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-- La prévention : une préoccupation ancienne
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Dossier publié dans "Neige et Avalanches" la revue de l'ANENA, N° 111 - septembre 2005.
La pratique du hors-piste 1 n’est pas nouvelle, de même que la volonté de l’accompagner d’un certain niveau d’information à destination de ses adeptes. Comme toute pratique sportive, le hors-piste est en effet à l’origine d’un certain nombre de risques et d’accidents, que l’information a pour objectif de réduire. Parmi ceux-ci, l’avalanche n’est pas le moindre. Au contraire, les données recueillies par le SNOSM 2 et l’ANENA montrent que l’avalanche est la principale cause de mortalité sur les domaines skiables alpins (accidents sur pistes et hors-piste confondus) : près de 45 % des décès d’origine traumatique qui ont eu lieu pendant la période 1997-98 à 2004-2005 ont été consécutifs à un accident d’avalanche.  
Face à ce constat, les professionnels de la sécurité des pistes des stations de ski disposent de plusieurs outils de prévention.

Le premier est le déclenchement préventif des avalanches, mis en œuvre depuis le début des années 1970. Son principe est de provoquer artificiellement les avalanches (à l’aide d’explosifs), avant que celles-ci ne soient déclenchées par des skieurs ou snowboarders ou qu’elles ne se mettent en mouvement spontanément. Les zones concernées sont, d’une façon générale, les pentes qui dominent les pistes de ski. En effet, cette action vise fondamentalement à sécuriser les pistes de ski. Indirectement, elle peut aussi sécuriser certains hors-pistes. Mais, sauf indications contraires dans quelques stations, il ne s’agit alors que de conséquences et non d’objectifs du déclenchement préventif des avalanches. Ainsi, sauf exception, les zones hors-pistes ne sont pas sécurisées.

Une autre mesure destinée à réduire le nombre d’accidents d’avalanches sur les domaines skiables est l’information des pratiquants. Elle a également été mise en place très tôt puisque, par exemple, les premiers arrêtés municipaux prévoyant un drapeau d’information sur l’intensité du risque d’avalanche ont vu le jour en 1964.
En effet, l’homme joue un rôle fondamental dans la quasi-totalité des avalanches à l’origine d’accidents : c’est lui qui les déclenche. Plus précisément, dans environ neuf cas sur dix, ce sont les victimes elles-mêmes qui déclenchent l’avalanche qui leur est fatale. Ceci signifie que, pour réduire le nombre des victimes d’avalanche, il faut obtenir des pratiquants des sports de neige qu’ils modifient leur comportement, pour tenter d’éviter, dans la mesure du possible, qu’ils n’aillent s’exposer dans des pentes dont le manteau neigeux est instable. Mais le drapeau d’avalanche n’a pour seul but que de donner une estimation du risque d’avalanche 3, à partir de laquelle les pratiquants doivent adapter leur comportement.
Et c’est précisément sur ce second volet que, depuis plusieurs années, un certain nombre d’initiatives ont vu le jour. Il ne s’agit plus de donner une information sur le risque d’avalanche pour une journée donnée (" aujourd’hui, le risque est limité, demain il sera élevé "), mais de diffuser des connaissances générales sur les avalanches et des conseils pratiques, afin de permettre à chacun d’adapter son comportement aux conditions rencontrées.

Ce type d’actions n’est pas nouveau. Les Clubs Alpin Français (CAF) et ceux de la Fédération Française de la Montagne et de l’Escalade (FFME) les ont mis en place dès les années soixante-dix en direction de leurs membres (stages " neige et sécurité "). Ils ont très tôt été soutenus par l’ANENA qui a conçu et distribué des documents d’information et des supports de formation. Mais les adeptes du hors-piste n’ont été concernés que de façon très marginale par ces actions.

Notes
1. Le hors-piste comprend toutes les activités de glisse sur neige (principalement ski et snowboard) pratiquées par gravité en dehors des pistes ouvertes, depuis le sommet d’une remontée mécanique d’une station de ski jusqu’au pied de la même ou d’une autre remontée mécanique. Dans certains cas, les pratiquants montent à pied quelques dizaines de mètres supplémentaires, sans matériel spécifique.
2. Le " Système national d’observation de la sécurité en montagne " (ENSA, Chamonix) collecte les interventions des services de sécurité des pistes des stations de ski françaises.
3. Tout comme le bulletin du même nom, diffusé par les services départementaux de Météo France, dont le contenu est plus complet.

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