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-- Les espaces hors-piste
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Dossier publié dans "Neige et Avalanches" la revue de l'ANENA, N° 111 - septembre 2005.
Pendant longtemps (et sauf exceptions), l’information préventive, relative aux domaines hors-piste des stations de ski, s’est principalement résumée à de la dissuasion : " le hors-piste est déconseillé ! "

Le " snowadvice "- Deux portails electroniques donnent accès à l'espace freeride mais ne s'ouvrent que lorsqu'on leur présente un arva en émission et lorsque le niveau de risque est inférieur à 3.
  Pascal Bourquin, directeur des remontées mécaniques de Zinal (Suisse) résume ainsi la démarche suivie dans sa station : " sensibilisation et responsabilisation des personnes qui pratiquent le hors-piste ". Cette position, relativement classique, s’est concrétisée, en décembre 2000, par un projet particulièrement innovant : la création du " domaine freeride des Gardes de Bordon ". Le but de cet espace, une large pente située entre 2300 et
3000 m d’altitude régulièrement minée et plus facile à gérer, est d’inciter les freeriders à s’y rendre pour éviter qu’ils n’aillent dans des zones plus exposées. L’espace freeride n’est ouvert que lorsque le danger d’avalanche est inférieur à 3 selon l’échelle européenne du risque d’avalanche, ce qui a vite servi de baromètre de l’instabilité du manteau neigeux pour l’ensemble de zones hors-piste locales. " Le fait d’avoir joué la carte de l’ouverture et non l’interdiction pure et dure a amené une discussion positive avec les pratiquants ", a constaté M. Bourquin. La fermeture de cet espace a tout de suite été mieux respectée qu’auparavant, " surtout en l’absence totale de traces ".
Le seul constat négatif résidait dans le fait que beaucoup de monde s’y rendait sans posséder le matériel adéquat.
C’est la raison pour laquelle, en décembre 2001, deux portails électroniques baptisés
" Snowadvice " ont été implantés à l’entrée du domaine. Ces portails donnent accès à l’espace freeride, mais ne s’ouvrent que lorsqu’on leur présente un Arva en émission et lorsque le niveau de risque est inférieur à 3.
Le but de ces portails, accompagnés d’un panneau en quatre langues, est d’inciter les freeriders à s’équiper correctement (Arva, sonde et pelle) en provoquant une réflexion sur la manière de pratiquer leur sport. Parallèlement, des cours de prévention sur la pratique du ski hors-piste ont été organisés, au cours desquels il a été constaté que la majeure partie des personnes qui possédaient un Arva ne savaient pas s’en servir.

Pendant longtemps (et sauf exceptions), l’information préventive, relative aux domaines hors-piste des stations de ski, s’est principalement résumée à de la dissuasion (" le hors-piste est déconseillé "), et/ou à des appels à la responsabilité propre des skieurs et snowboarders (" le hors-piste se pratique à vos risque et périls ").
La tâche est en effet particulièrement difficile. Comment gérer et communiquer sur des centaines, voire des milliers d’hectares de zones de montagnes, dont les expositions au soleil et au vent, les altitudes, l’inclinaisons des pentes et autres caractéristiques topographiques locales, ainsi que la fréquentation sont extrêmement diversifiées, alors que ces paramètres exercent une influence importante sur le risque d’avalanche (pour ne citer que celui-là) ?
Difficulté d’autant plus grande, qu’en l’absence de définition précise et compréhensible par tous de la notion de hors-piste, celle communément admise et utilisée ne rend pas compte de la grande variabilité des situations rencontrées. Face à l’impossibilité de traiter de façon individuelle chaque pente hors-piste, la plupart sont gérées comme les plus dangereuses d’entre elles, posant alors en particulier le problème de la crédibilité de l’information sur le risque d’avalanche, sur un domaine skiable hors-piste.

Comment, dans ces conditions, limiter les risques d’accidents face à l’augmentation du nombre de personnes évoluant en dehors des pistes ? L’information des pratiquants (enfants et adultes), leur formation à l’utilisation des Arva sont, comme nous l’avons vu précédemment, des solutions qui ont été retenues par certaines stations ou professionnels de la montagne. Elles ne sont pas les seules : dans certains cas, il a été décidé d’agir plus directement, en encadrant davantage (voire canalisant) la pratique du hors-piste.

D’où la troisième étape, en décembre 2002 : la création d’un centre d’entraînement à l’Arva. Sur une surface d’environ 5000 m2, l’Avalanche Training Center permet de choisir un nombre de " victimes " compris entre 1 et 5 et une durée de recherche comprise entre 1 et 15 minutes. Les 16 émetteurs enfouis (entre 1,5 et 2 mètres de profondeur) dans cet espace sont activés aléatoirement et permettent de familiariser n’importe qui au maniement de son Arva, y compris les professionnels, et y compris pour des scénarios d’ensevelissement multiples, ceci gratuitement tous les jours de la saison hivernale.
" Beaucoup de personnes se sont équipées correctement suite à la mise sur pied de ce concept. Les magasins d’articles de sports en ont fait la remarque et nous l’avons également constaté ", conclut M. Bourquin, en insistant sur la complémentarité des trois composantes du projet (espace freeride, portail, Avalanche training center).
" Passablement de personnes qui skient en dehors des pistes ou pratiquent le ski de randonnée ressentent maintenant le besoin de s’entraîner régulièrement, car le système est accessible à tous et facile à utiliser ".

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