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-- L’avalanche de Péclerey du 9 février 1999
(suite)
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-- Descriptif de l’avalanche de Péclerey du 9 fevrier 1999
     

Pour arriver à une reconstitution la plus cohérente possible de l’avalanche du 9 février 1999 sur Mont-roc, nous avons recoupé toutes les sources d’information à notre disposition, à savoir les observations de terrain, les témoignages, des résultats de modèles numériques.
Comme toute reconstitution, il reste toujours une part de subjectivité qui n’a pas été entièrement levée malgré la relativement grande quantité d’informations à notre disposition dans le cas présent. La nature des phénomènes impliqués, leur chronologie et l’évaluation des grandeurs caractéristiques de l’avalanche restent des points qui peuvent être encore discutés, même si, au sein de nos équipes, il y a eu convergence d’opinions dans la reconstitution présentée ici.

Vers 14h40, la majeure partie de la zone d’accumulation décroche naturellement, vraisemblablement sous l’effet de son propre poids.
La cassure est haute de 1 à 2 m et s’étend sur une largeur d’à peu près 250 m.
L’avalanche mobilise quasiment toute la neige récente, soit environ 90.000 m3.

L’avalanche acquiert rapidement une vitesse importante (25 m/s), puis s’essouffle un peu à cause du relief et de la pente peu soutenue dans la partie supérieure de la zone de transit. Toutefois, elle parvient à franchir cette zone tout en s’étalant assez largement (400 m de largeur) et en reprenant encore de la neige au sol (de l’ordre de 60.000 m3). L’écoulement est sous forme d’une nappe de neige sans cohésion de 2 à 4 m d’épaisseur, surmontée d’un petit panache sans rôle dynamique particulier. Au niveau de la rupture de pente, l’avalanche subit plusieurs transformations : séparation en deux branches (l’une en direction du Tour, l’autre en direction de Montroc), forte incorporation d’air, ce qui génère un aérosol, et une accélération notable de tous les flux en mouvement, ce qui limite l’élargissement des deux branches et maintient une concentration assez forte, reprise importante de la neige en place.
La vitesse atteint alors 40±10 m/s. La partie dense de l’avalanche est haute de 2 à 5 m, sur une largeur d’environ 150 m.
À l’arrivée sur l’Arve, l’avalanche s’élargit nettement (de l’ordre de 200 m) sous l’effet de la réduction de pente mais garde une vitesse encore importante (supérieure à 25 m/s).
Le corps dense de l’avalanche remonte facilement les premiers mètres (en dénivellation) de l’adret. Il est précédé de quelques secondes par la partie en aérosol, qui n’a vraisemblablement aucun rôle destructeur sur les habitations et est ressentie comme un effet de souffle par les riverains.
En revanche, le corps dense de l’avalanche a une force et une inertie bien supérieures. Haut d’environ 3 m, il exerce une pression supérieure à 50 kPa sur les rez-de-chaussée des premiers chalets rencontrés (majoritairement en bois), qui sont littéralement laminés. Au fur et à mesure de la remontée sur l’adret, l’avalanche perd de sa vigueur, notamment à l’amont de la route. Le dépôt a 250 m de long, 150 m de large, et environ 4 mètres d’épaisseur en moyenne. Cela conduit à un volume voisin de 150.000 m3 avec une masse volumique moyenne de 250 kg/m3. En tout, ce sont vingt chalets, qui sont concernés : 14 sont détruits et 6 sont endommagés (avec des dégâts matériels plus ou moins importants). 12 personnes seront retrouvées décédées.

> Si les chutes de neige sur le massif du Mont Blanc ne sont pas exceptionnelles en termes de cumul de neige, elles sont quand même associées à une caractéristique remarquable : elles ont été régulièrement soutenues et accompagnées de températures relativement froides. <
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