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| Lavalanche de Péclerey du 9 février 1999 | |
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par Christophe Ancey1, François Rapin1, Éric
Martin2, Cécile Coléou2, Mohamed Naaim1,
Gilles Brunot3.
1. Cemagref - 2. Centre d'Études de la Neige, Météo-France - 3. Centre Départemental de Météorologie de Chamonix. |
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Article publié dans "Neige et Avalanches" la revue de l'ANENA, N° 92 - décembre 2000. |
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| > la situation avalancheuse devint rapidement critique dès le dimanche 7. Ce sont ainsi 14 avalanches majeures qui ont touché la vallée de Chamonix < | ![]() |
En février 1999, lactivité avalancheuse dans les Alpes du Nord a connu une très grande ampleur. En lespace de trois semaines, plusieurs dépressions frappent les Alpes, de la France à lAutriche. Les auteurs de cet article relatent ce qui sest passé le 9 février 1999 lorsque lavalanche descendue de la montagne du Péclerey toucha le hameau de Montroc. | ||
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En février 1999, lactivité avalancheuse
dans les Alpes du Nord a connu une très grande ampleur et marquera
la mémoire comme lune des plus meurtrières depuis
cinquante ans. Le 9 février, une avalanche tue 12 personnes dans
des chalets à Montroc (France, Haute-Savoie, commune de Chamonix-Mont-Blanc)
; dans la même période, les vallées de Haute-Savoie,
de Savoie et du Piémont (Italie) connaissent une activité
avalancheuse très importante, puisque plusieurs avalanches atteignent
les fonds de vallée, dépassant à plusieurs reprises
les emprises historiques connues. Pour retrouver dans lhistoire
récente une activité avalancheuse aussi meurtrière
et couvrant une telle zone géographique, il faut remonter aux hivers
1970 (39 personnes tuées dans un chalet à Val-dIsère),
1954 (143 personnes emportées en Autriche), 1951 (76 personnes
tuées dans leurs habitations en Suisse). |
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| Le contexte géographique | |
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Montroc
est un hameau de la commune de Chamonix-Mont-Blanc, situé au fond
de la vallée de lArve, à une altitude moyenne de 1.350
m, juste avant le village du Tour |
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| >Figure 1 : coupe du site | ![]() |
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| Les conditions nivo-météorologiques précédant lavalanche | |
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Lhiver 1998-99 commence avec de maigres chutes de neige sur les Alpes du Nord. Il faut attendre la fin de janvier pour voir les premières chutes de neige significatives. Du 26 au 30 janvier, il tombe ainsi 150 cm de neige au Tour. Après un temps froid et venté, un puissant flux de Nord-Ouest touche les Alpes à partir du 5 février, entraînant de grosses chutes de neige sur les Préalpes et les Alpes du Nord. Du 5 au 10, il tombe 225 cm au Tour et 140 cm à Chamonix distant dune dizaine de kilomètres du Tour. La période de retour du cumul de neige sur Chamonix (1.050 m) du 5 au 10 février est estimée autour de 40 ans. Sur le Tour (1.450 m) et probablement Montroc, elle nest que de cinq ans. En revanche, si on analyse les chutes en termes de leur valeur en eau, la période de retour est inférieure à cinq ans, ce qui tend à prouver que, dans lensemble, lécart trouvé dans lestimation des périodes de retour dun site à lautre est principalement dû aux températures très froides accompagnant la dépression. Si les chutes de neige sur le massif du Mont-Blanc ne sont pas exceptionnelles en termes de cumul de neige, elles sont quand même associées à une caractéristique remarquable : elles ont été régulièrement soutenues et accompagnées de températures relativement froides. Ainsi on observe que, sur le Tour, lintensité de la chute de neige sur un jour narrive quen troisième position des intensités maximales journalières mesurées. En revanche, dès que lon calcule lintensité moyenne sur trois jours ou plus, on note quelle reste à un niveau élevé. |
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Récapitulatif des chutes de neige sur le Tour depuis 1986 ayant dépassé 200 cm de cumul. |
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En général, lintensité moyenne sur plusieurs
jours est significativement plus faible que lintensité journalière
maximale. Comme lintensité des chutes de neige joue directement
sur la stratification du manteau neigeux et indirectement sur ses métamorphoses,
ce caractère particulier a vraisemblablement été
un facteur propice à lactivité avalancheuse (outre
les températures très froides favorisant une neige légère
et sèche jusquà des altitudes assez basses). Compte
tenu du contexte, il na pas été possible de procéder
à un sondage du manteau neigeux au droit de la cassure sous le
Bec de Lachat, mais lanalyse combinée des simulations numériques
sur Crocus et des sondages réalisés dans la vallée
de Chamonix a montré : |
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