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-- 30 ans de gestion du risque d’avalanche : synthèses (3e partie)
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-- Les secours en avalanches

Dans le cadre de la gestion du risque d’avalanche, le domaine du secours (et plus précisément de la localisation des victimes ensevelies) est sans doute celui qui a connu les évolutions les plus importantes au cours des trente dernières années. Pour limiter les conséquences d’un accident ou retrouver une personne ensevelie sous la neige, bien peu de techniques existaient en 1971. Plusieurs systèmes de localisation ont été étudiés dans les années 1970. Mais ils sont restés à l’état de prototypes. Seuls, le système Recco (répondeur radar passif) et l’Arva (émetteur-récepteur utilisant la fréquence 457 kHz), développés à la fin des années 1970 et au début des années 1980, sont maintenant d’un usage courant.
Depuis le milieu des années 1990, de nouveaux systèmes sont apparus. Le " ballon ABS " (1995) a pour but d’empêcher l’ensevelissement de la victime emportée par l’avalanche, le " gilet Avalung " (1999) de respirer sous la neige et l’" Avalanche Ball " (2001) de faciliter la localisation de la victime ensevelie.
Les évolutions futures des appareils de secours aux victimes d’avalanche resteront soumises à la très rapide diminution des chances de survie d’une victime d’avalanche en fonction du temps, qui impose un dégagement très rapide de la victime. Dans la mesure où seuls ses compagnons rescapés sont en mesure d’intervenir rapidement, il faut privilégier les appareils avant tout destinés aux pratiquants eux-mêmes, assurant à un groupe sa totale autonomie en matière de localisation de victime d’avalanche.
Si l’Arva reste encore l’appareil recommandé par tous (associé à une pelle et une sonde), il doit cependant faire l’objet d’améliorations techniques (augmentation des portées, utilisation plus facile, surtout en cas de recherches multiples), normatives (définition d’une norme plus adaptée aux spécificités des Arva, contrôle indépendant du respect de la norme, certification ?) et surtout économiques (diminution de son prix, principal frein à son acquisition par les pratiquants). Enfin, face à la multiplication des modèles d’Arva, une homogénéisation des principales fonctions apparaît souhaitable.
Par ailleurs, on peut espérer que grâce aux avancées technologiques des vingt dernières années, de nouvelles études pourraient maintenant donner des résultats utilisables sur un plan opérationnel.

Il est apparu également que la technique du sondage organisé n’était pas utilisée de la même façon par tous les services de secours en avalanche de France. Une réflexion sur l’homogénéisation des pratiques semble nécessaire (elle a déjà commencé), ainsi qu’un travail visant à optimiser les sondages, aussi bien organisés (pratiqués par les services de secours spécialisés) qu’improvisés (réalisés par les personnes rescapées ou témoins d’une avalanche).
Enfin, un effort et une attention particulière doivent être portés sur la communication qui accompagne la promotion des différents systèmes de localisation de victimes d’avalanches, afin que les pratiquants en comprennent bien les intérêts mais aussi (et surtout) les limites.

-- L’information des pratiquants

Depuis les années 70, les publics des sports de neige ont fortement évolués. Il s’agit désormais de sports de masse, dont plus de la moitié des pratiquants sort plus ou moins régulièrement hors du domaine ouvert (10 % des personnes y sont observé à un instant donné). De nouveaux publics émergent : riders, raquettistes et surtout 12-15 ans, qui pratiquent souvent le hors-piste. Globalement, les connaissances des pratiquants hors domaines sécurisés sont faibles, sans qu’il y ait de différence générale entre les skieurs et les snow-boardeurs.
La perception des risques d’avalanches, qui a beaucoup évolué, ne répond pas à un modèle unique. L’augmentation de l’autonomie dans la gestion individuelle du risque se traduit par un moindre respect des consignes de sécurité posées par les collectivités. Il faut considérer davantage le facteur humain dans la formation du risque. Cela soulève des questions sur les mécanismes de prises de décisions et les comportements de prise de risque, voire les comportements à risque. Leurs réponses seront à rechercher dans la manière d’approcher la montagne, plus que dans la connaissance de la nivologie.
La sensibilisation et l’information sur les risques d’avalanche ont parallèlement beaucoup évolué depuis les années 70. Même si sa compréhension nécessite des pré-requis, le Bulletin d’estimation du Risque d’Avalanche (BRA) édité par Météo-France est un moyen important d’information. Sa période de réalisation en début et fin de saison doit être allongée. Par contre, l’indice sur l’échelle européenne du risque d’avalanche ne doit pas être utilisée d’une façon trop sommaire par les pratiquants. De leur coté, les médias (généralistes et spécialisés) jouent un rôle en tant que médiateur, mais il faut rechercher une information plus large par les montagnards sur les milieux à risque, ainsi que le développement " à froid " d’une culture sur le risque avalanche par les journalistes. La presse spécialisée peut et doit remplir une mission d’information de bon niveau, qui a rapport avec la formation. Les stations de ski ont mis en place et amélioré des systèmes d’information locaux (drapeau d’avalanche à trois couleurs, radios et télévisions internes aux stations). Globalement, il faut diversifier les médias de communication employés (vidéos, CD-ROM, Internet), et mieux adapter les styles au public visé, en particulier pour les publics jeunes. La question se pose de l’information du public étranger et non francophone.
Au-delà de la communication sur le risque d’avalanches, c’est une véritable éducation au risque qui doit être poursuivie. Il y a une bonne corrélation entre le niveau de connaissance des pratiquants et leur passage dans les clubs ou les associations. Ils jouent un rôle fondamental dans la formation et leur travail de fond doit être poursuivi. Les outils d’aide à la décision comme la méthode 3X3 ou le Nivotest ont un rôle à jouer dans la formation et l’auto-formation, par l’identification des variables à observer pour la qualification de l’aléa et du risque. En Suisse et dans les Hautes-Alpes, sur l’initiative du Conseil Général, des démarches éducatives sur le risque d’avalanche sont intégrées aux programmes scolaires des classes de collèges. Ce type d’actions pédagogiques devrait être encouragé, dans un cadre plus large d’éducation au risque et l’Education Nationale a un rôle à y jouer.

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