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Lavalanche de février 96 a créé un traumatisme
compréhensible chez les responsables politiques. Les trois bâtiments
les plus endommagés par lavalanche de 1996 ne sont pas occupés
cet hiver. Mais même ceux qui nont pas été touchés
par lavalanche ont leur accès menacé.
La surveillance de la zone de départ a donc été renforcée
par rapport aux années précédentes. Des profils stratigraphiques
sont réalisés presque toutes les semaines dans la zone de
départ qui semble la plus chargée. Le processus est classique,
mais ici seul lhélicoptère permet datteindre
les zones de départ, et le travail, 100 m sous la crête dans
une pente à 80%, doit se faire encordé. Une étude
des précipitations des 16 années antérieures avec
les températures et les régimes de vent, a permis de définir
des critères de risque. Par ailleurs, le Centre dEtude de
la Neige et la station de Perpignan de Météo-France aident
à finir linstallation de lensemble GELINIV+OASIS+ASTRAL
à partir des données des stations voisines dArinsal
et Arcalis, qui encadrent la zone de départ des Fonts. Il sera
ainsi possible, après validation, de retrouver si une situation
nivométéorologique similaire ou proche sest déjà
produite, et avec quelle activité avalancheuse dans les couloirs
voisins. Un seuil de préalerte a été fixé
à 50 cm en 24 h, ou à 80 cm en 48 h. Il permet dévacuer
sans risque les 300 à 400 personnes résidentes, si la météo
annonce de nouvelles chutes de neige importantes.
Si la situation savère brutalement catastrophique (chute
de neige importante et imprévue dans la nuit par exemple), toutes
les personnes situées dans des immeubles non exposés pourraient
être consignées dans leur appartement ; les bâtiments
exposés à lavalanche estimée probable seraient
évacués par petits groupes.
Un plan dévacuation a été conçu par
la Police et les Pompiers, pour essayer doptimiser lopération.
Une première alerte a dû être donnée dans l'après-midi
du 4 janvier 97. Il était tombé 60 cm de neige en 24 h à
Arinsal, 70 cm à Arcalis (le cumul sur 5 jours atteignait 1 m),
et le bulletin météo annonçait initialement 50 cm
de précipitation pour les 24 h à venir. La zone a été
totalement évacuée, l'opération sest bien déroulée.
En fait, il nest tombé quune vingtaine de centimètres,
et à partir de minuit, le ciel était étoilé.
Le matin suivant, il faisait très beau. On put constater le départ
naturel de deux plaques dans le versant sud-est ; mais les avalanches
sétaient arrêtées comme dhabitude, sur
le replat bien avant 2.100 m. Le chef du gouvernement décida des
tirs de contrôle des zones de départ avant de laisser réoccuper
le secteur. Une demi-douzaine de charges de 5kg furent lancées
depuis hélicoptère tout au long des 1.200 m de la zone de
départ. Trois coulées seulement se déclenchèrent,
avec des cassures de 20 à 30 cm. Le 5 janvier à 11 h, les
immeubles étaient réoccupés et la route de la station
ouverte au public.
Cétait le meilleur exercice dentraînement possible
pour tester le système mis en place.
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