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| Comment comprendre une avalanche 37 ans après - suite et fin |
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ParJean-François
MEFFRE.
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| Analyse postérieure du phénomène | |
| Nous nous sommes principalement aidés d’éléments objectifs, à savoir les photographies prises les jours après la catastrophe par les services de l'Armée et le service RTM, dont la qualité, assez rare à cette époque, doit être saluée. | |
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Celles de l’Armée montrent qu’en partie haute du site (au-dessus de 2 400 m), une avalanche est bien passée dans les goulets de la barre médiane sur une largeur d’environ 80 m. La zone de départ est plus difficile à identifier. La ligne de départ mentionnée par les villageois (indiquée pour mémoire en trait plein sous le Roc Noir sur la photographie 2) n'est pas visible sur les photographies, peut-être à cause de la qualité des tirages. En revanche, des cassures du manteau neigeux de plusieurs mètres d'épaisseur sont visibles dans les panneaux sous le vent d'ouest, qui dominent le Plan de la Cha ainsi que les pentes du Roc de Burel.
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Cette même série de clichés montre des signes importants d'érosion en rive droite du Pichet à partir de la ligne de cote 1800, comme si l'avalanche avait débordé à cet endroit puis quitté le lit du torrent pour aller en direction de l'Adroit. Il y a clairement les signes du passage d'un aérosol sous la ligne de cote 1800 m. |
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| Synthèse de la reconstitution | |
| La description de l'avalanche du 24 février 1970 comme un aérosol parti sous le Grand Roc Noir nous semble, avec les données à notre disposition, peu vraisemblable, notamment : • aucune trace du passage d'un aérosol n'est visible au-dessus du Plan de la Cha ou au niveau du bassin du Pichet ou du Grand Coin ; • les traces de l'aérosol sont visibles au-dessous de 1 800 m environ ; • le gros du flux a suivi le lit du torrent du Pichet. |
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| Nous reportons sur la carte 1, l'emprise de l'avalanche en aérosol dans la forêt (établie d'après la comparaison entre les photographies aériennes) ainsi que la limite du dépôt dense telle qu'on peut l'établir d'après les photographies du RTM et de l'Armée. Le dessin du report est dans l'ensemble peu différent de celui reporté par la carte de localisation des phénomènes d’avalanches (CLPA). S’il y a peu de différences sur l’emprise en fond de vallée, l’interprétation que nous faisons du phénomène diffère de ce qui a été communément accepté à l’époque et qui a servi de base au zonage de risque et à la construction de dispositifs paravalanches (les tournes RTM du Plan de la Cha, la digue du village VVF). Pour le zonage de risque, c’est non seulement l’emprise maximale de l’avalanche, mais également le type de phénomène et ses caractéristiques (vitesse, hauteur, etc.), qui importent dans les prescriptions architecturales des zones bleues. D’où l’importance de bien comprendre ce qui s’est passé… Notons par ailleurs que nous n’avons dit mot ici des aspects complémentaires de l’analyse historique que sont l’approche dite experte et l’approche par simulation numérique. Ces deux approches confirment le caractère peu vraisemblable d’un aérosol parti sous le Grand Roc Noir et franchissant la cuvette du Plan de la Cha avant de s’abattre sur l’Adroit. Elles supportent en revanche l’idée d’une purge (éventuellement provoquée par une avalanche dans la combe de Pisselerand) des deux cirques du Pichet et du Grand Coin, la formation d’un aérosol assez bas dans le versant, et la destruction des bâtiments par la phase dense de l’avalanche. |
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| Conclusion | |
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Analyser une avalanche exceptionnelle juste après sa survenance est déjà en soi quelque chose de très difficile car il faut reconstituer l'événement à partir des effets de l'avalanche (dépôt visible, dommages, etc.). Ainsi, dans le cas de l'avalanche de Montroc dans la vallée de Chamonix (9 février 1999, 12 morts), nous disposions de tous les éléments possibles, mais il a fallu attendre la fin de l'hiver pour se rendre compte que l'avalanche était allée encore bien plus loin que ce que nous avions établi le lendemain de la catastrophe. C’est la fonte des neiges qui a montré que les dépôts d’avalanche s’étaient formés quelques dizaines de mètres plus loin ! |
| © ANENA | ||