches.
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| © ANENA | ||