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Dossier publié dans "Neige et Avalanches" la revue de l'ANENA, N° 111 - septembre 2005.
" Avoir un ARVA c'est bien, savoir s'en servir c'est fondamental ! "
Parmi les conseils qui sont donnés aux pratiquants du hors-piste depuis de nombreuses années, la possession d’un Arva (avec une pelle et une sonde) fait partie de ceux sur lesquels les professionnels insistent beaucoup, à juste titre, en le complétant par un autre, tout aussi important : avoir un Arva c’est bien, savoir parfaitement s’en servir, c’est fondamental.
Mais l’organisation d’un entraînement est relativement fastidieuse, longue et doit être recommencée à chaque exercice. Souvent, le détenteur d’un appareil ne sait pas comment s’en servir et est demandeur de conseils. De plus, l’emplacement d’un Arva devient vite reconnaissable sur la neige, grâce aux traces de pas des premiers chercheurs, ou de celui qui l’a enseveli (sans parler de la neige remuée en surface pour ensevelir un Arva émetteur), ce qui réduit considérablement la difficulté (donc l’intérêt) de l’exercice.
Rares sont donc ceux qui s’entraînent régulièrement et efficacement à utiliser leur Arva…

Cet état de fait est toutefois en train de changer et certaines stations de ski proposent depuis quelques années des séances d’entraînement, voire des centres en libre service, dans lesquels des émetteurs compatibles avec les Arva sont déjà ensevelis sous la neige : il ne reste à celui qui vient s’entraîner qu’à se concentrer sur sa recherche.

Ainsi, à La Plagne, il est possible de s’entraîner à l’Arva depuis l’hiver 2000-01, grâce aux pisteurs-secouristes de la station. Selon Luc Nicolino, directeur adjoint du site de Montchavin et guide de haute-montagne, " nous donnions de plus en plus d’éléments aux pratiquants avertis […], mais nos messages étaient toujours les mêmes, à savoir : le ski hors-piste est déconseillé. […]. Il m’a semblé intéressant d’aborder le sujet plutôt sous un angle éducatif et de faire passer le message que certes, cette activité est dangereuse mais qu’en prenant un certain nombre de précautions, on peut considérablement limiter les risques sans toutefois les éliminer complètement, et qu’il est possible de se faire plaisir dans la poudreuse, mais pas n’importe où, ni n’importe comment ni n’importe quand, pour ne pas transformer le rêve en cauchemar ".
C’est ainsi que sont nés des ateliers de sensibilisation aux risques d’avalanche et d’initiation à l’utilisation des Arva, durant deux à trois heures (" pas plus, les clients sont d’abord là pour skier "). L’Arva n’a pas l’exclusivité de ces séances mais y occupe une place importante.

Le premier hiver, les ateliers, mi-théoriques mi-pratiques, avaient lieu une fois par semaine, annoncés par voie d’affiches. " Les hivers suivants, nous avons reconduit l’expérience en diversifiant les lieux d’intervention : à chaque jour de la semaine un lieu différent " poursuit M. Nicolino. La station de La Plagne s’est ensuite dotée d’un système de balises mobile Ortovox qui facilite la phase d’installation du terrain d’exercices de recherche Arva.

Après cinq années de fonctionnement, un premier bilan a été fait. Le public touché est très diversifié : depuis le pratiquant assidu du hors-piste au simple curieux, en passant par des parents inquiets pour leurs rejetons adeptes de poudreuse et des professionnels. La fréquentation des séances est très variable d’une semaine à l’autre et d’une année à l’autre. Elle est plus importante durant les périodes avalancheuses et les jours de mauvaise visibilité. Les séances regroupent entre une et quinze personnes, dont certaines reviennent régulièrement. Au total, de deux à cinq cents personnes par an ont participé à ces ateliers. " C’est peu par rapport au nombre de vacanciers, mais c’est autant de personnes qui pratiqueront le ski hors-piste avec plus de discernement et seront susceptibles de sensibiliser d’autres pratiquants ", conclut M. Nicolino.
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